Référendum d'autodétermination dans l'Est de l'Ukraine

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Les Ukrainiens de l'Est ont commencé à voter dimanche lors d'un référendum d'autodétermination organisé dans un contexte de tension croissante, avec une reprise des combats entre séparatistes pro-russes et forces loyales au gouvernement de Kiev dans certains secteurs.

Des heurts ont été signalés dans la nuit autour d'un bâtiment de la télévision dans les environs de Slaviansk, bastion rebelle le plus lourdement défendu.

Les affrontements ont repris dans la matinée juste avant l'arrivée des premiers électeurs, qui ont dû se frayer un chemin pour parvenir aux bureaux de vote près avoir contourné maintes barricades et amoncellements de pneus et d'arbres abattus.

"Je voulais venir aussi tôt que possible. Nous voulons tous vivre dans notre propre pays", commentait Zhenya Denyesh,un étudiant de 20 ans rencontré au bureau de vote de l'université, un bâtiment de trois étages en verre et béton.

Mais pour lui, après le vote "ce sera toujours la guerre".

Les électeurs des régions de Donetsk et Louhansk, laquelle s'est déclarée "République populaire", devaient répondre à la question, inscrite en ukrainien et en russe sur les bulletins de vote : "Soutenez-vous la proclamation d'autodétermination de la République populaire de Donetsk ?"

Les autorités de Kiev considèrent le scrutin illégal. L'appel à le reporter lancé mercredi par le président russe, Vladimir Poutine, n'a pas été suivi d'effet.

À Marioupol, une ville de 500.000 habitants théâtre de combats particulièrement violents ces derniers jours, seuls quatre bureaux de vote ont été ouverts.

Dans un centre de vote, des urnes ont été sorties dans la rue par les autorités et placées contre un mur.

"Une certaine autonomie"

Rencontré dans une file d'attente, Sergueï, un ingénieur de 33 ans, a dit qu'il voterait "oui". "Nous sommes tous pour l'indépendance de la république de Donetsk", dit-il. "Cela veut dire laisser derrière nous ce gouvernement fasciste, pro-américain (de Kiev) qui n'apporte rien de bon à personne."

Dans la même file d'attente, Irina, 54 ans, estime que voter "oui" est un vote d'autonomie au sein de l'Ukraine.

"Je veux que Donetsk dispose de son propre pouvoir, d'une certaine forme d'autonomie, séparée de Kiev. Je ne suis pas contre une Ukraine unie, mais pas sous ces gens qu'on n'a pas choisis, qui se sont emparés du pouvoir et vont ruiner le pays."

La rébellion dans l'Est ukrainien a commencé peu après l'éviction en février par les manifestants pro-occidentaux à Kiev du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, qui s'est réfugié en Russie.

Certains voient dans un vote "oui" comme une acceptation de l'autonomie au sein de l'Ukraine, d'autres estiment qu'il équivaut à un vote pour l'indépendance et d'autres à un "oui" à la Russie, comme ce qui s'est passé en Crimée, en mars.

Une sécession de Donetsk et Louhansk, régions sidérurgiques et houillères qui représentent 16% du PIB ukrainien, porterait un nouveau coup à Kiev après l'annexion de la Crimée.

L'Allemagne et la France se sont dites favorables à un durcissement des sanctions contre la Russie en cas de déstabilisation du pays.

En ce qui concerne les affrontements autour de Slaviansk, le ministère de la Défense a indiqué que ses forces qui gardaient un bâtiment de la télévision avaient été attaquées par des rebelles et qu'un militaire avait été blessé dans les combats.

Selon Sergueï, un combattant, ce sont au contraire les forces ukrainiennes qui sont responsables des combats. "Elles essaient sans doute de dissuader les gens de voter, dit-il. Mais ça ne marchera pas."

Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 08h00 (05h00 GMT), fermeront à 22h00 (19h00 GMT). Le dépouillement se fera dans la nuit et les résultats seront envoyés à Donetsk lundi matin.

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