Les cadeaux électoraux: une réalité bien mauricienne

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Alors que le Representation of People Act décrit la corruption électorale comme un acte répréhensible par la loi, plusieurs n’hésitent pas à franchir le pas pour amadouer les électeurs.

Alors que la Representation of People Act décrit la corruption électorale comme un acte répréhensible par la loi, plusieurs n’hésitent pas à franchir le pas pour amadouer les électeurs. 

C’est de la corruption pure et simple. Pourtant, il est très difficile de dénoncer et prouver un cas de cadeau électoral. D’autant plus que celui-ci semble bien ancré dans les moeurs mauriciennes. Les campagnes se suivent et se ressemblent à ce niveau : elles semblent être l’occasion pour les politiciens d’offrir quelques faveurs. Il s’agit pour eux de ne pas franchir certaines limites et d’essayer de rester, autant que possible, discrets.

Récemment, certains habitants d’une localité du Nord du pays ont reçu des lettres leur proposant des offres d’emploi dans la fonction publique. Il s’agit de postes dont le recrutement n’est pas régi par la Public Service Commission, comme pour les Health Care Attendants. À première vue, le recrutement de ceux-ci est une mesure normale pour augmenter le personnel d’entretien dans les hôpitaux. Mais plusieurs de ceux qui ont reçu le courrier affirment que les propositions étaient accompagnées d’une promesse d’embauche… Après les élections.

Un des habitants témoigne : «Je n’avais pas fait de demande pour un poste dans la fonction publique. Pourtant, j’ai reçu une lettre me proposant de venir pour un entretien. Je m’y suis rendu par curiosité et il y avait une centaine de personnes au bureau du Registrar. J’ai posé des questions par rapport à ces démarches et un officier m’a dit qu’il fallait attendre la fin des élections avant d’avoir une réponse.» Notre témoin, âgé d’une quarantaine d’années, affirme que certains politiciens lui auraient même proposé de travailler pendant la campagne électorale en échange d’un poste dans la fonction publique après les élections.

Malgré tout, les pots-de-vin électoraux restent très difficiles à prouver. C’est pourquoi les cas de corruption électorale ne remontent que rarement à la surface. Le seul qui a été dénoncé et qui a eu des conséquences, c’est le cas d’Ashock Jugnauth, qui s’est fait condamner pour corruption en 2008.

Il n’y a qu’un seul moyen pour un citoyen de dénoncer un acte de corruption électorale : il doit porter plainte dans un poste de police. De son côté, la commission électorale, chargée de l’organisation des élections, ne peut intervenir même si elle est informée d’un possible cas de corruption. «Nous sommes chargés d’organiser les élections. Le bribe électoral est un délit pénal. Il n’est pas de notre ressort de sanctionner ces actes puisque nous sommes une institution chargée d’organiser les élections. Ce type de délit doit être rapporté à la police», affirme Irfan Raman, commissaire électoral.

En effet, en vertu de la Constitution, la commission électorale et l’Electoral Supervisory Commission sont tenues de superviser et sont responsables du conduct of elections. C’est ce qu’indique l’article 41 du chapitre V de la Constitution.

C’est la Representation of People Act qui décrit la corruption électorale. Il s’agit de tout acte impliquant la promesse, le don ou le prêt d’argent, ou de privilèges à un électeur. Toute personne trouvée coupable de tels actes est passible d’une amende ne dépassant pas Rs 2 000 et d’une peine d’emprisonnement ne dépassant pas une année.

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