Campagne électorale: quand l’argent coule à flots

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Des oriflammes à Plaine-Verte lors des dernières élections.

Des oriflammes à Plaine-Verte lors des dernières élections.

«Je pourrais à peine vous dire combien j’ai dépensé pendant les dernières élections…», lâche un député sortant, candidat aux prochaines élections.Trou de mémoire?Une autre ancienne candidate semble souffrir du même mal: «Je n’ai pas dépensé grand-chose. Je n’ai pas dépassé le barème autorisé par la loi, mais je ne sais plus combien.» Difficile de leur prêter foi… D’autant plus qu’un ancien ministre, également candidat à la prochaine joute, avoue : «Si mo dir ou, mo pou al ferme» alors que son collègue, responsable de l’un des grands partis ayant d’importants moyens financiers lâche tout bonnement : «Ou pe al lor enn terrain marecaz.»

Dur de savoir exactement combien d’argent un candidat ou un parti investit dans une campagne électorale. Le sujet demeure tabou. Et pour cause ! Un candidat indépendant est autorisé, selon la loi, à dépenser Rs 250 000. Pas un sou de plus. Et pour ceux qui s’alignent sous la bannière d’un parti, la limite est de Rs 150 000. Or, cette limite n’est pas toujours respectée.

«C’est sûr. J’ai dépensé environ Rs 250 000 aux dernières élections, mais je sais que je n’ai pas investi au-delà de Rs 500 000 comme l'ont fait quelques candidats que j’ai connus. Eux, ils distribuent de l’argent ou des cadeaux pour acheter des votes», déclare un candidat malheureux aux dernières élections qui s’apprête à briguer une nouvelle fois les suffrages sous la bannière d’une alliance.

Un député sortant qui s’alignera à nouveau évoque un chiffre qui dépasse Rs 1 million. Mais tout dépend comment on calcule ces dépenses, dit-il. «Nous distribuons des t-shirts et des autocollants par exemple. Ce sont des dons offerts par des sponsors qui soutiennent notre campagne. Si nous tenons compte de ces cadeaux, les dépenses pourraient même atteindre les Rs 1,5 million.»

De plus, expliquent nos interlocuteurs, plus une campagne est longue, plus les dépenses augmentent, frais supplémentaires obligent.Les candidats investissent principalement dans la sonorisation pour les réunions, la location de marquises et de chaises, l’entretien des «baz», soit des points de rencontre, l’achat d’essence et la location de voitures.

RS 10 000 PAR RÉUNION

Ce sont les réunions et les congrès qui coûtent le plus. Un membre du Campaign Committee d’une alliance explique qu’une seule d’entre elles peut revenir à Rs 10 000. «Les réunions se multiplieront à l’approche des élections. Dans la circonscription n° 3 par exemple, la plus petite de toute l’île, il peut y en avoir trois par jour», explique-t-il. Pour une réunion, il faudra une salle verte ou un bâtiment (Rs 5 000), la sonorisation (Rs 2 500) et 200 à 300 chaises (Rs 10 l’unité).

Les dépenses pour le déplacement des agents pèsent également lourd. Il faudra en général cinq voitures par circonscription pour aller coller les affiches ou pour déployer les banderoles. «Quand c’est nécessaire, il nous faut cinq voitures que nous louons entre Rs 900 et Rs 1 000. Sinon, il y a des volontaires qui mettent leur véhicule à notre disposition. Et là aussi, il faut entre Rs 500 et Rs 1 000 d’essence par sortie, dépendant des trajets à effectuer», ajoute un ancien député des Plaines-Wilhems qui fait campagne depuis plusieurs semaines.

Il faut aussi tenir compte des «mersener» et des «bater bis». Un ancien député qui se prépare pour sa troisième campagne, c’est-à-dire, en attendant d’avoir une confirmation de son parti, parle de ces personnes qui réclament de l’argent pour coller des affiches. Leurs tarifs varient entre Rs 500 et Rs 1 000 par nuit. «Il faut reconnaître qu’il y a aussi beaucoup de volontaires qui sont des agents politiques. Il faudra tout de même les entretenir.»

C’est ainsi que les comptes s’allongent: Rs 1 000 par «baz» chaque nuit pour des «gajacks», des boissons et des cigarettes. Les partis louent souvent un container à Rs 170 par jour, qu’ils transforment en «baz». Ils contribuent également aux dépenses pour l’impression de banderoles, d’affiches et de t-shirts.

Sollicité par l’express pour connaître les dépenses du MSM, Nando Bodha, le secrétaire général du parti, déclare qu’il n’a aucune idée des dépenses encourues alors que le trésorier du Parti travailliste Ah-Fat Lan Hin Choy soutient ne pas pouvoir donner de détails. «Nous respectons la limite autorisée par la loi. Nous ne dépensons pas énormément car beaucoup de ‘well-wishers’ nous soutiennent», déclare pour sa part Rajesh Bhagwan, le secrétaire général du MMM.

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