Au Cavendish Institute: descente policière suite à un ordre d’éviction

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Une salle de classe du Cavendish Institute, à Quatre-Bornes, complètement vidée après un «Eviction Order» émis contre le locataire.

Une salle de classe du Cavendish Institute, à Quatre-Bornes, complètement vidée après un «Eviction Order» émis contre le locataire.

C’était une journée de classe comme une autre, hier, lundi 15 septembre, au Cavendish Institute, une école primaire privée de Quatre-Bornes. Parents et enseignants ne s’attendaient certainement pas à ce dont il allait être les témoins après les heures de cours. Vers 15 h 20, des policiers, accompagnés d’un huissier ayant un ordre d’éviction en main, se sont en effet présentés aux portes de l’établissement. Ils ont par la suite commencé à vider les salles de classe des tables, chaises et matériel scolaire.  Tout cela, en raison d’un bras de fer  opposant l’école au nouveau propriétaire. 
 
Ayant racheté le terrain, ce dernier a obtenu un ordre d’éviction contre l’école par la cour de district des basses Plaines-Wilhems. La direction de l’école allègue que l’ancien propriétaire aurait vendu le terrain sans en informer l’école, qui continue à lui verser le loyer. L’école n’a d’ailleurs «jamais signé de contrat de location avec le nouveau propriétaire», clame le responsable. Il semble cependant que ces explications n’aient pas convaincu la cour de district.
 
Du côté du nouveau propriétaire, c’est un autre son de cloche qui se fait entendre. «L’école n’a pas payé de loyer pendant plus de deux ans, soutient-il. J’avais d’ailleurs l’intention d’habiter la maison lorsque je suis rentré d’Angleterre. Nous avions demandé à l’école de prendre des dispositions pour évacuer les lieux depuis 2011. Ce qui n’a jamais été fait.» 
 
Le propriétaire  décide de déposer alors une plainte. En novembre 2013, après une année, au bout d'une longue  procédure judiciaire, la cour de district ordonne à l’école d'évacuer les lieux avant la fin d'août 2014. «Après cela, le responsable de l’école nous avait dit qu’il allait déménager avant la rentrée scolaire de janvier 2014. Il en ensuite dit qu’il allait le faire pendant les vacances de Pâques, en avril, et puis encore pendant les vacances d’août. Il m’a même dit qu’il n’allait pas s’en aller malgré l’ordre de la cour. Nous étions vraiment surpris lorsque les parents d’élèves et les professeurs nous ont dit, hier, qu’ils n’étaient pas au courant que l’école allait bouger», précise notre interlocuteur. Celui-ci affirme qu’il regrette d'avoir eu à prendre une telle décision et d'en arriver là, mais que vraiment, on ne lui a pas laissé le choix.
 
«Nos hommes de loi étaient en discussion pour trouver un arrangement. Nous avons demandé un délai jusqu’à la fin du trimestre pour déménager dans notre nouvel établissement, qui est en construction à Phoenix. Nous pensions qu’un accord allait être trouvé, on ne nous a jamais dit que notre proposition avait été refusée», rétorque, de son côté, le manager de l’établissement. 
 
Ce dernier ajoute que les loyers impayés sont dus à un malentendu car le terrain avait entre-temps changé de main. Reste à savoir pour quelle raison le déménagement n’a pas été effectué avant la fin du délai donné par la cour. Selon le manager, cela serait dû à des retards dans la construction du nouvel établissement, à Phoenix. «Il y a eu un délai avec le ‘contracteur’, qui a pris trop de temps, souligne-t-il. C’est à ce moment que nous avons demandé un délai supplémentaire au propriétaire, pour que nous ayons le temps d’achever le troisième trimestre.» 
 
Le manager affirme cependant que «des dispositions ont été prises pour achever l’année scolaire» avant le grand départ pour Phoenix. Il explique que l’établissement se trouve sur plusieurs terrains, et que les classes situées sur celui concerné par l’éviction ont été relogées. Le Cavendish Institute devrait donc normalement rester à Quatre-Bornes, du moins jusqu’au 20 octobre. La délocalisation se fera «durant les vacances», précise notre interlocuteur. 
 
Il ne lui reste plus maintement qu’à rassurer les parents affolés. La direction a prévu une réunion en ce sens demain. 
 
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