Financement du métro léger: d’où viendront les Rs 22 milliards?

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Durant la première année, en 2015, le projet de métro léger nécessitera Rs 1 milliard. Le coût augmentera progressivement pour atteindre un pic de Rs 9,6 milliards en 2018.

Durant la première année, en 2015, le projet de métro léger nécessitera Rs 1 milliard. Le coût augmentera progressivement pour atteindre un pic de Rs 9,6 milliards en 2018.

Alors que le projet de métro léger semble maintenant bien parti, une question reste encore en suspens. Qui financera ce méga projet de Rs 22 milliards? La réponse devrait être connue bientôt, avec la sélection du partenaire étranger du gouvernement prévue d’ici à la fin du mois, selon des sources proches du dossier.
 
Une fois ce partenaire identifié, les techniciens chargés du projet devraient commencer à se pencher sur le mode de financement. Le Public Sector Investment Programme du gouvernement pour la période 2014-18 donne une première indication sur la manière dont les dépenses seront échelonnées. Durant la première année, c’est-à-dire 2015, le projet de métro léger nécessitera ainsi Rs 1 milliard, selon les estimations établies l’année dernière par le ministère des Finances. Le coût augmentera progressivement par la suite pour atteindre un pic de Rs 9,6 milliards en 2018.
 
Outre les spécifications techniques du projet, le partenaire étranger sélectionné devra proposer un montage qui permettra de financer le projet et de le rendre viable du point de vue économique. Le Public Sector Investment Programme souligne que vu l’envergure du projet, il sera probablement financé par le biais d’un Public Private Partnership (PPP), ce qui impliquera un partage des risques financiers entre le gouvernement et un partenaire privé: une première dans le financement des projets d’infrastructure à Maurice. Le Road Decongestion Programme du ministère des Infrastructures publiques devait également être financé sur un mode PPP.
 
Toutefois, la préparation de l’appel d’offres pour un partenaire a accumulé des retards considérables et à ce jour, aucun détail n’a été rendu public quant aux modalités d’un éventuel partenariat public-privé.
 

Solution miracle

 
Dans le cas du métro léger, il n’est pas exclu que Maurice opte pour l’assistance d’institutions étrangères telles que la Banque européenne d’investissement ou la Banque mondiale pour financer sa part dans le projet. Ces derniers ont d’ailleurs montré un intérêt pour le métro léger dans le passé. L’ancien directeur de l’Agence française de développement, Michel Gauthey, avait ainsi déclaré en 2010 que son institution pourrait envisager une assistance financière à Maurice sur le métro léger, si elle recevait une demande en ce sens.
 
Sur le plan local, le gouvernement pourra également financer le projet au travers des banques commerciales, s’il réussit à les convaincre de la viabilité financière du projet. Le métro léger pourrait ainsi être la solution miracle pour éponger l’excédent de liquidités des banques de façon naturelle et à moindre coût.
 
Un ancien consultant sur le projet estime, lui, que le gouvernement devrait facilement trouver les fonds nécessaires au projet. «Maurice est perçue comme un bon payeur sur le plan international et on devrait trouver des bailleurs de fonds sans difficulté», déclare-t-il.
 
Dans les milieux concernés, on souligne également que le métro léger devrait amener une appréciation conséquente des terres le long du tracé. Ce rehaussement de la valeur foncière devrait augmenter l’attrait du projet vis-à-vis des investisseurs étrangers, tout en réduisant le fardeau financier de l’État à long terme. Celui-ci pourra en effet rentabiliser le métro léger à travers des projets commerciaux ou autres qui pourraient voir le jour sur les terres acquises par le gouvernement le long de la ligne. De telles considérations n’interviendront cependant que dans un deuxième temps, souligne le consultant.
 
L’économiste Kee Cheong Li Kwong Wing estime, pour sa part, que la viabilité financière du projet ainsi que son mode de financement devraient faire l’objet d’un débat public. «Quel sera son impact sur la dette publique? Est-ce que les associations de consommateurs, les opérateurs privés et les syndicats du transport ont été consultés? Est-ce que le ticket du métro coûtera plus cher qu’un ticket d’autobus? Et quelles garanties le gouvernement donnera-t-il à son partenaire privé?» s’interroge l’économiste.
 
Kee Cheong Li Kwong Wing pense également que le moment est plutôt mal choisi pour lancer ce projet. «Il semble inapproprié qu’un projet d’une telle envergure soit enclenché dans un contexte de turbulences politiques», déclare-t-il.
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