Expulsion de trois enfants malgaches: une décision attendue ce lundi

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Le Passport & Immigration Office a informé la direction de l’usine où travaillent les mères qu’un arrangement pourrait être trouvé en ce qui concerne le permis de résidence des enfants.

Le Passport & Immigration Office a informé la direction de l’usine où travaillent les mères qu’un arrangement pourrait être trouvé en ce qui concerne le permis de résidence des enfants.

Pourront-ils rester aux côtés de leurs mères à Maurice ? ou seront-ils expulsés à Madagascar ? C’est ce lundi 2 juin qu’une décision est attendue pour trois enfants malgaches menacés d’expulsion. La raison: ils ne pas titulaires d’un titre de séjour.

Leurs mères, des ouvrières de l’usine Corona Clothing, à Floréal, avaient été sommées de les quitter à Madagascar si elles voulaient continuer à travailler à Maurice. Mais alors que leur déportation était prévue pour jeudi dernier 29 mai, le Passport & Immigration Office (PIO) avait informé la direction de l’usine qu’un arrangement pourrait être trouvé en ce qui concerne le permis de résidence des enfants. Celui-ci qui devrait être connu aujourd’hui pourrait mener à un heureux dénouement pour ces enfants âgés de trois mois, un an et demi et deux ans respectivement.

Le droit du sol ne s’applique pas

Néanmoins, même s’il semble troublant que des bébés et leurs mères puissent être traités de la sorte dans notre pays, d’un point de vue légal, la décision du PIO est justifiée. Si ces enfants n’ont pas de titre de résidence, c’est parce que le fait de naître à Maurice ne procure pas automatiquement un droit au séjour et encore moins la nationalité mauricienne.

Dans ce cas précis, c’est l’article 22 de la Constitution qui est appliqué. Celui-ci dispose que le droit du sol, et par conséquent la nationalité, est reconnu à toute personne née sur le territoire sauf si aucun de ses deux parents n’est citoyen mauricien. Les trois enfants menacés d’expulsion sont nés à Maurice et des certificats de naissance ont été délivrés à leurs parents par l’Etat mauricien, mais ils ne sont pas légalement éligibles à la nationalité puisque leurs parents sont tous des ressortissants malgaches.

«La loi à connotation barbare doit changer»

«Tout ce qui est légal n’est pas nécessairement moral», s’insurge Dev Ramano, avocat spécialisé dans les relations industrielles et les droits humains. Si un Etat demande à une maman de choisir entre se séparer de son enfant ou renoncer à son droit au travail, nous entrons dans le domaine de la barbarie. Et si la loi est ainsi faite, ce n’est pas l’enfant qui doit être renvoyé dans le pays d’origine de ses parents mais c’est la loi à connotation barbare qu’il faut changer», estime l’homme de loi.

D’ailleurs, fait-il ressortir, dans la plupart des grandes démocraties, comme la Grande-Bretagne ou la France, tout enfant né sur le territoire a en effet une possibilité d'obtenir la nationalité du pays, même si ses parents sont des clandestins.

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