L’avènement du BJP appelé à relancer les accords avec l’Inde

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«Il faut créer les conditions pour que les négociations entre l’Inde et Maurice soient relancées prochainement en vue de la conclusion d’un accord de libre-échange économique», indique d’emblée Assad Bhuglah, directeur de l’International Trade Division du ministère des Affaires étrangères. Ce dernier traduit par là les attentes mauriciennes après l’élection de Narendra Modi en Inde. 
 
Assad Bhuglah soutient qu’un gros travail avait déjà été fait à l’époque entre les techniciens  des deux pays en ce qui concerne cet accord de coopération, plus particulièrement s’agissant de la composante liée aux exportations de marchandises. «Il faut oeuvrer pour obtenir un ‘early harvest’ de cet accord de libre-échange et ensuite continuer les négociations autour des services financiers», dit-il. 
 
Et d’ajouter que les discussions en vue de la signature d’un accord de partenariat économique ont été interrompues en 2007 suivant le deadlock autour des services financiers. En fait, les techniciens indiens avaient souhaité à l’époque que l’accord de Double Taxation Avoidance Treaty (DTAT) soit renégocié avant de reprendre les discussions sur la composante «services» du Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA). 
 
Entre-temps, les deux parties ont préféré ne pas donner suite aux discussions sur cet accord de coopération économique. «Si éventuellement les deux parties arrivent à tomber d’accord et procèdent à la signature d’un accord de libre-échange, c’est un marché immense qui s’ouvre aux exportateurs mauriciens, notamment au niveau des produits textiles, les boissons alcoolisées et les sucres spéciaux», explique un spécialiste des relations indo-mauriciennes. 
 
En effet, cet accord devait  permettre à l’époque aux opérateurs économiques d’écouler sur le marché indien trois millions de pièces de produits textiles sans droits de douane. Toutefois, cet accord était assorti de certaines conditions, à savoir qu’un million de pièces doivent être confectionnées avec des matières premières importées d’un pays tiers alors que pour les deux autres millions, ce sont des matières premières provenant exclusivement de la Grande péninsule. Pour l’heure, l’on ne connaît pas la position du BJP, mais dans les milieux concernés, l’on attend la composition du nouveau gouvernement avec, fort probablement, Arun Jaitley aux Finances. 

Les attentes mauriciennes

Pour l’heure, les opérateurs économiques s’attendent à ce que le ministère des Affaires étrangères fasse une première démarche diplomatique en envoyant une équipe pour mieux comprendre la position du nouveau gouvernement sur un certain nombre de dossiers qui restent en suspens. Notamment dans le secteur du Global Business où l’incertitude règne toujours par rapport au traité fiscal. 
 
Le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, s’attend de son côté à ce que l’Inde regagne la confiance des investisseurs afin de redonner de la valeur à sa roupie qui a perdu plus de 30% ces dernières années. «L’Inde est bien partie pour une reprise économique, voire un niveau de croissance suffisamment forte pour lui redonner sa place parmi les grandes puissances économiques mondiales», affirme-t-il. Les choses devraient s’éclaircir très prochainement avec les premières mesures économiques du gouvernement Modi. Mais il ne faut que les autorités perdent de vue des priorités de BJP. Celui- ci aura à créer d’abord un feel-good factor nécessaire pour rassurer la population et sa communauté des affaires. 
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