Politique étrangère et économique au G7 réuni sans la Russie

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Les sept plus grands pays industrialisés (G7) se retrouvent mercredi et jeudi en sommet sans la Russie, pour la première fois depuis 17 ans, en représailles à l'annexion de la Crimée et à son rôle joué dans la déstabilisation de l'Ukraine.

Le sommet, qui prendra fin jeudi à la mi-journée, a lieu à Bruxelles plutôt qu'à Sotchi, la station balnéaire russe sur la mer Noire, qui devait à l'origine accueillir la réunion des chefs d'Etats et de gouvernement quand elle était encore le G8.

Les sept doivent aborder les questions de politique étrangère, d'économie, de commerce et de sécurité énergétique.

Ce dernier thème est particulièrement sensible en Europe après plusieurs mois de tension avec Moscou qui fournit près d'un tiers du pétrole et du gaz consommés en Europe.

Ce sera la première fois que la Russie ne sera pas à la table des négociations depuis qu'elle a rejoint le club des pays riches en 1997. Son président Vladimir Poutine doit néanmoins avoir des entretiens cette semaine avec la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre David Cameron et le président français François Hollande en marge des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement allié de juin 1944.

La décision d'exclure la Russie a été prises par ses autres membres, Etats-Unis, Canada, Allemagne, France, Japon, Italie et Royaume-Uni en mars, après l'annexion unilatérale de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou.

Depuis, l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis ont imposé des sanctions à un certain nombre de personnalités russes et ukrainiennes sous forme de gels d'avoirs et d'interdictions de visas et ont menacé de passer à des sanctions plus dures si Moscou devait déstabiliser l'Ukraine plus avant.

La Russie maintient certes des forces importantes à la frontière ukrainienne, et les milices pro-russes continuent d'être actives dans de nombreuses villes de l'Est ukrainien, mais les élections présidentielles du 25 mai se sont plutôt déroulées calmement, ce que les Occidentaux ont considéré comme un signe d'apaisement de la part de Moscou.

 

Soutenir la croissance et l'emploi

Cela suffira-t-il pour que la Russie puisse réintégrer le G8 ? Des responsables de l'organisation du sommet ne l'excluaient pas mardi. Ils ont toutefois dit que Moscou avait encore du chemin à parcourir pour prouver sa capacité à se comporter "comme un pays démocratique normal".

"C'est la Russie qui s'est elle-même éloignée du G8 par ses actions en Ukraine. C'est à la Russie de se comporter conformément au droit international et aux valeurs du G8. C'est la condition préalable pour que le G8 redevienne le G8", a déclaré un responsable européen.

"Nous ne pouvons exclure, a toutefois nuancé un autre responsable, qu'en cas d'aggravation de la situation, l'UE ou le G7 ait à envisager d'autres mesures contre la Russie."

Le sommet commencera mercredi soir avec un dîner portant sur la politique étrangère. La Russie et l'aide de l'UE à l'Ukraine seront évoquées, de même que la Syrie, l'Afghanistan, le Mali, la République centrafricaine et la Corée du Nord.

Jeudi matin, les discussions économiques seront dominées par le commerce et notamment les négociations commerciales entre l'UE et les Etats-Unis, l'UE et le Canada et l'UE et le Japon. La coopération sur les questions d'optimisation fiscale sera également à l'ordre du jour, de même que les moyens de soutenir la reprise économique.

"Soutenir la croissance et l'emploi restent la priorité pour les membres du G7", lit-on dans un point d'avant-sommet distribué mardi.

"Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient appeler à une poursuite de la croissance pour faire baisser le chômage, notamment chez les jeunes et les chômeurs de longue durée".

Le problème des banques soi-disant "trop importantes pour faire faillite" sera également abordé.

L'énergie et la politique climatique seront également abordées, notamment la réduction des émissions de carbone et la "diversification", terme signifiant s'éloigner de la dépendance aux hydrocarbures russes.

La dernière séance du sommet, jeudi pendant le déjeuner, couvrira l'aide au développement, notamment en matière de programmes de vaccination en Afrique, et la sécurité alimentaire.

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