Riz et budget, priorités économiques de la junte thaïlandaise

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Trois jours après avoir pris le pouvoir, l’armée thaïlandaise s’est fixé dimanche deux priorités sur le plan économique: le versement par l’Etat des arriérés de paiement dus aux riziculteurs dans le cadre d’un programme subventionné, et l’élaboration urgente d’un budget pour l’année fiscale 2015.

Les militaires ont pris jeudi le contrôle du gouvernement, justifiant ce coup d’Etat par la nécessité de rétablir l’ordre après six mois de violentes contestations politiques et de procéder à des réformes institutionnelles. Ils ont consolidé leur emprise en procédant samedi à la dissolution du Sénat, la seule assemblée législative qui fonctionnait encore dans le pays.

Dimanche, l’accent a été mis sur l’économie, qui s’est contractée de 2,1% au premier trimestre, sans perspective de redressement dans un proche avenir. «L’économie doit reprendre. Si quelque chose ne va pas, nous devons trouver rapidement des solutions», a déclaré le général Prayuth Chan-ocha, chef d’état-major des armées, à une soixantaine de responsables convoqués à une réunion, selon Thawatchai Yongkittikul, secrétaire général de l’Association des banquiers thaïlandais.

Les dépenses de consommation de la deuxième économie d’Asie du Sud-Est sont au point mort, les investissements de l’Etat stagnent, le moral des consommateurs est en berne et les troubles politiques font fuir les touristes. Le pays prévoit que le nombre de visiteurs étrangers tombera cette année à son plus bas niveau depuis cinq ans, alors que le tourisme représente 10% du PIB.

«Les dossiers les plus brûlants qu’il faut régler sont le système de subventions pour le riz et le projet budgétaire pour l’année fiscale 2015», a précisé Thawatchai Yongkittikul. Le programme subventionné à la riziculture, instauré par Yingluck Shinawatra après son accession au pouvoir en 2011, permet de verser aux cultivateurs un prix d’achat supérieur à celui du marché. Il a permis d’accroître le revenu de la population rurale mais empêche le gouvernement de vendre son riz sur les marchés d’exportation sans encourir de lourdes pertes, ce qui conduit à une accumulation des stocks.

Les subventions ont coûté des milliards d’euros à la Thaïlande et Yingluck a été inculpée au début du mois par l’agence anticorruption pour négligence dans la gestion du programme.

L’Etat doit encore l’équivalent de 1,8 milliard d’euros aux riziculteurs et le remboursement de ses dettes constituerait un succès indéniable pour les militaires.

Somchart Soithong, directeur général du département du commerce intérieur au ministère du Commerce, a déclaré que la junte comptait verser dans un délai d’un mois 90 milliards de bahts, soit 2 milliards d’euros, aux cultivateurs.

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