Triolet : Shakeel Niamut, un tailleur qui a de l’étoffe

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Les années n’ont pas atténué la passion que Shakeel Niamut porte pour son métier.

Mettre en valeur la silhouette masculine. C’est ce que Shakeel Niamut s’évertue à faire depuis qu’il est tailleur. Métier qu’il exerce depuis 35 ans et qui est appelé à disparaître, selon certains. Mais, pas pour Shakeel Niamut, qui estime que ce savoir-faire est toujours demandé, surtout avec les prêts-à-porter et les nouvelles tendances.

Né dans une famille modeste de neuf enfants, il confie que cela a été dur pour ses parents de joindre les deux bouts. Raison pour laquelle ils lui ont demandé, dès l’âge de 14 ans, de trouver un travail afin de les aider. «Mo gran frer ti al aprann kwafer ek mwa monn desid pou fer tayer», raconte-t-il. Ce qui le pousse à devenir apprenti dans un atelier.

«Au début, le patron m’avait donné un morceau de tissu pour faire une boutonnière pendant une semaine. Je restais tant qu’il n’était pas satisfait de mon travail. Il fallait beaucoup de patience.» Il était tellement doué qu’un an après, Shakeel Niamut commençait déjà à coudre des pantalons et chemises. «Sa lepok la ti pe pran Rs 75 pou koud enn pantalon ek Rs 75 pou semiz», se souvient-il.

Il est resté dans cet atelier pendant quatre ans jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de la maturité. Il a par la suite pris un emploi dans une usine. «Laba monn rant dan lateliye mem. Gramatin pran travay 7 er ek fini 5 er.» Bien qu’il travaillât à l’usine, Shakeel Niamut prenait aussi des commandes à domicile pour se faire un peu d’argent.

Ce n’est qu’il y a deux ans, après avoir travaillé dans plusieurs usines, qu’il a pris sa retraite. L’objectif étant de se consacrer à ses fidèles clients qui ne portent que des chemises et pantalons cousus par lui. Son atelier – un bâtiment qu’il loue – se situe sur la route principale à Triolet.

L’artisan souligne qu’avec le temps tout a changé, surtout le prix et le style. «Aster lamod zot tou kontan met slim. Ek pri osi inn sanze. Pou pantalon mo pran Rs 400 ek semiz Rs 250 aster», explique-t-il.

Pour Shakeel Niamut, ce métier a encore de beaux jours devant lui. «Ena bann dimounn mem si zot aste pantalon dan magazin, zot vinn isi mem pou fer retous ek sa mem fini kout zot Rs 200 à Rs 300», fait-il ressortir. C’est un métier qui, selon lui, ne demande qu’à être innové. «Touletan ou bizin aprann pou swiv lamod ek satisfer bann kliyan.» D’ailleurs, c’est dans ce même élan que, récemment, il a commencé à apprendre à coudre des costumes. «Mem sa laz la bizin met lide pou aprann», conclut -il, en souriant.

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