Fermeture de la route de Macondé: les habitants préfèrent la marche aux navettes

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Emprunter la route de Macondé à pied signifie une marche de 40 à 45 minutes pour rejoindre l’autre rive. Malgré la chaleur et les risques d’éboulements, beaucoup s’y aventurent.

Emprunter la route de Macondé à pied signifie une marche de 40 à 45 minutes pour rejoindre l’autre rive. Malgré la chaleur et les risques d’éboulements, beaucoup s’y aventurent.

La solution prévue par les autorités ne semble guère convenir aux habitants de Baie-du-Cap et du Morne depuis la fermeture de la route de Macondé. Des risques d’éboulements ont été mis à jour depuis l’effondrement d’un rocher sur cette portion de route le samedi 26 avril. Des navettes ont été mises à la disposition des habitants pour pallier à cette fermeture. Néanmoins, la desserte serait irrégulière. Et comme l’interdiction d’emprunter la route de Macondé ne s’adresse qu’aux véhicules, les habitants prennent le risque de traverser celle-ci à pied, ce qui relève du parcours du combattant pour beaucoup d’entre eux.
 
«Ti dir pou met navet me sa ousi pa trouve», lance une habitante, qui ne cache pas son mécontentement. De plus, les navettes passent par Chamarel, et ce trajet n’est pas vu d’un bon oeil par nombre de résidants.

Autre route, mêmes dangers

«Passer par Choisy, Chamarel est un grand détour, et cette route est tout aussi dangereuse car elle est sujette aux chutes de pierres aussi. Il faudrait une action plus rapide. Il faudrait aussi que les autorités soient sur le terrain afin de comprendre toute l’ampleur de la situation», fait valoir Josique Radegonde, députée de la région qui suit de près le dossier.
 
Dès lors, les habitants préfèrent passer près des falaises de Macondé à pied. Les autobus font descendre les passagers du côté de La Prairie, juste à l’entrée du pont, et ceux-ci traversent la route pour se rendre à Baie-du-Cap. De là, ils reprennent l’autobus pour accéder à d’autres régions. Des barrières ont été installées pour interdire la route de Macondé aux véhicules, et des officiers de police surveillent les deux points d’accès. «D’ailleurs, même les gens ne devraient pas y avoir accès, mais ils s’entêtent et y vont à leurs risques et périls», souligne l’un des officiers sur place.
 
Le tronçon de route (indiqué par les flèches) est interdit aux véhicules, ce qui n’empêche pas les habitants de s’y aventurer.
 
 
Pourtant, les habitants sont eux-mêmes conscients de la difficulté de ce parcours. Sewal Geerdharry, sexagénaire et handicapé, en témoigne : «C’est un gros problème pour moi de traverser ce tronçon-là. De plus, il faut attendre 40 à 45 minutes pour avoir un autobus». Quant à Marlène Labonne, qui habite La Gaulette mais qui a été faire ses courses à Chemin-Grenier, elle emprunte la route de Macondé péniblement, chargée de lourds sacs.
 
Devant cette situation, les habitants et habitués de cette zone ont manifesté mardi, à Baie-du-Cap. Ils souhaitent une voie plus sûre que celle de Chamarel, ou bien le rétablissement du trajet passant par la route de Macondé. Ils suggèrent d’utiliser la voie maritime afin d’éviter les dangers de chutes de pierres sur les deux routes.
 
Ayant pris connaissance des doléances des habitants, un officiel proche du dossier au ministère des Infrastructures publiques rejette d’emblée la suggestion de voie maritime. «Ce n’est pas envisageable, parce qu’il faudrait une longue étude de faisabilité. De plus, cette zone est dangereuse par temps venteux.»
 
Il explique que des experts japonais étudient les rochers les plus à risque afin de les sécuriser. Entre-temps, l’officiel invite les habitants à prendre leur mal en patience et à utiliser la route intermédiaire via Chamarel, en attendant que la route de Macondé soit sécurisée.
 
Quoi qu’il en soit, beaucoup d’élèves fréquentant les collèges et écoles d’un côté ou de l’autre du pont ont des difficultés pour arriver à l’heure. Il en est de même pour les travailleurs. Le matin, les autobus sont bondés et il y a aussi un long intervalle entre les départs.
 
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