Galettes de manioc: renouez avec les saveurs d’antan

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Un parfum sucré qui vous titille les narines, un parfum où l’on reconnaît le coco et parfois la cannelle… Ce sont les galettes de manioc que confectionnent chaque jour Rosylette  et Patrick Latulipe, installés dans leur échoppe dans l’allée du Caudan. Une spécialité traditionnelle qui, remise au goût du jour, se vend comme… des petits pains. S’il s’agit là d’une découverte gustative pour bien des jeunes mauriciens, la commercialisation de ce produit aide aussi à renouer avec des savoir-faire en voie de disparition.

Rosylette et Patrick sont dans le commerce de la galette de manioc depuis vingt ans. Au  début, c’est pour faire plaisir à son époux que Rosylette s’y est mise. «Patrick aimait manger les galettes et il y avait un marchand qui en vendait, mais après on s’est dit que ça ne devait pas être trop difficile à préparer. Nou inn seye ziska nu inn gagn la main la finalman. » Jusqu’à décider d’en faire leur métier.

Rosylette se réveille à 3 heures du matin tous les jours pour la préparation. Elle épluche, lave et râpe finement les maniocs achetés pendant le week-end. Elle les presse ensuite pour enlever le jus et conserve la pâte pour la cuisson. C’est encore Rosylette qui est devant le «tawa», qu’elle laisse chauffer au préalable pendant 15 minutes avant d’y déposer la galette, en forme de gros biscuit très fin.

La cuisson prend en moyenne deux à trois minutes. La galette est souvent aromatisée au caramel, à la vanille, voire même au sel. «On peut y ajouter ce qu’on veut, même du chocolat. Cela dépend des goûts des clients.» Depuis le mois de juin, ce couple de Mahébourgeois a installé son échoppe dans l’allée du Caudan à Port Louis. Ils arrivent vers 10 h 30 et placent leurs appareils, pour ne plier bagage que vers 17 heures.

Cette galette d’antan qui se vend à Rs 20 l’unité a ses inconditionnels et Rosylette n’a pas un moment de répit. «C’est fatigant de rester debout presque toute la journée devant le four mais c’est tellement agréable de préparer ces délices ». En plus, elle a bien conscience de faire oeuvre utile, en aidant à préserver certaines traditions culinaires.

Rosylette et son époux Patrick sont présents dans les foires. «Quand il y a des foires, mon mari ou moi, on se déplace. Mais il y a toujours quelqu’un à notre échoppe au Caudan.» Rosylette Latulipe ne compte pour rien au monde changer de métier. «Au contraire si ti kapav agrandi, nou ti pou agrandi.»

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