Sexualité: les jeunes disent tout ce que vous n’auriez jamais osé leur demander

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Des ados surpris en pleine débauche, des collégiennes photographiées dans des positions compromettantes en discothèque: l’actualité regorge d’incidents «olé olé» mettant en scène des jeunes. Que reste-t-il de leur innocence ? De quoi ont-ils envie ? Confessions sans langue de bois. Faux-culs s’abstenir.

Ô vous, parents naïfs et crédules, qui croyez que votre poupée chérie n’a jamais aperçu de zizi ou que votre petit bout n’a jamais vu de néné, écartez vos chastes oreilles. Bandez-vous les yeux. Ce qui suit risque de heurter votre sensibilité. Car ces confessions intimes révèlent qu’il semble bel et bien révolu le temps où l’on pouvait faire croire aux enfants que les bébés naissent dans les choux. Et si certains se font prendre la main dans le sac ou dans le string ficelle, la majorité des jeunes interrogés ont déjà goûté au fruit défendu…

Les préliminaires d’abord. S’il y a un domaine dans lequel l’égalité des sexes n’a pas beaucoup de souci à se faire avec la jeune génération, c’est bien celui de la drague. «Avan, garson tipe soufle minn dan lari, aster se zot ki fer zess ar nou», fait ressortir Roshan, 16 ans, grand «galan» devant l’éternel, si l’on en croit ses potes et son look de playboy junior. A quel âge ce Justin Biberon local a-t-il aperçu le triangle d’or pour la première fois ? «A 13 ans. Et je ne l’ai pas seulement vu… C’était avec une cousine éloignée.» Trois années de pratique intensive et de théories testées plus tard, il serait passé, selon ses dires, maître dans l’art de satisfaire ses «didinn», dont il change plus souvent que de slip. Ce qu’il préfère ? «Bez, kouma pou dir ou sa la ? Mo kontan kan li okip mo ti bolom…»

«Je préfère les hommes plus vieux»

Pour ce qui est des pipes justement, Mélissa, jeune femme très libérée de 17 ans à la langue bien pendue, en connaît un rayon. «Nepli letan margoz. Il faut évoluer avec son temps. Dans mon groupe, toutes mes copines ne sont plus vierges. Moi j’ai eu ma première relation à 15 ans.» Et si elle l’a fait pour être «in» au départ, depuis elle «prend son pied». Mais encore faut-il, précise-t-elle, trouver le bon partenaire. «Je préfère les hommes plus vieux, parce que ceux de mon âge ne savent pas où se trouve le point G comme génial !» Vieux comment ? Où les croise-t-elle ? «Vingt-cinq ans ou plus, mais pas des grands-pères. C’est en boîte que je les rencontre, le plus souvent. Je ne fais pas mon âge et on me laisse entrer super facilement.»

Ses positions préférées ? «Le missionnaire, c’est pour les vieux schnocks qui sont ensemble depuis 50 ans.» Pour le doigté, il faudra repasser. Pour la fausse modestie aussi. «Je sais tout ce qu’il faut savoir sur le sexe. Le 69, la levrette, la position d’Andromaque, le loup, entre autres !» Un petit tourdu côté du petit Kâmasûtra illustré prouve qu’elle n’invente rien… Quid des endroits où elle baisse le pantalonou la jupe ? «Dans la voiture, dans des petits hôtels, ou chez le mec. Une fois, on l’a même fait lors d’une randonnée dans un parc naturel et c’était super excitant.»

S’il y a un endroit où Théo, 18 ans, aime bien aller, c’est sur des sites pornos. Pour lui, il n’y a pas de meilleur cours d’anatomie. Il avoue passer, en moyenne, une heure par jour à mater vidéos où l’on voit des «parties de jambes en l’air». De nature timide, il a cependant du mal à aborder les représentantes de l’autre sexe. Alors «il m’arrive souvent de me faire plaisir tout seul. J’ai fait des recherches sur le Net et ils disent que c’est un besoin tout à fait naturel». Son kif serait de se retrouver au lit avec deux «meufs» ou plus. Les temps changent, certes, mais pas les fantasmes. Pour «gagn inpe toupe», pour prendre du galonet se désinhiber, ce jeune homme à la gueule d’ange n’hésite pas à faire appel à la bouteille. «Je ne suis pas à l’aise face à une fille que j’ai à la bonne. L’alcool m’aide à déstresser, je vais vers la personne plus facilement.»

Si les ados interrogés abordent assez facilement la question du corps à corps, la langue des enseignants, par contre, peine à se délier. Après avoir croisé la route de six adultes non consentants, un prof de mathématiques a finalement accepté de nous dévoiler les secrets de la cour de récré. «Je travaille dans un collège où il n’y a que des filles. De soi-disant lesbiennes, qui ont du mal à dissocier la mode et la sexualité, n’hésitent pas à se rouler des pelles sous le préau, devant nos yeux, confie-t-il. Les valeurs comme le respect se perdent. Parfois, on ne sait vraiment plus à quel saint se vouer. Quand moi j’étais élève, je faisais l’école buissonnière, certes. Mais aujourd’hui, je suis certain que si les buissons pouvaient parler, ils auraient beaucoup plus de choses à raconter…»

Autre question qui obsède: à quel âge les ados sont-ils actifs ? «Je ne veux pas dire de bêtise mais j’ai l’impression que le batifolage commence dès 11-12 ans. De nos jours, les choses sérieuses démarrent dès 14 ans, voire moins, que ce soit pour les filles ou les garçons.» Résultat, selon lui, « les grossesses précoces sont légion».

La contraception, justement, l’a-ton envoyée brouter du gazon ? «J’utilise des préservatifs, j’aime bien ceux qui sont fruités, ça me rappelle mon gloss à lèvres. J’ai essayé le diaphragme mais ça me gêne. Il m’est arrivé toutefois de le faire sans protection et de prendre la pilule du lendemain. Oui, oui, et pas la peine de me sortir le bla-bla sur les MST et le sida, j’suis au courant», prévient Nanou (prénom modifié) qui a fêté ses 16 ans en avril. Son hymen a volé en éclats, poursuit-elle, quand elle avait 14 ans. «Il ne faut pas mentionner mon vrai nom, même pas mon vrai prénom, comme ça je peux vous confier un truc…» On est tout ouïe. «Je n’aime pas vraiment faire l’amour. C’est pas comme dans les films et, contrairement aux actrices ou à ce que racontent mes amies, je n’atteins pas le septième ciel. Mais mon copain ne doit pas le savoir.» Si elle se force, si elle simule, c’est pour que «li pa kit mwa ou al fer sa avek enn lot». Jusqu’où serait- elle prête à aller pour le retenir ? «Je sais qu’il aimerait bien entrer par la porte de derrière mais j’ai peur d’avoir mal. Mo byen kontan mo kopin, dezan nou ansam, li mem ti mo premye.»

Tiens, on l’avait oublié, celui-là. L’amour avec un grand A a-t-il été remplacé par le sexe et son grand S ? « Je rêve toujours de mon prince charmant. J’attends de trouver le bon pour me donner à lui. Mes amis se moquent de moi et m’ont surnommée la bonne soeur parce que je suis toujours vierge à 19 ans », admet pour sa part Lorina (prénom modifié), étudiante en première année de communication. Et d’ajouter : «Il y a la petite soeur d’une amie qui a 12 ans et qui l’a déjà fait avec son copain de 14 ans. Je trouve que faire l’amour à cet âge-là, c’est contre-nature, immoral et indécent !» clame la jeune femme, indignée. «Si ses parents savaient ça, ils feraient une attaque, les pauvres diables.»

L’occasion d’aller rendre visite aux parents, qui, pour certains, vivent un véritable enfer. «Pa koze. Mo garson fer mwa trouv set zekler.» Ah ? «Li ena 15 an e li pas so lavi ek kamarad. Zot al dan diskotek e souvan zot amenn tifi lakaz. Bann mamzel la pli vagabon ki garson aster», estime Luxmee, mère au foyer. Oui, mais elle a été jeune aussi, non ? «Sorry, mo lepok pa ti koumsa. Ti ena kopin, wi, me nou ti ena respe pou nou gran dimoun. Zordi, zenespena manyer koze, zot bwar, fime, fer maleleve boner boner !»

Jean-Marc, lui, prend la chose avec philosophie. «Les jeunes d’aujourd’hui, il faut les prendre avec des pincettes, leur parler et surtout les écouter. L’année dernière, ma fille de 16 ans a dévoré le bestseller 50 Shades of Grey qui traite du sadomasochisme. Je me suis dit qu’au moins, elle lisait un bouquin !» Pour ce quadragénaire, «on aura beau essayer de les contrôler, on n’y arrivera pas. A l’heure d’Internet, du porno, des smartphones et de l’ouverture sur le monde, il faut avoir des dialogues francs, venir à bout des tabous. Pas la peine de les brider, ça ne fera que les braquer.»

C’est bien beau tout ça, mais il ferait quoi s’il s’apercevait que son bébé attendait un bébé ? « Je n’aurais d’autre choix que de l’accepter, même si je pense que l’avortement doit être complètement légalisé pour toutes celles qui ne sont pas prêtes à faire des enfants, au lieu de gâcher plusieurs vies. » Et puis, « il est normal que les ados veuillent s’amuser. Il faut juste essayer de leur apprendre à ne pas dépasser les limites. De ce côté-là, rien n’a changé. Il faut bien que jeunesse se passe…

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