Affairisme d’Etat: la VOH veut une enquête de police

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 Nandanee Soornack a attiré l’attention sur elle le 10 décembre 2012, lors des élections municipales.

Il compte faire, ce mercredi matin 20 août une déposition contre l’express pour infraction à la Data Protection Act. Et hier, Navin Unnoop, vice-président de la VOH, groupuscule proche du pouvoir, a pris contact avec la Cybercrime Unit du Central Criminal Investigation Department (CCID). Il considère que les vidéos de la fête donnée chez Nandanee Soornack, et qui s’est déroulée dans la période où l’Assemblée nationale a été ajournée, relèvent du domaine privé.

Quant à la présidente de l’aile jeune du Parti travailliste, Nita Deerpalsing, elle a, lors d’un débat sur les ondes de Radio-Plus hier, tenté de justifier la présence du Premier ministre, à l’appartement de la femme d’affaires.

L’express, de son côté, maintient que la publication de ces clichés à partir de certaines de ces vidéos est d’intérêt public. Le rédacteur en chef Raj Meetarbhan explique que cette démarche était nécessaire pour établir la proximité entre le chef du gouvernement et cette ancienne commerciale.

Invité sur le plateau de Radio-Plus, hier après-midi, Raj Meetarbhan a fait ressortir que l’express a le devoir de dénoncer des dérives, surtout à un moment où l’opposition est devenue amorphe car elle espère contracter une alliance avec Navin Ramgoolam. Face à lui, Nita Deerpalsing a tant bien que mal tenté de défendre son leader.

Relation spéciale entre Ramgoolam et Soornack

La question de fond est comment la simple commerciale a-t-elle pu bénéficier de contrats captifs à l’aéroport depuis 2008 ? La relation spéciale entre Navin Ramgoolam et Nandanee Soornack, alors épouse du receveur Sanjiv Oogarah, est connue de l’express depuis plusieurs années. Il ne relevait pas, à ce moment-là, de l’intérêt public.

C’est Nandanee Soornack qui a, elle-même, attiré l’attention sur elle après son fameux «ou kone kisanla mwa !» lors d’un accrochage avec Yogida Sawmynaden, agent du Mouvement socialiste militant (MSM) au collège Maurice Curé, lors des élections municipales, le 10 décembre 2012.

C’est à partir de ce moment que la presse indépendante s’intéresse à elle. Surtout après certaines révélations de Pravind Jugnauth, leader du MSM, au CCID, en janvier 2013, qui la pousse à réclamer un Gagging Order, un samedi, contre La Sentinelleet le groupe Le Mauricien contre toute publication autour de sa vie privée et de celle de ses enfants.

Ancien ministre des Finances de Navin Ramgoolam, Pravind Jugnauth a accusé ce dernier de lui avoir donné des directives pour favoriser Nandanee Soornack et son bon ami Rakesh Gooljaury dans l’allocation de plusieurs contrats à l’aéroport. Les accusations de l’ancien vice- Premier ministre sont cependant restées lettre morte, le CCID n’ayant jamais levé le petit doigt pour établir quelle est la nature des liens entre le chef du gouvernement, Nandanee Soornack et Rakesh Gooljaury.

En vrac, la presse a établi que Navin Ramgoolam la fréquente depuis 2003, à l’époque où il était leader de l’opposition. C’est à partir de là qu’elle est subitement recrutée par la British American Insurance de la famille Rawat. Elle se transforme alors en consultante. Se payant même le luxe de faire agrandir la maison conjugale par Gamma Civic, une société des frères Ah-Teck proche de Navin Ramgoolam. Rakesh Gooljaury, gardien des clés du campement de Navin Ramgoolam à Roches-Noires, est celui qui a aidé Nandanee Soornack à prospérer. Du moins, sur papier. Elle obtient haut la main le contrat exclusif pour tout ce qui touche à la restauration à la nouvelle aérogare, dont la construction a été personnellement supervisée par le chef du gouvernement. Sur place, elle est traitée royalement, nul agent de la sécurité n’osant la contrôler dans les zones sécurisées. La commission anticorruption, elle, tente difficilement de grappiller des preuves de favoritisme dont aurait bénéficié Nandanee Soornack. Surtout depuis que celle-ci s’est offert une vaste propriété de la famille Maingard – laquelle a obtenu l’aval du gouvernement pour créer un lotissement de luxe à Petite-Rivière-Noire – dans les quartiers huppés, à Floréal, à prix cassé.

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Au cœur de cette affaire sous les feux de l’actualité: des photos. Celles de Navin Ramgoolam dansant avec Nandanee Soornack, une activiste rouge, publiées en Une de l’express durant le week-end du 13 au 14 septembre. Depuis, les réactions se sont succédé. A commencer par la conférence de presse du PTr condamnant le groupe La Sentinelle.

Cette affaire dépasse le cadre d’une simple danse entre un PM et une activiste. Pour mieux en comprendre les implications, voici une compilation des articles publiés. 

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