Relations Ramgoolam-Soornack: les photos parlent…

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Le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam a laissé entendre qu’il y aura riposte suite aux photos publiées.

Le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam a laissé entendre qu’il y aura riposte suite aux photos publiées.

Une soirée mémorable. Des notes du célèbre séga Ton Polo flottent dans l’air, entonnées par une troupe de musiciens en costumes traditionnels. Sur la piste de danse improvisée dans un appartement à Floréal, la propriétaire des lieux, Nandanee Soornack, imprime la cadence. Face à elle: le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, esquisse des pas de danse. C’était à la mi-juin.

Vêtue d’une jupe et d’une blouse blanches, parsemées de fleurs orange, Nandanee Soornack virevolte autour du PM, qui se prête au jeu. Le déhanché de l’agent spécial du Parti travailliste suscite des sifflements admiratifs, émis par la poignée d’invités, surtout lorsqu’elle touss Sali en se plaçant devant Navin Ramgoolam. Tous deux se laissent porter, au son de la ravanne et du triangle. Sur les clichés que l’express a obtenus en milieu de semaine, l’on s’aperçoit que le PM a laissé tomber la cravate et le costume, ainsi que ses gardes du corps. Avant que les accords n’enflamment le parquet en bois de Nandanee Soornack, il tire quelques bouffées d’un cigare, grisé par l’ambiance. En témoigne le grand sourire qu’il arbore. Le PM entre ensuite dans la danse, multiplie les figures, porté par les morceaux de séga qui se succèdent.

 

 

Cette fête, visiblement très intime au vu du nombre restreint de convives, se déroule dans l’appartement de l’ancienne ménagère, devenue aujourd’hui une femme d’affaires multimillionnaire (voir hors-texte). Nandanee Soornack a défrayé la chronique en décembre 2011 après son fameux «ou pa kone kisanla mwa», lancé dans la cour du collège Maurice Curé et son «gagging order» émis contre les groupes de presse La Sentinelle et Le Mauricien en janvier 2012. Mais au cours de cette soirée, elle se montre sous un nouveau jour, sans ses imposantes lunettes de soleil. Après avoir fait montre de ses talents de danseuse au son de Moi mo ene ti créole de Serge Lebrasse, la patronne d’Airway Coffee, une cigarette entre les lèvres, suit du regard les mouvements du PM, tout de noir vêtu. Ce dernier invite ensuite une jeune femme à le rejoindre au centre du salon. Entre deux jeux de jambes, Navin Ramgoolam tapote la joue et les épaules de cette dernière, tout en lui glissant quelques mots à l’oreille.

Avant que les chants ne reprennent de plus belle. Navin Ramgoolam se laisse de nouveau porter par la musique. Il brasse l’air, effectue un enchaînement de mouvements, un savant mélange entre quelques prises de kung-fu, de boxe et de tecktonik. Soudain, il s’empare d’un djembé et bat la mesure pour Nandanee Soornack, qui se trémousse devant lui en compagnie d’un jeune danseur aguerri faisant partie de la troupe d’artistes. Le PM se débrouille comme un chef. Des «koze baio» s’élèvent de l’assistance pour l’encourager.

Des «nu kontan nu Navin», ainsi que des «nu kontan nu Navin Ramgoolam» fusent de part et d’autre, tandis que le chef du gouvernement se concentre sur son instrument, en mettant du coeur à l’ouvrage. Il le lâchera après quelque temps, en ponctuant ce «mini-concert» d’un cri de satisfaction. Des chansons improvisées à la gloire du PM s’enchaînent, évoquant notamment sa décision d’offrir le transport gratuit aux personnes âgées. Parmi: «Mo gran per pe voyaze, mo gran mer pe voyaze» ou «Enn zour finn arive mo premyer minis Ramgoolam inn fer vinn bis gratwi pou vye dimounn, sa finn met lazwa dan zot leker».

Navin Ramgoolam se place alors au centre du salon, les mains jointes, comme s’il implore le ciel. Il attrape le chapeau d’un musicien au vol, le place sur sa tête puis sur celle de la jeune femme, qu’il ne lâche pas. Nandanee Soornack, elle, attrape un instrument de musique pour accompagner les musiciens. La fête se poursuit et des tubes en bhojpuri comme Natcho Beti d’Ino Nakeed et en hindoustani, dont Hum Kaale Hai To Kya Hua, entretiennent l’ambiance. «Bwar enn tiginn taa… La mo behave la, parski mo happy la», lâche à un moment donné le PM, en prenant place à côté d’une autre jeune femme, qui émet quelques gloussements en guise de réponse. Un jeune animateur de la radiotélévision d’État très en verve est aussi de la partie. Son interprétation de I’m yours n’a rien à envier à celle de Jason Mraz.


 

Ramgoolam : «Ma vie est un livre ouvert»

Calme et maître de lui-même, Navin Ramgoolam Répondant a répondu aux questions de la presse sur la publication des photos sur lesquelles on l’aperçoit en compagnie de Nandanee Soornack.  Il se trouvait hier à Ste-Croix pour l’inauguration du nouveau caveau du Père Laval. «Mo ti a kontan kone ki morisyen ki pa kontan dans sega. Nous avons entendu ce que Monseigneur Piat a dit tout à l’heure. Je pardonne à mes persécuteurs. Il y en a beaucoup qui me persécutent parce que je suis l’homme à abattre. Mais ma vie est un livre ouvert…» lâche-t-il avec courtoisie.

Lors de la cérémonie d’hier, une dame a tenté, de manière énergique, d’empêcher les membres de la presse d’approcher Navin Ramgoolam. Il est intervenu pour calmer le jeu, expliquant qu’il ne «tolérait pas ce genre d’attitude». Cependant, le Premier ministre n’a pas du tout apprécié la décision de l’express samedi de publier ces photos, estimant qu’elles relèvent de sa vie privée.

Hier, peu avant qu’il ne prenne l’avion pour le Zimbabwe pour assister au sommet de la SADC, le Premier ministre a laissé entendre à son entourage qu’il compte bien rendre la monnaie de sa pièce à l’express. En divulguant lui aussi des détails de la vie privée du directeur des publications de La Sentinelle et du rédacteur en chef adjoint de l’express.

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Au cœur de cette affaire sous les feux de l’actualité: des photos. Celles de Navin Ramgoolam dansant avec Nandanee Soornack, une activiste rouge, publiées en Une de l’express durant le week-end du 13 au 14 septembre. Depuis, les réactions se sont succédé. A commencer par la conférence de presse du PTr condamnant le groupe La Sentinelle.

Cette affaire dépasse le cadre d’une simple danse entre un PM et une activiste. Pour mieux en comprendre les implications, voici une compilation des articles publiés. 

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