Petits partis: les oubliés de la scène politique

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Rezistans ek Alternativ maximise sa présence sur les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix.

Rezistans ek Alternativ maximise sa présence sur les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix.

L’union fait la force, dit-on. Le leader du Parti Action Libéral, Lutchmeeparsadsing Ramsahok, a ainsi décidé de s’allier à d’autres «petits partis» pour se liguer contre «ceux qui monopolisent» la scène politique depuis plus de 40 ans. En effet, alors que ces derniers occupent le terrain, enchaînant congrès, réunions et exercices de porte-à-porte, les petits partis peinent à se faire connaître. Or, disent les membres, «nous pouvons faire la différence».
 
Selon Lutchmeeparsadsing Ramsahok, les «gros partis» se résument à un «one man show». Et d’ajouter: «Nous serons la troisième force politique. Nous présenterons 60 candidats qui, contrairement à d’autres, habitent dans leur circonscription.»
 
Sheila Bunwaree, leader du Parti Justice Sociale, revendique, elle, son «intégrité». «Contrairement aux partis traditionnels, on n’achète pas la conscience des gens. La politique c’est servir la nation», lâche-t-elle.
 
Le Parti Justice Sociale revendique son intégrité.
 
Le programme d’Ensam, lancé par Roshni Mooneeram, est axé sur un renforcement de la démocratie, l’institution d’une république laïque ainsi qu’un assainissement de la vie politique et publique. Le mouvement estime que le système politique actuel est perverti et que, durant ces quatre dernières décennies, les partis traditionnels n’ont cessé de trahir les Mauriciens et de fausser le système démocratique.
 
Ensam préconise la transparence dans le financement des partis, une loi anti-transfuge et que 50% des sièges au Parlement soient réservés aux femmes, entre autres. L’avènement des télés privées et une commission indépendante pour les nominations au sein des corps parapublics figurent aussi parmi ses propositions. Tout comme une diminution du nombre de ministres.
 
Afin de montrer aux jeunes comment «faire de la politique autrement», Rezistans ek Alternativ avait organisé un Youth Political University en septembre. La tenue d’un Youth Congress devrait également avoir lieu, indique Shidan Ragavoodoo.
 
Pour George Ah Yan, du Forum des citoyens libres (FCL), «le pouvoir de la société civile» prime sur tout. «Nous n’aspirons pas à être ministres. Nous voulons être un groupe de pression au sein du Parlement», fait ressortir notre interlocuteur qui se bat contre l’accaparement des plages.
 
Autre obstacle contre lequel butent les petits partis: le financement. «Un meeting coûte Rs 7000 avec la sono, les affiches et l’électricité entre autres… Avek 20 meeting mazine ki kantite kass sa fer», lance le leader George Ah Yan.
 
Le Parti Justice Sociale et le Parti Action Libéral se débrouillent, quant à eux, avec «les moyens du bord». «Au moins, on ne prend pas d’argent avec le secteur privé», martèle Lutchmeeparsadsing Ramsahok.
 
Le Parti Action Libérale s’est allié au FSM et aux Verts Fraternels pour représenter une «troisième force politique».
 
De son côté, Rezistans ek Alternativ mise sur les réseaux sociaux pour éviter les dépenses. «Nous travaillons sur notre page Facebook et des vidéos. Les candidats communiquent avec le public à travers ces vidéos», explique Shidan Ragavoodoo.
 
Malgré les difficultés, les «jeunes partis» ne comptent pas baisser les bras. «Les gens sont dégoûtés. Pendant plus de quarante ans, ils ont assisté au make, remake et reremake. Il y a une résistance, alors résistez», soutient Shidan Ragavoodoo.
 
 
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