Bataille juridique pour la gestion de l’hôtel Calodyne sur Mer

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Le taux d’occupation de l’hôtel Calodyne sur Mer est passé à 30% l’année dernière. © KRISHNA PATHER

Le taux d’occupation de l’hôtel Calodyne sur Mer est passé à 30 % l’année dernière. © KRISHNA PATHER

Rien ne va plus pour l’hôtel Calodyne sur Mer. Outre une ardoise totalisant Rs 42 millions de dettes au 31 juillet, la gestion de cet établissement trois-étoiles est au coeur d’une bataille juridique entre l’ancien gérant Alliance Hotels Limited et l’Employees Welfare Fund (EWF), le gardien du fonds de contribution des employés mauriciens.
 
C’est le mardi 9 septembre que le sort de Calodyne sur Mer sera débattu en Cour suprême. À la suite d’un appel d’offres, l’hôtel a trouvé un nouveau gérant pour succéder à Alliance Hotels Limited, dont le contrat est arrivé à échéance le 31 juillet. Sauf que cette dernière conteste la décision de l’EWF et a fait une demande d’injonction. L’affaire avait été appelée une première fois le 24 juillet et le juge en chambre a statué que les lieux demeurent en possession d’Alliance Hotels Limited jusqu’à la prochaine audience.
 
C’est la raison pour laquelle la compagnie maintient ses opérations, en dépit d’un ordre provisoire de fermeture émis par la Tourism Authority (TA), le 1er août. Soit, au lendemain de l’expiration du contrat (Lease agreement) entre Alliance Hotels Limited et l’EWF. Selon Niven Muneesamy, directeur de la TA, bien qu’«Alliance Hotels Limited ait fait une demande de renouvellement de son permis d’opération, celle-ci ne sera pas agréée tant que le Lease Agreement n’est pas en règle, à savoir, valide pour une période d’un an».
 
Ce n’est pas tout. Mercredi prochain, cela fera un mois depuis que le restaurant de l’hôtel Calodyne sur Mer opère également sans licence de la TA.
 

Préserver les emplois

 
Malgré ses dettes, l’objectif d’Alliance Hotels Limited est de continuer à opérer afin de préserver les 80 emplois. Du côté de la direction de l’hôtel, l’on soutient que Berty Ramdoo, qui représente Alliance Hotels Limited, a repris la gestion de l’établissement de son prédécesseur italien fin 2012, «avec une ardoise qui totalisait déjà Rs 25 millions de dettes». «La chute dans le taux d’occupation passant de 60% à l’époque des beaux jours à 30% l’année dernière n’a pas amélioré la santé financière de la compagnie. Et les travaux durant la construction d’un autre hôtel à côté nous ont aussi causé beaucoup de tort», fait-on valoir.
 
Alliance Hotels Limited se dit cependant confiante de pouvoir rembourser ses dettes. Car l’hôtel, fait-on ressortir, est non seulement prisé par la clientèle locale mais aussi par les Français, Allemands, Italiens. Et depuis le début de l’année, par beaucoup de Chinois.
 
Mais, l’EWF ne l’entend pas de cette oreille. Son directeur général Reddi Sitanna, que l’express a interrogé, réplique: «Alliance Hotels Limited continue à opérer sans nous payer un sou. Qui peut accepter ça? Surtout qu’il s’agit des fonds publics!» L’EWF, dit-il, attend depuis décembre dernier qu’Alliance Hotels Limited règle son loyer.

Des investissements estimés à Rs 350 millions

 
«On aurait pu terminer son contrat depuis longtemps comme le prévoit une clause de l’accord. Mais nous lui avons laissé du temps», déclare Reddi Sitanna. Ajoutant que le dernier exercice d’appel d’offres pour la gestion de l’hôtel, lancé en mai, deux mois avant l’expiration du contrat d’Alliance Hotels Limited, a été fait en toute transparence.
 
Une des conditions de cet appel d’offres, poursuit-il, est l’obligation du nouvel opérateur de donner la priorité aux employés qui souhaitent conserver leur poste. L’expérience dans l’hôtellerie et six mois de loyer payé avant le début de l’opération étaient aussi parmi les critères de cet appel d’offres. «Alliance Hotels Limited pouvait elle aussi y participer. Or, elle n’a pas soumis d’offre. Elle n’a pas non plus présenté de plan de remboursement de ses dettes. Quant à sa demande pour une révision des conditions, elle n’est pas automatique», dit Reddi Sitanna, qui précise avoir entre-temps alloué le contrat à l’un des huit soumissionnaires qui ont participé à l’appel d’offres.
 
L’opérateur retenu, apprend-on, a fait la meilleure offre. Offre qui équivaut à 150 % de plus que le montant dû par Alliance Hotels Limited. Le nouvel opérateur devait reprendre la barre de Calodyne sur Mer le 1er août. Sauf que l’exercice est depuis suspendu au verdict de la Cour suprême.
 
À ce jour, le montant total de l’investissement dans cet hôtel est estimé à Rs 350 millions.
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