Affairisme d’Etat: le grand nettoyage

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Le cercle intime de Navin Ramgoolam chercherait à faire croire que la personne qui a remis des photos à l’express aurait mis la main dans les caisses d’une des sociétés dont Nandanee Soornack est propriétaire.

Le cercle intime de Navin Ramgoolam chercherait à faire croire que la personne qui a remis des photos à l’express aurait mis la main dans les caisses d’une des sociétés dont Nandanee Soornack est propriétaire. 

C’est le grand ménage dans l’entourage du Premier ministre. La diffusion, le week-end dernier par l’express, de clichés établissant la proximité entre l’ex-sales girl Nandanee Soornack et Navin Ramgoolam a eu l’effet d’une bombe au sein de leur cercle intime. De nouvelles dispositions ont été prises par la Very Important Person Security Unit afin que les téléphones portables et autres appareils électroniques soient interdits lors des rencontres entre la puissante femme d’affaires et le chef du gouvernement.

Alors que les activistes de la Voice of Hindu (VOH) tentaient tant bien que mal, durant la semaine écoulée, de connaître l’identité de la personne qui a transmis des vidéos à l’express, la réponse, elle, était déjà connue du Premier ministre et de ses proches conseillers. Et cela, 48 heures avant la publication de ces clichés. Le National Security Service assurait une surveillance pas si discrète devant le bloc d’appartements de cette personne qui gravite autour du tandem Nandanee Soornack-Navin Ramgoolam.

Aux dernières nouvelles, le Premier ministre devrait faire croire, dans les jours à venir, que la personne qui a remis ces vidéos aurait, en ce faisant, tenté une diversion. Pour soi-disant couvrir une fraude de plusieurs dizaines de millions de roupies. Ou encore pour les faire chanter, Nandanee Soornack et lui. Des personnes proches de Navin Ramgoolam en font état depuis jeudi. Mais étrangement, aucune déposition formelle n’a été consignée à la police.

Entre-temps, à l’Hôtel du gouvernement, tout est mis en oeuvre pour tenter de discréditer l’express. Un haut conseiller du bureau du Premier ministre, payé des fonds publics pour d’autres fonctions, coordonne une cellule de crise spéciale, étant fâché que le gros des clichés ait été publié le jour de l’anniversaire de la dame en rouge. La vie privée des responsables de la rédaction du quotidien est passée au peigne fin et les agents du service de renseignement ont été mis à contribution pour leur filer le train.

Dans l’entourage immédiat de Navin Ramgoolam, des mesures sont également prises pour tenter de calmer le jeu vis-à-vis de Paul Bérenger, le leader du Mouvement militant mauricien, qui veut à tout prix contracter une alliance avec le Parti travailliste en vue des prochaines élections législatives. À titre d’exemple, des responsables de divers corps parapublics seront sanctionnés pour démontrer que des actions sont actuellement prises suivant des décisions ayant favorisé Rakesh Gooljaury, le gardien des clés du campement de Navin Ramgoolam,à Roches-Noires, quant à l’allocation de prêts bancaires, voire de terres de l’État.

Grand patron de Fashion Style, société représentant presque toutes les grandes marques vestimentaires internationales dans l’île, Rakesh Gooljaury est loin d’être un parvenu. Bien qu’il soit issu de conditions modestes comme Nandanee Soornack, il a été marchand de merveilles et de vêtements avant que sa société ne soit aujourd’hui dans le Top 100 des entreprises les plus profitables du pays.

L’habitant de Petit-Verger semble avoir été mal inspiré en se rapprochant du pouvoir, d’abord du MSM, puis du PTr. D’un naturel discret, voire frileux, il a surtout servi à mettre en orbite, dans le monde des affaires, l’ex-épouse du receveur d’autobus Sanjiv Oogarah. Que ce soit à l’aéroport ou ailleurs.

Et c’est surtout parce qu’il y a eu un conflit larvé entre Nandanee Soornack et Rakesh Gooljaury que l’express est en présence de plusieurs vidéos compromettantes pour le Premier ministre. Il y a d’abord eu des accusations de malversations financières au sein d’Airway Coffee, la société de l’ancienne habitante de Carreau Laliane, qui a raflé l’exclusivité du contrat de restauration à l’aéroport. Les deux amis intimes du chef de gouvernement étaient tellement fâchés que l’une refusait d’adresser la parole à l’autre.

Est-ce donc une coïncidence si Rakesh Gooljaury s’est retrouvé actionnaire minoritaire au sein d’Airway Coffee à la veille de la fameuse fête chez Nandanee Soornack? Alors que c’est lui qui avait créé cette firme – tel que confirmé par le président d’Airports of Mauritius Ltd, Serge Petit, lorsqu’il a tenté de défendre Nandanee Soornack lors d’une conférence de presse en décembre 2012 –, Rakesh Gooljaury a dû céder une partie de ses actions au fils de celle-ci, Aditish Akshawv Oogarah.

Dans le cercle intime du Premier ministre, on confie que la stratégie visait à empêcher Rakesh Gooljaury d’avoir accès aux comptes de la société. Il aurait aussi fait les frais dans l’affaire des 15 chevaux d’une nouvelle écurie. En fait, un haut responsable du Mauritius Turf Club avait mentionné le nom de la dame en rouge afin que la demande de la nouvelle écurie soit vite acceptée.

Lorsque l’affaire des courses truquées a été portée à la connaissance du Premier ministre, le nom de Rakesh Gooljaury aurait ainsi été mentionné pour tenter de protéger «l’honneur» de Nandanee Soornack. Et, par extension, celui du chef du gouvernement. D’où, soutiennent des sources à l’Hôtel du gouvernement, le choix d’une commission d’enquête.

À la semaine dernière, au sein du MMM, le bruit courait que les proches de Navin Ramgoolam laissaient entendre que c’est Rakesh Gooljaury qui aurait confié les vidéos à l’express. Ce qui est totalement faux. Depuis la publication de ces clichés, l’homme d’affaires, la dame en rouge et le chef du gouvernement n’ont pas eu d’autre alternative que de rester soudés.

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Au cœur de cette affaire sous les feux de l’actualité: des photos. Celles de Navin Ramgoolam dansant avec Nandanee Soornack, une activiste rouge, publiées en Une de l’express durant le week-end du 13 au 14 septembre. Depuis, les réactions se sont succédé. A commencer par la conférence de presse du PTr condamnant le groupe La Sentinelle.

Cette affaire dépasse le cadre d’une simple danse entre un PM et une activiste. Pour mieux en comprendre les implications, voici une compilation des articles publiés. 

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