Le Parlement coûte Rs 25 millions par mois… même quand il ne siège pas

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Entre les salaires et allocations des députés et ceux des fonctionnaires, l’entretien du patrimoine immobilier et les frais administratifs, le Parlement engloutit au moins Rs 300 millions par an.

La démocratie n’a pas de prix. Mais elle a un coût. Et la facture s’avère pour le moins salée pour le contribuable. Entre les salaires et allocations des 70 députés, ceux des fonctionnaires employés au Parlement, l’entretien du patrimoine immobilier et les frais administratifs, entre autres, l’Assemblée nationale engloutit au moins Rs 300 millions annuellement. En dépit des prorogations, ajournements et autres «recess» de six mois par an (suspension temporaire habituelle du Parlement de mi-décembre à mi-mars et de fin juillet à mi-octobre, NdlR).

Le coût est élevé, alors même que depuis la grande rentrée du 25 mars dernier, le Parlement n’a accueilli que huit séances. L’année dernière, à pareille période, il y a eu 18 séances sur un total de 40 pour toute l’année 2013.

Dans le Budget 2014, Rs 214,7 millions ont été allouées aux Parliamentary affairs de l’Assemblée nationale, soit les salaires et allocations du personnel, les membres du Parlement (sauf les ministres), les frais quotidiens, l’entretien du bâtiment… Quant aux 23 ministres du gouvernement, il faut compter Rs 92 millions décaissées pour leurs salaires et allocations – somme qui n’est pas répertoriée dans le Budget puisque ce sont les différents ministères qui s’en chargent.

Ce sont donc les charges du personnel qui représentent le gros des dépenses de l’Assemblée nationale dans le budget alloué à cette instance suprême de la démocratie. Ainsi, ce sont Rs 136,6 millions qui sont payées aux 50 fonctionnaires affectés au Parlement à temps plein et aux 46 autres membres de l’Assemblée nationale, sur un total de 70. Sont concernés, en l’occurrence le président et le vice-président de la Chambre, le leader de l’opposition, le Deputy Chairman of Committees, le Chief Whip du gouvernement, le Chief Whip de l’opposition, le Deputy Chief Government Whip, le président du Public Accounts Committee, 28 députés et 10 Private Parliamentary Secretaries (PPS). À noter que ces chiffres émanent du Budget 2014 du ministère des Finances. Ils ne tiennent donc pas compte des derniers changements sur l’échiquier politique, c’est-à-dire le basculement des bancs du gouvernement à ceux de l’opposition de l’ancien ministre des Finances Xavier-Luc Duval et des deux PPS Aurore Perraud et Thierry Henry du Parti mauricien social démocrate.

Les salaires de base du Premier ministre, du Deputy Vice Prime minister, du vice-Premier ministre et des 20 autres ministres élus aux législatives avoisinent les Rs 54,2 millions. Mais en réalité, on peut doubler cette somme, car il faut y ajouter les différentes  allocations auxquelles ont droit les 23 ministres – essence, chauffeur, entertainment, duty et clerk facilities.

Au rang des dépenses les plus élevées suivent les frais administratifs au quotidien, qui s’élèvent à Rs 24,4 millions, les différentes allocations et subsides qui totalisent Rs 7,7 millions, les voyages et missions à l’étranger qui reviennent à Rs 7,2 millions. Il ne faut pas oublier, enfin, l’entretien du patrimoine immobilier et le service traiteur payé à chaque fois que siègent les comités parlementaires.

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