Les Etats-Unis critiquent Maurice pour le traitement des ouvriers étrangers

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Manifestation des ouvriers bangladais de l’usine Real Garments en septembre 2013. Un rapport des Etats-Unis déplore que ces derniers aient été rapatriés sans qu’aucune enquête ne soit initiée.

Manifestation des ouvriers bangladais de l’usine Real Garments en septembre 2013. Un rapport des Etats-Unis déplore que ces derniers aient été rapatriés sans qu’aucune enquête ne soit initiée.

Les autorités mauriciennes ont expulsé des ouvriers de manière unilatérale l’an dernier, relève un rapport du département d’Etat américain rendu public cette semaine. Près de 100 Bangladais, employés par l’usine Real Garments, à la Tour-Koenig, ont dû quitter le pays en septembre sans qu’aucune enquête n’ait été initiée pour déterminer s’ils avaient été victimes ou non de travail forcé, déplore Washington qui montre Maurice du doigt quant au traitement accordé à ces ouvriers étrangers.

 Il souligne également le fait que beaucoup d’ouvriers étrangers débarquent à Maurice avec des contrats écrits dans une langue qui leur est étrangère, ce qui expliquerait qu’ils ne seraient peut-être pas au courant que les autorités locales leur interdisent de manifester. Lire la suite dans l'express.

Les Américains vont plus loin dans les critiques à l’encontre de Maurice : ils accusent la Special Migrant Workers Unit du ministère du Travail de ne disposer que de quatre inspecteurs pour couvrir tout le territoire. Un effectif que Washington qualifie de « severely inadequate » face aux 37 000 ouvriers étrangers.

Shakeel Mohamed dément

Ces critiques sont rejetées avec véhémence par le ministre du Travail. Invité à réagir au sujet de ce rapport, Shakeel Mohamed trouve «inacceptable» qu’il ait été rédigé sans que son ministère n’ait été invité à donner sa version des faits. Il explique que des enquêtes sont systématiquement menées par les inspecteurs du ministère sur les conditions de travail des ouvriers étrangers.

Le ministre Mohamed fait également ressortir que la Special Migrant Workers Unit s’occupe essentiellement des contrats des ouvriers étrangers. Et que l’ensemble des inspecteurs de son ministère sont sur le terrain pour vérifier que les employeurs respectent la loi. Il trouve ainsi aberrant que ces critiques soient formulées alors que rien que deux semaines plus tôt, l’Organisation mondiale du travail a cité Maurice en exemple.

«Ce rapport est souvent négatif vis-à-vis de Maurice. Surtout contre le ministère de la Femme et du Développement de l’enfant», avance Shakeel Mohamed. Sur ce point, il semble avoir raison : le document soutient que les collégiennes sont poussées à se prostituer par des amis, des proches ou des hommes d’affaires. Dans les faits, les cas rapportés sont rares et ne reflètent pas la réalité.

Comme chaque année, le rapport explique que les jeunes filles sont amenées à se prostituer en échange de nourriture et d’un toit. Et que ce sont surtout les chauffeurs de taxi qui agissent comme intermédiaires. Le rapport soulève toutefois un point intéressant : les autorités semblent ne pas se préoccuper de savoir si les femmes qui se prostituent le font de manière volontaire, ni de les aider à s’en sortir…

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