A l’aéroport: Gooljaury fouillé par l’ADSU

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L’ordre de fouiller Rakesh Gooljaury (2e à g.) viendrait «depi lao», explique la police.

L’ordre de fouiller Rakesh Gooljaury (2e à g.) viendrait «depi lao», explique la police.

Rakesh Gooljaury est-il toujours dans les petits papiers du Premier ministre Navin Ramgoolam ? En tout cas, le grand patron de Fashion Style a eu droit à une fouille en règle par une escouade spéciale de la brigade antidrogue à la nouvelle aérogare de Plaisance  mardi matin.

 
Le gardien des clés du campement privé du chef du gouvernement, à Roches-Noires, rentrait de Dubayy par un vol d’Emirates Airline. L’escouade dépêchée de Port-Louis par le quartier général (QG) de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) l’a soumis à une fouille corporelle ainsi que les deux personnes qui l’accompagnaient.
 
La scène s’est déroulée dans le YU Lounge, un salon VIP géré par la société General Aviation Mauritius (GAM). Rakesh Gooljaury, la fille d’un homme d’affaires proche d’un puissant conglomérat habitant un quartier cossu des hautes Plaines-Wilhems et un nervi prénommé Maraz, qui a prêté ses services à Navin Ramgoolam du temps où il était dans l’opposition, ont été libres de partir après cet exercice.
 
Dans les milieux des Casernes centrales, l’on indique à demi-mot que l’ordre a été donné «depi lao» pour surveiller l’homme d’affaires qui est accessoirement partenaire minoritaire de l’agent travailliste Nandanee Soornack dans la société Airway Coffee. Surtout lorsqu’il se trouve dans l’enceinte aéroportuaire.
 
Certains officiers de l’ADSU ont signifié leur intention de ne pas participer à de telles «mascarades». D’autres agissent sur l’ordre de leurs chefs hiérarchiques par peur de se retrouver dans un poste de police loin de leur domicile, voire à Agaléga. «C’est un exercice normal. Tous les passagers provenant des Émirats arabes unis sont soumis à une fouille en ce moment, qu’ils s’appellent Rakesh Gooljaury ou pas», explique un haut gradé.
 
Au niveau des différents services de la police, l’exercice de mardi ne serait qu’une mesure de rétorsion contre Rakesh Gooljaury suivant la publication par l’express des photos montrant le chef du gouvernement passant du bon temps dans une fête privée chez Nandanee Soornack. Laquelle a été épaulée par nul autre que le même Rakesh Gooljaury pour se lancer dans les affaires, comme à se faire un nid à l’aéroport de Plaisance grâce à la société fondée par celui-ci et sa femme.
 
Rakesh Gooljaury, luimême, est connu de la police pour avoir rapporté le cambriolage au campement de Navin Ramgoolam dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, à Roches-Noires. Bien qu’il demeure encore chez ses parents à la rue Desveaux, à Petit-Verger, St-Pierre, l’homme d’affaires, dont la société figure dans le Top 100 Companies de l’île, a déclaré à la police qu’il dormait sur place cette nuit quand il a été surpris par un cambrioleur.
 
L’affaire, connue sous la référence 2927/11 au poste de police de Rivière-du-Rempart, demeure toutefois un mystère. Les experts du Forensic Science Laboratory ont été priés par au moins deux hauts gradés proches de Navin Ramgoolam d’effectuer des prélèvements à l’extérieur du campement. Ce, alors que l’attaque se serait déroulée dans une chambre.
 
Aux Casernes centrales, c’est un secret de Polichinelle que les photos des récidivistes du Nord répondant à la description du cambrioleur ont été remises à un haut officier proche du Bâtiment du Trésor. Alors que l’opposition s’était emparée de l’affaire, Rakesh Gooljaury a toujours maintenu qu’il se trouvait seul dans ce campement.
 
L’entourage de l’habitant de St-Pierre ne veut nullement parler de mesure de rétorsion. L’on explique que Rajesh Gooljaury a volontairement demandé à ce que ses bagages soient vérifiés à son arrivée au YU Lounge. Pourquoi donc une escouade basée au QG de l’ADSU a-telle fait le déplacement jusqu’à Plaisance ? Et pour un proche de Navin Ramgoolam qui, comme Nandanee Soornack, a toujours eu droit à un traitement VVIP ?
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Au cœur de cette affaire sous les feux de l’actualité: des photos. Celles de Navin Ramgoolam dansant avec Nandanee Soornack, une activiste rouge, publiées en Une de l’express durant le week-end du 13 au 14 septembre. Depuis, les réactions se sont succédé. A commencer par la conférence de presse du PTr condamnant le groupe La Sentinelle.

Cette affaire dépasse le cadre d’une simple danse entre un PM et une activiste. Pour mieux en comprendre les implications, voici une compilation des articles publiés. 

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