Invasion à Madagascar: des criquets étouffent la capitale

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Des essaims de criquets ont envahi la capitale de Madagascar et ses périphéries hier, jeudi 28 août.

Stupéfaction à Antananarivo hier, jeudi 28 août. Alors que les déclarations des responsables se succédaient depuis des semaines annonçant la maîtrise de l’invasion acridienne, des essaims de criquets ont envahi «subitement» la capitale et ses périphéries notamment à Itaosy, Ampitatafika, Ivato et Féno­arivo. «Ces essaims de criquets sont les restes des criquets enfouis, dans la partie Sud Ouest de la Grande île entre autres dans le Tsingy de Bemaraha. Nous avons mené la lutte depuis Maintirano jusqu’à Imeritsiatosika, en passant par la région de Bongolova. Nous les avons ainsi détectés depuis Imeritsiatosika vers 11h30, mais nous n’avons pas pu mener la lutte à cause d’un vent fort et la hausse de la température. Ces essaims de criquets ont ainsi infesté 600Ha dans la capitale», a expliqué Tsitohaina Andria­maroahiana, acridologue, au sein de la FAO à Anosy.

Roland Ravatomanga, ministre de l’Agriculture, ne s’étonne pourtant pas de cette invasion acridienne dans la capitale. «Cette invasion est prévisible. Mais la situation n’est pas alarmante par rapport à celle de l’année dernière. Ce n’est que les 10% de la superficie infestée à celle de l’année dernière. D’autant plus que la lutte contre ces essaims sera effectuée ce vendredi ou au plus tard samedi», rassure-t-il après une conférence de presse hier à Anosy.

Fâcheuses conséquences

Certains habitants des quartiers de la capitale envahis par les criquets, entre autres à Anosipatrana jusqu’à  Avaradoha en passant par Ampefiloha, Andavamamba, Ambohijatovo ou Ambanidia, ne semblent pourtant pas rassurés, même si la grande panique n’est pas aperçue sur leurs visages. «Pourquoi les autorités ne nous ont pas alertés sur cette invasion   Nous étions contraints d’improviser, pour protéger nos fleurs en brûlant des pneus», crie au scandale Bebisoa Rasoniari­manana, vendeuse de fleurs à Anosy. Patrice Talla Takoukam a pourtant avancé, qu’il est impossible face à la contrainte financière de la FAO actuelle, de placer des agents tous les 15Km pour surveiller et prévenir l’arrivée des criquets. Mais il n’y a pas que les vendeurs de fleurs qui ont été les principales victimes de ces essaims de criquets.

Selon Feno Randrianarisoa, responsable de communication au sein de la JIRAMA, la coupure fréquente de l’électricité dans certains quartiers de la capitale est due à cette invasion acridienne. «Les criquets se sont engouffrés sur les éclateurs accrochés aux poteaux visant à protéger les fils électriques d’une décharge atmosphérique. Ces éclateurs ont subi des court-circuits causant des coupures d’électricité dans quelques quartiers de la capitale», a-t-il expliqué.

Mais le plus inquiétant semble être la santé publique. Des enfants se sont rués pour capturer des criquets dans la rue entre Anda­vamamba et Besarety. «Durant la campagne anti-acridienne, nous conseillons toujours à la population de ne pas manger des criquets», a avancé le représentant de la FAO. Toutefois aucune annonce interdisant de faire un mets de criquets n’a été entendu hier dans la capitale.

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