Journée mondiale: les accidents vasculaires cérébraux en hausse à Maurice

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En traitant les facteurs de risque tels que le diabète, l’hypertension, l’obésité, le tabagisme, la sédentarité, les maladies cardiaques, on prévient l’attaque cérébrale.

En traitant les facteurs de risque tels que le diabète, l’hypertension, l’obésité, le tabagisme, la sédentarité, les maladies cardiaques, il est possible de prévenir l’attaque cérébrale.

Première cause d’invalidité à long terme et troisième cause de décès dans le monde, l’accident vasculaire cérébral (AVC), dont la Journée mondiale est observée ce mercredi 29 octobre, est en hausse à Maurice et ailleurs. L’AVC est réversible si la prise en charge médicale se fait dans les quatre heures et demie suivant l’attaque cérébrale.
 
Hormis la lèvre supérieure légèrement de travers, Mustapha, 62 ans, est remis de l’AVC qu’il a subi il y a quatre ans et pour lequel il a été soigné. Assis avec son épouse au cabinet de consultation du neurologue Dominique Lam Thuon Mine, il observe un homme à peu près du même âge que lui qui n’a cependant pas eu la même chance. L’autre sexagénaire est affalé dans un fauteuil roulant et présente une paralysie de tout le côté gauche. C’est une des séquelles d’un AVC non traité à temps.
 
Mustapha, qui était en bonne santé mais gros fumeur, se remémore sa première congestion le 5 octobre 2009 pour laquelle il a été soigné à l’hôpital. Son épouse l’a ensuite emmené chez un cardiologue qui a trouvé qu’il ne souffrait pas du coeur. Elle l’a emmené consulter le Dr Lam Thuon Mine. Après lui avoir fait un Echo-Doppler pour voir s’il avait une artère obstruée, le spécialiste a diagnostiqué une artère carotidienne bouchée à 65%. La femme de Mustapha a eu la présence d’esprit de lui demander ce qu’il faudrait faire si l’accident cérébral se reproduisait. Et c’est arrivé le 5 juin 2010 à 2 heures. «Kan atak la inn arive, monn santi mwa ale», raconte-t-il.
 
L’AVC est effectivement une attaque cérébrale, explique le Dr Lam Thuon Mine. «Cette attaque cérébrale peut être de deux types, soit une thrombose liée à l’obstruction de l’artère irriguant le cerveau, soit une rupture de cette artère.» Les symptômes des deux peuvent être les mêmes: faiblesse d’une partie du corps, troubles de la parole, troubles de la vue, mal de tête anormal et vertiges. «C’est le scan cérébral ou l’imagerie à résonance magnétique qui va les différencier», précise le neurologue qui ajoute toutefois que dans 75% des cas, c’est une obstruction de l’artère irriguant le cerveau qui est en cause.
 
L’AVC doit être pris en charge rapidement car plus on attend, plus les lésions sont irréversibles, le sujet perdant deux millions de cellules nerveuses du cerveau par seconde immédiatement après une attaque. «Et c’est la maladie qui coûte le plus cher à long terme si la prise en charge n’est pas rapide. La personne reste handicapée, ne peut plus travailler et a besoin d’aide durant toute son existence.»
 
L’attaque cérébrale peut être prévenue en traitant les facteurs de risque qui sont: le diabète, l’hypertension, l’obésité, le tabagisme, la sédentarité, l’hypercholestérolémie et les maladies cardiaques. Pour ce qui est de la prise d’alcool, «pas plus d’un verre de vin rouge par jour», insiste-t-il.
 

Artère obstruée

 
Dans les grands centres hospitaliers, depuis une quinzaine d’années, on traite l’AVC par thrombolyse, c’est-à-dire avec un médicament  injecté en intraveineuse qui fait fondre le caillot de sang et évite à la personne des lésions définitives handicapantes. Pour que la thrombolyse fonctionne, elle doit être injectée dans les quatre heures et demie suivant l’attaque cérébrale.
 
«Ce serait idéal qu’elle le soit dans les trois heures mais quatre heures trente, c’est encore bon car il faut compter l’arrivée du malade en clinique, le bilan de santé, le scan, l’interprétation des examens, tout le protocole à suivre. Si la thrombolyse est faite dans le délai qu’il faut, le malade peut récupérer complètement ou partiellement alors que si l’on ne fait rien, il sera partiellement ou totalement paralysé.»
 
La clinique Apollo Bramwell soigne des patients victimes d’un AVC par thrombolyse depuis trois ans. Le Dr Lam Thuon Mine a eu l’occasion de prodiguer ce traitement d’urgence à une quinzaine de personnes qui ont très bien réagi. C’est le cas de Mustapha. «Apre 30 minit, mo ti inpe mie.» Et au bout de quatre jours, il a été en mesure de regagner son domicile. «Mo lame ek lipie drwat ti inpe feb me zordi mo ok.»
 
Il a bien évidemment arrêté de fumer, marche une heure par jour, mange moins gras et consomme plus de fruits et de légumes. Sans oublier la prise de ses médicaments. «Mo santi mwa fit. Mo pa ti per la mor me invalidite wi. Zordi tou depann lor mwa.»
 
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