Jenny Mac Kay: retour de flamme

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C’est une Jenny Mac Kay revigorée et zen qui retrouvera son public mauricien le 21 juin au Domaine Anna.

Elle ne reconnaît plus les rues, et pourtant Maurice l’appelle. Au point où Jenny Mac Kay, de passage pour se ressourcer trois semaines à Maurice, a décidé de prolonger son séjour trois semaines de plus. Le temps de retrouver la scène locale, là où elle ne s’est pas produite depuis 15 ans, exception faite d’un passage éclair pour l’ouverture du Tamassa, il y a sept ans. L’interprète à la voix puissante, qui est aujourd’hui devenue auteur, fêtera la musique le samedi 21 juin au Domaine Anna. Prestation précédée, le 18 juin, à 20 heures, d’une escapade musicale au Floreal Square.

Plus qu’un tour de chant, ce sont de véritables retrouvailles avec de vieux complices que s’offrira Jenny Mac Kay, au Domaine Anna. Et pour cause, elle réunira autour d’elle les soeurs Clarisse, May Burzoo, Eddy Fok Shan, Patrick Dumolard, Benoît Carré, Carl Allet ou encore Clyde Chandoo. Avec Robert Duvergé en première partie et, cerise sur le gâteau, des duos avec de jeunes talents.

Si cela s’est décidé à force de s’entendre dire, «pourquoi tu ne chanterais pas ici ?», n’allez pas croire que ce sera une soirée improvisée. «Je suis un peu maniaque, je ne veux pas que cela ait l’air d’une jam session», explique Jenny Mac Kay. Avant de confier : «Je suis un peu stressée. J’ai plus de mal à chanter devant ma famille que devant des étrangers. Je sais que ma voix va trembler pour la première chanson, après ça ira. Bizin plore enn bon kout avan.»

Emotions d’une femme qui dit son âge sans détours. Et qui avoue que «la vie m’a donné de sacré claques», dans les amours, dans le travail. Depuis, Jenny Mac Kay s’est installée à

Dubayy, «parce que c’est là-bas que travaille mon mari», et est devenue bouddhiste.«Na pli mama dife», dit-elle dansun souffle. «Si à 45 ans je ne me calmais pas, quand est-ce que j’allais me calmer ?» N’est-elle pas venue se «nettoyer dans la mer» chez nous en allant,au début du mois, se recueillir là oùelle avait dispersé les cendres de sonpère, il y a sept ans ?

Une zénitude cultivée suite aux orages d’un caractère sacrément trempé. Après les feux des projecteurs avec No tears no regrets, chanson écrite par François Valery, sortie en 1995, ou encore une reprise de Its raining men, extrait de A step too far d’Elton John, adaptation d’Aïda, sous le label Universal, elle a connu le tourbillon des engagements. «En gros des États-Unis à l’Inde. Il n’y a qu’en Amérique du Sud et en Russie et ces parages-là que je ne sois pas allée».

Il y a six ans, elle remplissait le New Morning, boîte de jazz parisienne mythique. Le tout en élevant ses deux enfants – une fille qui a maintenant 26 ans et un fils de 17 ans, et «les deux enfants de mon mari, qui ont 14 et 12 ans. Je suis restée maman longtemps. Je me réveillais pour les déposer à l’école, j’allais les chercher l’après-midi». En dépit du fait que, quand on est chanteuse, «on arrive avant les autres et on repart après les autres parce qu’il faut attendre d’être payée. Mais c’est moi qui ne dormais pas, pas eux».

Aujourd’hui, Jenny Mac Kay balance : «Je n’ai plus ce besoin de chanter comme avant. Je veux profiter de tout ce que je n’ai pas eu pendant 30 ans.» Tous ces déjeuners et dîners de famille, ces anniversaires qu’elle a ratés.

Côté tempérament, «dès que cela devient compliqué, cela me fatigue. Je n’ai plus envie de m’énerver. Je suis enfin heureuse». Face à tous les petits jeunesaux dents longues, dans le métier, elleaffirme tout net : «Je ne chante plus du Mariah Carey. Je n’ai plus rien à prouver». Son répertoire se module plus autour dujazz et de la soul. Le tout dit sans soupir.Juste la lucidité d’une femme qui saitque sa santé lui fait payer «tout ce que j’ai fait avant». Elle qui a eu «le boom boom dans les oreilles pendant 30 ans»et ne rentrait pas avant 3 heures dumatin, tombe maintenant de sommeilavant minuit.

La voix devient d’un coup plus ferme. «Je ne veux plus signer de contrat, j’ai payé l’addition.» Pour traiter avec Jenny Mac Kay, «c’est parole». Ses paroles, elle les couche aussi sur papier. Sur l’album qu’elle écrit depuis deux ans, où il reste encore trois chansons à inventer. Jenny Mac Kay qui est «plutôt interprète», est passée de l’autre côté. «Ma fierté en a pris un coup.» Pas simple de sortir ce que l’on a dans le ventre. «Ecrire a été une bonne psychothérapie.»

Elle devrait entrer en studio en août prochain. A-t-elle déjà un label ? «Je ne vais pas me mettre des menottes encore avec une major company. Aujourd’hui, c’est l’époque d’Internet.» En attendant, Jenny Mac Kay vit avec son temps et prend son café du matin avec ses copines, sur skype, comme si elles étaient toutes dans la même pièce.

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