Remous politique: l’économie en pilotage automatique, le privé s’impatiente

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Photo d’illustration. Les opérateurs s’inquiètent pour l’économie après la démission du ministre des Finances.

Photo d’illustration. Les opérateurs s’inquiètent pour l’économie après la démission du ministre des Finances. 

Les opérateurs économiques ne voient pas d’un bon oeil les récents bouleversements politiques. Tantôt une alliance est «on», tantôt «off». Puis, il y a ce deadline lancé par Paul Bérenger, leader du MMM : lui, exige un accord par écrit avant toute alliance. Et la réplique de Navin Ramgoolam, qui selon Le Mauricien, affirme qu’il ne saurait être bousculé : «Je ne travaille pas en fonction de deadline. J’ai l’intention de prendre tout mon temps», rapporte le quotidien. Ce qui laisse comprendre que la situation politique n’est pas près de se stabiliser. Ce qui inquiète d’autant plus les opérateurs économiques : c’est le Premier ministre qui reprend le portefeuille de Xavier- Luc Duval après la démission de ce dernier le 7 juin dernier. Et l’économie est reléguée au second plan, disent-ils.
 
 «Ce n’est pas la première fois qu’il accepte des charges ministérielles additionnelles en sus des siennes, qui sont déjà lourdes. Il n’y a donc rien d’inquiétant. Cela pourrait même relever du non-event», relève cependant un observateur politique. Toutefois, le contexte politique est différent. «À un moment où il est impliqué dans des négociations politiques, quel temps pourra-t-il consacrer à ce ministère ?» ajoute-t-il.
 
De temps, il n’en faut guère, à en croire un haut cadre du ministère des Finances. Tout se passe au niveau du secrétaire financier. «Les dossiers atterrissent chez le secrétaire financier qui les étudie et les décisions sont prises sur le champ. Si certains dossiers requièrent un avis ministériel, ils vont au bureau du Premier ministre pour avoir son feu vert. C’est donc business as usual», dit-il.
 
Les dossiers requérant un «avis ministériel» sont d’importance stratégique en général. Or, dans une période de transition comme celle où le pays se trouve, les décisions stratégiques sont, de toutes les façons, suspendues. «Dans ce genre de situation, on ne gère que le quotidien», confirme un opérateur économique.
 
Le directeur du Joint Economic Council, Raj Makoond, confirme que ce rythme est «normal». Mais «nous espérons qu’aussitôt les réformes politiques achevées, l’économie reprendra sa place prioritaire dans l’agenda du gouvernement, compte tenu des nombreux défis qui nous attendent», poursuit Raj Makoond. 
 

Retour de Sithanen aux Finances ?

 
Et les opérateurs ne sont pas insensibles à la rumeur persistante qui veut que Rama Sithanen fasse son retour en politique. Dans un éventuel gouvernement PTr-MMM, l’architecte de la grande réforme économique de 2006 serait en effet pressenti pour être le ministre des Finances. L’arrivée de Rama Sithanen rassure le marché et les opérateurs économiques, souligne-t- on dans les milieux des affaires. Car Maurice a été «trop longtemps en pilotage automatique», disent-ils.
 
«Nous avons besoin d’une nouvelle équipe économique pour repositionner le pays après la crise, au moment où des signes de reprise commencent à se manifester. Sithanen a été là pour lancer la première vague de réformes et il est mieux placé pour préparer le pays à connaître une nouvelle série de réformes», affirme un analyste économique.
 
Toutefois, nos interlocuteurs sont unanimes à reconnaître que le plus tôt les élections se tiendront, le mieux ce sera pour le pays. «Il faut mettre fin au plus vite à l’incertitude qui règne, afin de permettre aux investisseurs et aux opérateurs d’avoir une plus grande visibilité, voire de la prévisibilité dans l’économie du pays», lâche un membre influent du secteur privé.
 
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