Publication de photos: l'express précise sa position

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Les commentaires fusent après la publication, dans l’express, de photos de Navin Ramgoolam en compagnie de Nandanee Soornack : «voyeurisme», «atteinte à la vie privée», «viol de l’intimité familiale»… Mais la décision de publier ces photos relève d’une «question d’intérêt général, soit celle de la relation du pouvoir politique avec le monde des affaires, notamment sur la question de chances égales de réussite économique, d’autant plus quand on évoque la démocratisation de l’économie», souligne Philippe A. Forget, Chairman de La Sentinelle, dans une opinion parue ce lundi 18 août. «L’express est dans son rôle d’informer quant aux relations du PM avec une puissante femme d’affaires», ajoute-t-il.
 
«Nous avons choisi de publier ces images car, dans une démocratie qui se respecte, elles sont justifiées par notre liberté d’informer le public sur un débat d’intérêt général: quels sont les liens entre le pouvoir politique et le monde des affaires?» a expliqué le directeur des publications du groupe de presse, Nad Sivaramen, dans un édito samedi au moment où l’express a publié une première série de photos.
 
«Les journalistes, ou n’importe quel autre citoyen, doivent s’obliger à respecter la vie privée des personnes. Mais l’intérêt public transcende la vie privée. La presse peut donc justifier une intrusion dans la vie privée quand il y a présomption d’actes illégaux. Par exemple, si une liaison a abouti à un enrichissement suspect», souligne le rédacteur en chef de l’express, Raj Meetarbhan, qui a également explicité la position du journal lorsque l’express dimanche a publié un dossier sur l’affaire.
 
Il faut savoir que Nandanee Soornack, qui n’a pas de grand bagage académique, s’est bâti un empire à partir de rien. Et ce, en l’espace de six années à peine. L’ancienne épouse de Sanjiv Oogarah, un receveur de la Compagnie nationale de transport de Carreau Laliane, a, en fait, commencé par la vente de coquillages et de vêtements dans les hôtels.
 
La quadragénaire connaît une ascension fulgurante peu de temps après son rapprochement avec le Parti travailliste. Elle n’a même pas créé son entreprise en 2008, que la direction de l’hôtel Grand Mauritian, du groupe Starwood Hotels and Resorts à Balaclava, décide de lui céder un emplacement pour opérer un magasin.
 
Grâce à un partenariat contracté avec Doomeshwarsing Gooljaurry, plus connu comme Rakesh, un bon ami du Premier ministre, Nandanee Soornack régale désormais tous les passagers transitant par l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam. Ce, à travers l’enseigne Airway Coffee, fondée le 24 mars 2009.
 
Rakesh Gooljaurry, ancien commerçant, passé représentant local de grandes marques internationales, l’aidera aussi à fonder l’Adjex Group of Companies en septembre 2010. Cette société est spécialisée dans l’investissement, Nandanee Soornack ayant aussi des intérêts dans la région. Fort de ce succès, Rakesh Gooljaurry – également gardien des clés du campement du Premier ministre, sis à Roches-Noires et qui avait rapporté le cas du cambriolage survenu par une nuit de juillet en 2011 – et Nandanee Soornack tentent de lancer un service «exclusif» de lavage de voitures à l’aéroport.
 
De Carreau Laliane, Nandanee Soornack a migré vers les beaux quartiers, à Floréal. Plus précisément au Diplomat Gardens, un bloc d’appartement de grand standing du groupe British American Investment. Et c’est dans cette région qu’elle s’est offert une imposante maison coloniale valant Rs 30 millions, rachetée de la famille Maingard en février 2011. Une transaction diversement commentée, d’aucuns se disant qu’elle a un flair hors du commun ou alors, que sa bonne étoile a encore brillé. La raison? Cette propriété s’étalant sur un arpent et neuf perches était alors évaluée à plus de Rs 60 millions…
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Au cœur de cette affaire sous les feux de l’actualité: des photos. Celles de Navin Ramgoolam dansant avec Nandanee Soornack, une activiste rouge, publiées en Une de l’express durant le week-end du 13 au 14 septembre. Depuis, les réactions se sont succédé. A commencer par la conférence de presse du PTr condamnant le groupe La Sentinelle.

Cette affaire dépasse le cadre d’une simple danse entre un PM et une activiste. Pour mieux en comprendre les implications, voici une compilation des articles publiés. 

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