Décès de Jean-Claude Sauzier: l’adieu d’un grand sportif accompli

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Jean-Claude Sauzier a rendu l’âme aux petites heures hier matin après une longue maladie.

Jean-Claude Sauzier a rendu l’âme aux petites heures, hier matin, après une longue maladie.

Le sport mauricien de nouveau en deuil. Après la disparition tragique de Kris Etowar, la semaine dernière, c’est au tour de Jean-Claude Sauzier de nous quitter. Celui que tout le monde surnommait affectueusement «Nano» s’en est allé sur la pointe des pieds, à l’âge de 80 ans. Avec lui, c’est un pan de l’histoire du sport mauricien qui s’efface à jamais.
 
C’est aux petites heures hier matin, mercredi 1er octobre, que Maurice a, en effet, perdu l’un de ses plus grands sportifs de tous les temps. Jean-Claude Sauzier a tiré sa révérence après une longue maladie. Ses funérailles ont eu lieu hier après-midi en l’église Notre-Dame-des-Anges, à Grand-Baie, en présence de sa famille, ses proches, et aussi de plusieurs hautes personnalités de la communauté sportive.
 
Champion dans l’âme, Nano Sauzier demeure une sommité du sport local qui n’a pas d’égal. Il reste un monument de notre sport. Un sportif unique. Footballeur, basketteur, tennisman et athlète, il aura été un féru du sport de haut niveau. Durant environ deux décennies, il a marqué de son empreinte le sport mauricien à sa manière.
 
Nano en compagnie de ses coéquipiers de la sélection nationale, lors d'un déjeuner de commémoration des 35 ans de participation à la CAN 1974.
 
La mort de Jean-Claude Sauzier met en émoi la grande famille du sport mauricien qui ne tarit pas d’éloges à son égard. Surtout ceux qui l’ont côtoyé à l’époque et jusqu’à tout récemment. A commencer par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, qui qualifie son décès de perte inestimable pour Maurice: «On pleure un sportif accompli qui a tant donné au pays durant sa très longue carrière.»
 
«Personnellement, je ne l’ai pas connu comme sportif. Quand je commençais dans le football, Nano raccrochait ses crampons. Je me souviens quand même de ses exploits en tant que gardien de but. Et qu’il a fait partie de la sélection de Maurice qui avait disputé la CAN de 1974. C’est un gentleman que je rencontrais souvent pour parler du sport alors que je suis devenu ministre», confie Devanand Ritoo.
 

Sportif du siècle

 
Grand par sa taille et immense par son talent. Nano ne laisse personne indifférent. Michael Glover ne dit pas le contraire, lui qui garde de bons souvenirs de ce sportif hors norme. Le directeur du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) ne cache pas sa tristesse devant la perte de ce sportif exceptionnel qu’il a tant apprécié  pour avoir écumé les terrains de foot en sa compagnie.
 
«Il a eu une carrière qu’on ne trouve plus maintenant. Il a débuté dans le rugby au retour de ses études en Afrique du Sud. Puis, le basket-ball, le football et le tennis. Il excellait dans toutes ces disciplines. En football, on a été adversaire. Il était au Dodo et moi au Racing. C’était un gardien de but excellent. La preuve, il a, pendant longtemps, joué au sein de  l'équipe nationale», se souvient Michael Glover.
 
Cette impression d’excellence émanait naturellement de sa personne. C’est  dont se rappelle encore Jean-Luc Balancy. «Nano faisait la fierté du sport mauricien à ses heures de gloire. En tant que journaliste, il ne fallait pas rater ses exploits. Son talent était inné et il s’investissait toujours à fond dans tout ce qu’il entreprenait», se remémore l’ancien responsable de la rédaction sportive de l’Express.
 
La carrière sportive de Jean-Claude Sauzier ferait la part belle à une encyclopédie, tellement elle est monumentale et digne d'éloges. On retiendra quelques-uns de ses hauts faits. Son parcours de footballeur lui a valu une notoriété inégalable parmi ses pairs qui le surnommaient le «Gordon Banks» (célèbre gardien de but anglais) local. Sans oublier sa médaille d’or remportée en double homme au tennis avec Herbert Couacaud lors des premiers Jeux des îles de l’océan Indien à La Réunion en 1979. Ou encore son record national au 110m haies et son talent en basket et en volley.
 
La reconnaissance, Jean-Claude Sauzier l’a obtenue en deux occasions. La première fois en 1985, lorsque  le privilège lui échut d’allumer la vasque au stade George V, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux des îles de l’océan Indien à Maurice. Et puis en 1999, quand il est désigné sportif du siècle. Ce sportif hors pair  laisse derrière lui des traces indélébiles dans le sport mauricien.
 
On se rappellera  longtemps encore ce Mauricien d’exception. RIP Nano !
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