Priscilla Li Kam Cheung: sa voie d’artiste au Canada

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L'artiste, Priscilla Li Kam Cheung, en compagnie de sa famille, au Canada.

Un brontosaure chaussé de bottes jaunes qui attrape la bronchite après avoir couru sous la pluie, un ptérodactyle portant bonnet et écharpe et qui ne fait qu’éternuer, un tyrannosaure terrassé par une vilaine rougeole, et un pauvre stégosaure devenu complètement aphone… Non, il ne s’agit pas du scénario alambiqué du prochain Jurassic Park, mais du tout nouvel ouvrage pour enfants réalisé par Steffan Brunnette et illustré par Priscilla Li Kam Cheung. Cette dernière, une Mauricienne établie à Toronto, au Canada, enseigne l’art visuel à l’institut Middlefield, tandis que son collègue Steffan est professeur de musique dans le même établissement.

De leur collaboration est né Cough, Achoo, Roarr, un livre pour enfants ludique et rigolo. «Le titre reflète les expressions émises lorsqu’une personne malade tousse et éternue. Et finalement, le ‘Roarr’, c’est pour le grognement du dinosaure», explique Priscilla Li Kam Cheung. Cette artiste, née à Moka, a grandi à Rose-Hill en compagnie de ses parents, Joanna et Jacques, qui travaillent dans le secteur automobile, et de son petit frère, Kenny, qui est aujourd’hui graphiste.  

Très tôt, la fibre créatrice la titille. «Dès l’enfance, j’étais très active dans l’art et le sport. J’adorais particulièrement peindre et dessiner. J’aspirais à des carrières liées à l’archéologie, la médecine, la comptabilité et l’illustration. En fait, j’espérais toujours atterrir dans le domaine artistique car je voulais gagner ma vie en faisant une activité qui me passionne», relate-t-elle.

Alors qu’elle fait ses premiers pas artistiques, la famille décide d’immigrer au Canada pour de meilleures opportunités éducationnelles pour les enfants. Priscilla Li Kam Cheung se souvient encore de la dure transition d’un pays à l’autre: «Ma famille était confrontée à plusieurs défis, mais avec le soutien d’autres proches déjà installés ici, nous avons vite pu surmonter la transition. Au début, nous déménagions souvent et il fallait s’adapter à chaque fois à un nouvel environnement scolaire. Mais tout au long de ce cheminement, je recommençais et me faisais de nouveaux amis», confie-t-elle.

La jeune femme a étudié principalement à Toronto. Elle détient des diplômes universitaires en arts visuels et en enseignement de l’Université de York. Enseignante d’arts visuels depuis dix ans à l’institut Middlefield, où elle a étudié, Priscilla Li Kam Cheung s’adonne parallèlement à sa deuxième passion: le sport. Elle est membre exécutif de l’aile jeune du Club M à Toronto. Une organisation caritative qui organise des événements sportifs et récréatifs au sein de la communauté mauricienne immigrée en Ontario, au Canada. A travers cette association, les membres peuvent s’adonner à leurs sports favoris en compagnie de leurs compatriotes: le badminton, le basket-ball ou encore le volley-ball, l’activité sportive préférée de Priscilla Li Kam Cheung… L’organisme procède également à la célébration des fêtes nationales et collabore avec les sociétés Hakka.

Une volleyeuse de haut niveau

Parallèlement, Priscilla Li Kam Cheung a aussi rejoint l’Unionville Women’s Volleyball League. Cet engouement pour le volley-ball, cultivé durant son parcours universitaire, lui a également permis de rejoindre d’autres ligues sportives. «Au Canada, les sports favoris demeurent le hockey et le basket-ball. Mais actuellement, le volley-ball est en train de se populariser auprès des jeunes, avec des centaines de clubs à travers le pays et des tournois locaux, provinciaux et nationaux», affirme-t-elle.

Afin de promouvoir ce sport, Priscilla Li Kam Cheung a également contribué au coaching des équipes féminines de volley-ball pendant plusieurs années. Sa carrière lui a ainsi permis de conjuguer l’art et le sport au sein de l’institut Middlefield. Ce carrefour académique la met rapidement sur la route de Steffan Brunette, qui est présentement le directeur du département de musique. Très engagé dans ce domaine, l’auteur travaille avec la communauté d’Uxbridge, où il dirige une troupe musicale et assiste des équipes de productions théâtrales.

Quid de l’idée de faire un livre pour enfants mettant en scène des dinosaures malades?  Celle-ci est venue il y a six ans. Le professeur de musique, qui carbure aux arts scéniques et musicaux, se gave de poèmes de son enfance, rédigés par Shel Silverstein, auteur de livres pour enfants d’origine américaine. C’est de là que lui vient l’inspiration, raconte-t-il: «Des vers avec un brontosaure souffrant de bronchite défilaient dans mon esprit. Je me suis mis à chercher d’autres allitérations avec des dinosaures malades. Puis, je me suis dit que cela ferait un bel ouvrage pour enfants, à condition d’avoir les bonnes illustrations.» Il pense immédiatement à sa collègue Priscilla Li Kam Cheung, qui est d’emblée enthousiasmée par cette idée. Dessinant d’abord les illustrations, elle les partage avec l’auteur pour habiller les personnages dans une belle symbiose mariant texte et image. Les mois s’écoulent et les efforts de la dessinatrice portent leurs fruits. L’artiste donne des couleurs à ses créations au pinceau.

C’est le début de la grande aventure. Les deux amis publient à compte d’auteur 250 exemplaires, qu’ils mettent en vente sur des sites comme Amazon, Bookstore Inspiring Voices et Barnes and Noble. L’ouvrage, qui coûte dix dollars (Rs 300), est aussi disponible en version Kindle. A ce jour, plus de 200 exemplaires ont déjà été écoulés. Composé de 16 pages, Cough, Achoo, Roarr n’est pas simplement une histoire amusante pour les enfants de trois ans et plus. Selon Steffan Brunette, il prône plusieurs valeurs, comme la nécessité de prendre soin des autres ou la patience. Il comporte également des informations utiles pour les enfants sur la maladie: comment éviter de tomber malade, les bons gestes à adopter si on est contagieux, et le chemin vers la guérison, entre autres. Un excellent livre de chevet pour les petits bouts obligés de garder le lit!

Cette première expérience artistique n’a fait qu’accentuer la fibre créatrice des deux artistes. Davantage concentrés autour de leurs passions respectives, le duo entend bien continuer à les partager à travers l’enseignement et leurs arts. Steffan Brunette s’active ainsi a la préparation de la Senior Band deMiddlefield, qui présentera sa composition intitulée Bone Dance avec le musicien Mubassar Chaudhry.

Quant à Priscilla Li Kam Cheung, ce sont ses étudiants qu’elle compte mobiliser autour de l’art. «Mes étudiants constituent de grandes sources de motivation pour moi. Je suis fascinée à chaque fois par tous ces talents émergents et leurs modes d’expressions artistiques. Je voudrais d’ailleurs encourager les Mauriciens à se spécialiser dans ce domaine, qui est riche en perspectives», conclut la jeune femme.

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