On a testé: Cotton Bay à Rodrigues

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Après trois jours en chambre d’hôtes, les besoins bassement matérialistes du tout confort de notre famille en vacances chez nos voisins rodriguais se font pressants. Direction donc Pointe Coton pour une dernière nuit sur l’île aux mille et un bleus. Note: 7,5 /10.

Heure : 16 heures bien tapées un vendredi, ce qui fait déjà très tard sur l’échelle rodriguaise, où le soleil se couche à 17h45 et où tout ferme à 15 heures. Le soleil rasant a déjà modifié les couleurs de la mer, qui a délaissé ses oripeaux bleu turquoise pour le bleu marine bien nommé. Le vent s’est levé et les embruns nous accueillent dès le hall d’entrée. Question accès, ce n’est pas l’inquisition comme dans les hôtels à Maurice, qui, eux, donnent l’impression très désagréable d’être mis à la question. Nous avons droit au franc sourire du gardien, à qui l’on dit juste que l’on vient séjourner.

La chambre : Elle sent bon! C’est ce qui saute en premier aux yeux, pardon aux narines. Est-ce de l’ilang-ilang? Difficile à dire, mais pourquoi s’embarrasser de questions au lieu de se laisser aller aux sensations? Un grand lit de 2 mètres, aussi large que long! De quoi inspirer les rêves les plus fous. Une chambre plutôt petite (proportionnellement au lit!), face à la mer. Pas d’option jardin au Cotton Bay et c’est tant mieux. Une salle de bains, avec un lavabo juste assez grand pour y baigner un bébé de deux mois (les critères de jugement changent avec un enfant…) Une télé écran plat dont on se demande qui aurait l’idée saugrenue de la regarder tant on se sent hors du temps à Rodrigues. La connexion internet est, elle aussi, hors du temps d’ailleurs…

Ambiance : Invisibles à 18 heures, les clients commencent à sortir comme des escargots après la pluie vers 19 heures. L’appel du ventre? Ou celui des jambes? Car un spectacle de musique et danse traditionnelles est prévu. Il s’agit donc de manger vite pour profiter de la polka, mazurka, scottish, du séga tambour, où les pas sont semblables à ceux de leurs homologues occidentaux, le déhanché tropical et les vêtements fleuris en plus. Les spectateurs ne se font pas trop prier pour aller sur la piste dès qu’un artiste se présente avec son petit mouchoir. Elle reste ouverte pour la soirée, pour satisfaire ceux qui ne se contenteraient pas d’une longue balade introspective sur la plage quasi déserte. Seul un Dom Juan esseulé a trouvé le moyen de draguer ma mère, qui m’a dit, s’en revenant: «Ben y en a à qui les cheveux blancs ne font même pas peur!» À compter de cette semaine, l’hôtel entre dans sa haute saison, et sera rempli, d’après une serveuse.

Le repas : Buffet rodriguais, ça tombe bien, on n’est pas venus ici pour manger chinois. Les mines frites on en a à Maurice, et nous ne comptons pas rédiger une thèse comparative de la texture des nouilles et de la quantité de siaw utilisée. Vive les haricots rouges, le porc à la chair si fondante, le maïs (un peu moins, sans sel ça surprend au début), le salmis de poulet qui gambade joyeusement en plein air (tout comme le cochon, bien qu’en laisse). Les desserts sont succulents et originaux: la fameuse tourte mais aussi la patate douce au lait de coco, le nougat au citron vert. Le petit-déjeuner est copieux, avec viennoiseries et tout le nécessaire à un véritable english breakfast. Oh oh am an alien, am a legal alien, am an english breakfast in Rodrigues…

Le spa : L’une d’entre nous l’a essayé, avec un massage, elle en est sortie requinquée. Mais l’auteur de ces lignes n’en a hélas pas eu la chance, donc nous passerons ce chapitre douloureux!

Service : Le personnel rodriguais est très agréable. Toujours en forme, jamais en train de se plaindre, un sourire et une bonne humeur naturels. Ce sont peut-être des clichés, mais nous n’avons pas du tout l’impression de les embêter. Nous avons même l’impression qu’ils sont heureux de leur travail, et qu’ils le font avec coeur. Toute comparaison avec l’île principale de la République serait malvenue, et pourtant…

Value for money : Rs 4 840 la chambre double en demi-pension, cela fait pratiquement le prix d’un bon repas pour six dans le quartier chinois. Tout à fait correct, d’autant que l’hôtel a été rénové.

Prochaine visite : Nous n’allons pas attendre qu’il change à nouveau de logo, nous y reviendrons bien avant.

Note :7,5 /10

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