On a testé: Le B’ à Antananarivo

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Après plusieurs longues années et des milliers de kilomètres d’exil, j’étais finalement de retour à Tana. Et un ami fidèle, un Mauricien devenu malgache, tenait absolument à me faire découvrir le B’, un restaurant branché du quartier des affaires où l’on mange de la bonne gastronomie française agrémentée de saveurs locales. Ça tombait bien, j’étais en manque du foie gras de Madagascar, arrosé d’un grand cru d’Antsirabe ou de Fianarantsoa...

HEURE. Les voyages d’affaires sont toujours tellement denses que vous n’êtes jamais à l’heure pour dîner tranquillement. Heureusement, ici, on peut manger jusqu’à fort tard. Nous débarquons, sans réservation, bien après 21 heures, et on nous accueille avec un sourire authentique.

AMBIANCE. Une fois à l’intérieur, on est immédiatement coupé du tohu-bohu de la capitale. On se croirait presque en Thaïlande. Le décor est zen et sophistiqué, mais avec des touches malgaches telles que le bois de rose de l’immense bar. Plus loin trône un majestueux Bouddha en position assise, tout en bois lui aussi, qui donne son nom au restaurant. Jeux de lumière feutrée à l’intérieur, terrasse qui donne sur une petite cour extérieure, de hautes chaises royales en fer forgé qui rappellent le règne de Radama II. Jean-Marc B., le propriétaire français, arbore un vrai sourire qui fait semblant de vous connaître depuis toujours et les serveurs vous saluent comme de fervents disciples salueraient Bouddha.

SERVICE. Aussitôt assis, aussitôt

servi. C’est pour cela qu’on s’est installés au bar pour prendre l’apéro. Notre serveuse a déjà réservé notre table pour dîner. Une bière « petit modèle » pour nous rafraîchir. Quelques personnes fument. Cela faisait longtemps que je n’avais pas fumé à l’intérieur d’un restaurant, et les cendriers sont là pour ça ! A peine le temps de dénicher une clope au fond

de la sacoche que la serveuse a déjà allumé le feu avec son stylo attaché à un briquet (pour ne pas perdre ces précieux outils de travail, me dit-elle en souriant). On se croirait comme auparavant, à Maurice, quand les fonctionnaires fumaient dans les bureaux (avec les ventilateurs qui vous renvoyaient les cendres à la figure) et les collégiens dans le bus ou au cinéma, loin des yeux des parents !

LE REPAS. Une fois à table, on nous sert deux Ipad ! Le menu est présenté sur écran tactile. On clique sur la photo : le descriptif du plat est là, tout en couleur. Comme entrée, j’opte bien évidemment pour une verrine à base de foie gras avec des légumes. C’est frais et le goût exquis est rehaussé par un chutney de mangue sur un simple bout de pain grillé. Pour le plat principal, ce sera un magret de canard bien bombé. Mon ami commande la même chose et une bouteille de vin rouge. Les plats sont tellement délicieux qu’on n’a même pas causé, alors qu’on avait tellement de choses à se raconter (naissance de gosses, voyages, crises politique ou personnelle). C’est la fatigue et l’émotion aussi. Et peut-être le fait qu’on a commandé, en digestif, quatre rhums arrangés à la vanille, sans café…

VALUE FOR MONEY. On est ressortis du restaurant avec une facture d’environ deux mille quatre cent roupies, le ventre et l’esprit en paix. Dans la rue, sur la route de l’hôtel, des centaines de personnes dorment à même la rue, sous des morceaux de plastique...

PROCHAINE VISITE. Bien que le restaurant ait été à la hauteur, je ne suis pas sûr d’y retourner. Car je vais rarement à Madagascar, qui regorge d’autres excellents restaurants gastronomiques. Et mon ami a d’autres endroits à me faire découvrir. Vous aussi d’ailleurs !

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