Kenya: une sanglante attaque terroriste fait au moins 50 morts à Mpeketoni

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La ville de Mpeketoni a été mise à feu et à sang par une trentaine d’hommes armés de fusils et d’explosifs.

Les rebelles de l'organisation islamiste somalienne Al Chabaab ont revendiqué lundi la responsabilité de l'attaque menée durant la nuit du dimanche 15 juin dans la ville côtière de Mpeketoni, au Kenya, qui a coûté la vie à au moins 50 personnes.

«Des commandos ont mené la nuit dernière une attaque victorieuse sur la ville Mpeketoni», écrit le groupe islamiste lié à Al Qaïda dans un communiqué. Il justifie son action par le déploiement de troupes kényanes en Somalie, et par ce qu'il qualifie d'exécutions sommaires de dignitaires musulmans par les soldats kényans.

Selon des témoins, un groupe d'une trentaine d'hommes munis d'armes à feu et d'explosifs circulant à bord de deux minibus ont attaqué la localité de Mpeketoni. Les assaillants ont fait irruption dans une salle qui retransmettait un match de la Coupe du monde de football. Ils ont aussi ouvert le feu dans des hôtels, et visé une banque et un commissariat de police.

L'attaque contre Mpeketoni, située à trois quarts d'heure de l'île touristique de Lamu, est la dernière en date visant le secteur du tourisme au Kenya. Elle est aussi la plus meurtrière depuis l'assaut lancé en septembre contre un centre commercial de Nairobi, le Westgate Mall, qui a fait 68 morts.

Le commando du Westgate Mall voulait «punir» le Kenya pour avoir envoyé des troupes en Somalie combattre les islamistes. Les Chabaab avaient promis que d'autres attaques suivraient. Le mois dernier, un de leurs commandants a annoncé que les miliciens porteraient la guerre à Nairobi, et prévenu les Kényans de se préparer à des attentats suicides et des combats.

Mpeketoni, sur la côte de l'océan Indien, se trouve à trois heures de route environ de la frontière somalienne. «Les assaillants étaient très nombreux, et tous armés», a expliqué un rescapé. «Ils sont entrés dans la salle où nous regardions le match de la Coupe du monde et ont ouvert le feu sur nous. Ils ne visaient que les hommes. J'ai eu de la chance, je me suis caché derrière une porte», a ajouté Meshack Kimani, contacté par téléphone.

Deux hélicoptères militaires survolaient la ville lundi matin, mais la police n'a procédé à aucune arrestation en rapport avec ce coup de force. Selon des médias, les assaillants auraient mis le feu à plusieurs bâtiments de la ville, et un grand nombre d'habitants ont pris la fuite. La Croix-Rouge kényane a rapporté qu'une partie des blessés avaient été transférés vers Lamu, une destination prisée des touristes située à une trentaine de kilomètres au nord-est de Mpeketoni.

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