Selon l’étude de faisabilité: le métro léger est économiquement viable

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L’étude des experts singapouriens prédit entre 163 800 passagers par jour en 2018 (le projet ne démarrant que sur les deux derniers mois de cette année) jusqu’à un maximum de 178 200 passagers par jour en 2038.

L’étude des experts singapouriens prédit entre 163 800 passagers par jour en 2018 (le projet ne démarrant que sur les deux derniers mois de cette année) jusqu’à un maximum de 178 200 passagers par jour en 2038.

L’étude sur l’introduction du métro léger, effectuée en octobre 2013, a été déposée hier, jeudi 14 août, à la bibliothèque du Parlement. Elle vient jeter une lumière plutôt rassurante sur le Light Rapid Transit Project. En effet, une étude détaillée des coûts et bénéfices vient établir que ce projet, dûment estimé à l’époque (avant que les entrepreneurs ne soumissionnent) à Rs 22,9 milliards (avec 90% de probabilité), aura un coût opérationnel de quelque Rs 818 millions par an pour la période 2018-27 et Rs 839 millions par an pour la décennie suivante.
 
Sur la base de ces estimations, et grâce aux simulations de VISUM (un logiciel mondialement reconnu pour analyser et prédire le trafic de tout système de transport), cette étude prédit entre 163 800 passagers par jour en 2018 (le projet démarrant sur les deux derniers mois seulement de cette année) jusqu’à un maximum de 178 200 passagers par jour en 2038. À l’hypothèse additionnelle d’un coût de ticket d’autobus équivalent à celui de 2012 et avec 19 stations sur l’axe Curepipe- Port-Louis, les analystes extrapolent une valeur nette présente (NPV) des revenus sur 20 ans de Rs 18,3 milliards grâce aux tickets.
 
Par ailleurs, le tableau I indique que sur une base NPV de tous les coûts et bénéfices sur un horizon de 24 ans, il y a, avec 90% de probabilité, et sur le plan strictement financier, une insuffisance de cash (un trou financier) de Rs 10,5 milliards. Clairement, sur le plan purement cash-flow, le projet ne génère pas de surplus et il affiche donc un IRR (un taux de rentabilité interne) négatif de 1,32%.
 
 
À l’estimation d’un coût de capital de 2,48% (équivalent à un bon du  trésor de trois mois sur le premier semestre 2013), il est suggéré que si le gouvernement finance, disons, 20% du coût de capital de Rs 22,9 milliards, sa contribution budgétaire annuelle baissera à Rs 392 millions par an.
 
Procédant à la prochaine étape normale de l’étude, une tentative est faite de quantifier les bénéfices de nature économique plutôt que financière seulement. Ce qui implique la valorisation des bénéfices de transport divers (Tableau II). Les hypothèses retenues pour ce travail ne sont pas explicites. La balance du compte des coûts et bénéfices du projet devient positive sur le plan économique, par Rs 5,4 milliards (NPV sur 24 ans), ce qui représente un ERR (economic rate of return) de 4,17%.
 
 
Cette étude laissait alors comprendre, en octobre 2013, que le projet serait structuré sur une base DBFO, c’est-à-dire Design, Build, Finance and Operate. Si c’est toujours le cas, il faudra alors que le gouvernement ajoute aux annuités budgétaires requises pour couvrir le trou financier, des annuités supplémentaires pour que l’entrepreneur indien, Afcons Ltd, fasse un profit décent sur son investissement.
 
Finalement, notons qu’à ce stade, l’étude ne fait aucune provision pour toute acquisition obligatoire de terrains et que toute augmentation du coût du ticket de bus (comme engendrée, par exemple, par des augmentations salariales) devrait normalement mener à un coût supérieur du ticket du métro léger et donc à une charge budgétaire moindre pour l’État.
 
Les Singapouriens ont pris en considération plusieurs aspects socio-économiques du projet. Lors de la phase de la construction, la création de 7 000 emplois directs et indirects est attendue. Et pendant cette phase, le projet contribuera Rs 12,4 milliards au Produit intérieur brut du pays.
 
Le rapport fait également état du fait que le métro léger réduira le nombre de véhicules sur les routes et, par ricochet, le nombre d’accidents. Les experts ont estimé que le métro léger aidera le public à perdre moins de temps, ce qui sera profitable économiquement pour le pays.
 
 
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