Accaparement des plages: les projets se multiplient, les opposants impuissants

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Sur la plage de La Cambuse, c’est un projet hôtelier qui se prépare. 

«Je suis sollicité de partout, je cours sans cesse à droite et à gauche. Mais rien n’y fait, les cas d’accaparement des plages publiques continuent à se multiplier», lance Georges Ah-Yan, président de la plateforme Sov Nu Laplaz. Ce dernier cite en exemple cette piscine pieds dans l’eau, dont la construction avait commencé au début de l’année à Trou-aux-Biches, à moins de trente mètres de la ligne de marée haute. Malgré un ordre d’interdiction émis par le ministère du Logement et des Terres, les travaux se sont poursuivis de plus bel.

 «Nous avons alerté les officiers du ministère, mais ils ne sont jamais venus, témoigne Jacky Alexandre, conseiller du village de Trou-aux-Biches. Et il n’y a pas seulement la piscine : ils sont aussi en train de construire un mur de 1 mètre de haut carrément sur la plage. Nous ne savons plus à quelle porte frapper…» Nous avons tenté de joindre le ministre du Logement et des Terres, Abu Kassenally, pour une réaction. En vain.

 Malgré un ordre d’interdiction émis en juin par le ministère du Logement et des Terres, les travaux pour construire cette piscine pieds dans l’eau à Trou-aux-Biches se sont poursuivis.

Les plages publiques du nord de l’île ne sont pas les seules à être menacées. La plage publique de La Cambuse, par exemple, sera bientôt amputée d’un arpent. Se dressera sur ce terrain un nouveau poste pour les gardes-côtes de la région. L’actuel se trouve sur une zone où sera construit un hôtel de 192 chambres et de 66 villas individuelles.

«C’est une plage magnifique qui est très appréciée dans les alentours. Les habitants d’une dizaine de villages de la région viennent s’y détendre, car c’est la seule plage publique à 10 km à la ronde. Maintenant, le public devra se contenter d’une zone rocheuse pour se baigner», critique Georges Ah-Yan. Mais la résistance s’organise déjà. Les représentants des forces vives de la région et de la plateforme Sov Nu Laplaz comptent solliciter les services d’un arpenteur pour identifier plus clairement l’ampleur de la réduction. Un premier pas vers une éventuelle contestation judiciaire, confie le président de Sov Nu Laplaz.

Ces deux cas ne sont qu’une goutte d’eau dans le vaste océan des plages publiques accaparées, souligne ce dernier. «A Rivière-Noire, il y a un autre cas dont on m’a parlé. Et le 25 mai, nous organisons une manifestation pour contester l’accaparement de 2 km de plages à Belle-Mare. A Grand-Gaube, aussi, nous nous battons contre un projet immobilier qui s’étendra sur 45 arpents !»

Les autorités ont le devoir de veiller au respect de la loi concernant les constructions sur les côtes, estime Jacky Alexandre. «On est là juste pour alerter l’opinion, mais nous n’avons pas grands pouvoirs face à ces choses. Il est grand temps de mettre un ordre dans tout cela, parce que c’est de plus en plus l’anarchie», s’exclame-t-il.

Georges Ah-Yan, de son côté, affirme que seule une «décision politique» pourra mettre un terme aux abus à ce niveau. «Il faut absolument que les partis politiques aient une section sauvegarde des plages dans leur programme, soutient-il.S’ils ne prennent pas cet engagement, j’ai peu d’espoir pour l’avenir de nos plages

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