Négligence médicale alléguée: un traitement aux antibiotiques lui a-t-il coûté son oeil ?

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Une infirmière de l’hôpital de Moka lui a administré deux injections dans l’oeil, affirme Marie-Anne Polimont. Elle pense que cela lui a valu la perte de son œil. 

«Je ne comprends pas comment des rougeurs et un oeil larmoyant peuvent me faire perdre la vue !» Désemparée, Marie-Anne Polimont est au plus mal. Nous l’avons rencontrée hier, vendredi 25 juillet, sous la varangue de sa maison à Bambous. Cette mère d’un adolescent de 14 ans peine à raconter son calvaire depuis le jour où elle a appris des médecins de l’hôpital de Moka qu’elle avait «un ulcère et ki sa inn bien infekte».

Et surtout, qu’elle avait totalement perdu l’usage de l’oeil droit. Tout commence le 14 juin, lorsqu’elle se rend au dispensaire de la localité pour y recevoir des soins car elle souffrait de rougeurs et son oeil droit pleurait. On lui donne des gouttes à mettre dans l’oeil. Le lundi suivant, elle se rend à l’hôpital de Moka car son état ne s’était pas amélioré.

Le personnel médical lui demande alors de revenir pour un rendez-vous. Elle y retourne le 18 juin, et elle est admise en salle en raison d’une infection. Elle y restera jusqu’au 12 juillet. Elle affirme qu’une infirmière  lui a fait deux injections dans l’oeil. Sait-elle ce qu’on lui a administré ? «Mo pa kone. Mo pann demande», devait-elle nous répondre. Elle affirme qu’avec tous ces traitements, elle avait bon espoir de guérir. «Le médecin m’a assurée que graduellement,l’infection disparaîtrait», explique-t-elle.

Elle a rendez-vous à l’hôpital des yeux le 21 juillet. Ce jour-là, c’est le choc pour cette jeune femme de 36 ans, qui travaille avec un fournisseur de légumes. Le médecin l’informe qu’elle a eu un ulcère et qu’il ne peut rien faire pour sauver son oeil. Désemparée, elle porte plainte le même jour à la police de Moka pour négligence médicale.

Avant la perte de son oeil, Marie-Anne Polimont était une femme indépendante et pleine d’entrain. Mais, depuis ce jour fatidique, sa vie, son quotidien, tout s’est effondré. Elle ne peut plus travailler et doit se résigner à ce que son fils ne prenne plus de leçons particulières. Son incompréhension a vite fait place à la colère. «Mo anbarase. Mo senti mwa en plas, initil. Pa kapav fer nanye. Mo pena enn gou a la vi», se lamente-t-elle. Son prochain rendez-vous à l’hôpital pour son traitement a été fixé au 4 août.

Contacté pour des éclaircissements, le ministère de la Santé n’a pas souhaité commenter cette affaire vu qu’une enquête est en cours. Mais, selon nos informations, Marie-Anne Polimont souffrait d’une infection. Pour son traitement, le personnel soignant lui aurait administré des antibiotiques. Quand elle est venue à l’hôpital ophtalmologique, il semblerait qu’elle présentait déjà de forts risques de perdre l’oeil droit. Son cas était déjà compliqué, et l’état de Marie-Anne Polimont n’a fait qu’empirer par la suite.

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