Réforme électorale: le NESC déplore la politisation des débats

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Radakrishna Sadien, le président du NESC, regrette que des questions d’alliances et de partage de pouvoir aient reléguées au second plan le débat sur la réforme électorale.

Radakrishna Sadien, le président du NESC, regrette que des questions d’alliances et de partage de pouvoir aient reléguées au second plan le débat sur la réforme électorale. 

«La population n’est pas impliquée» dans le débat sur la réforme électorale, estime Radakrishna Sadien, président du National Economic & Social Council. Il intervenait lors d’un point de presse du conseil, ce jeudi 8 mai, lors duquel les membres ont fait part de leurs recommandations et observations sur la réforme. Un mémoire compilant ces propositions et critiques a été déposé au bureau du Premier ministre dans les délais prescrits.
 
Selon le président de ce conseil indépendant, «il faudrait sensibiliser davantage la population au sujet de la réforme électorale, qui est une question très importante pour le pays. Malheureusement, actuellement, le débat se résume aux alliances et aux partages de pouvoir».
 
Radahkrishna Sadien a profité de l’occasion pour rappeler que des propositions sur le sujet avaient déjà été faites par le NESC en 2012. Déjà, à l’époque, le conseil prenait position pour une refonte du système de «first past the post», à cause du risque qu’un parti se retrouve sans opposition au Parlement. «Il faut une dose de représentativité proportionnelle», a indiqué le président.

La création d’un sénat proposé

Dans la même optique, le conseil a proposé la mise en place d’un système à deux chambres, comme c’est le cas dans certains pays. «Nous proposons la création d’un sénat, car il y a un certain nombre de groupes qui n’arrivent pas à se faire entendre au niveau national», a souligné Radakrishna Sadien. Ce sénat devrait, selon le NESC, être composé notamment de représentants des jeunes, des personnes âgées, des femmes, des handicapés et des travailleurs. Certains membres du conseil ont suggéré que ce sénat fonctionne de la même façon que le NESC, dont les membres viennent de différents secteurs et qui est indépendant.
 
Autre sujet abordé : le financement des partis politiques. «Toutes les organisations sont dûment enregistrées à Maurice, a fait valoir Radakrishna Sadien, sauf les partis politiques. Alors qu’on parle de plus en plus de transparence et de bonne gouvernance, les partis doivent montrer l’exemple.»
 
Radakrishna Sadien a aussi fait état de l’importance d’avoir des «institutions qui soient vraiment indépendantes», tout en indiquant que le conseil insiste «de manière assez forte» sur ce point. Dans la foulée, il a commenté quelques questions fondamentales de la réforme électorale, notamment le Best Loser System (BLS). Le président du conseil a demandé à ce qu’il soit aboli, en précisant que «la Constitution doit favoriser l’unité nationale, et non diviser».

Redécoupage des circonscriptions

Le conseil s’est aussi prononcé pour la promotion «de la démocratie participative» à travers un seuil d’éligibilité à la proportionnelle de 5%. Maurice ayant trop de députés au Parlement comparativement à sa population, Radakrishna Sadien a également confié que le NESC préconise que le nombre d’élus à la proportionnelle ne doit pas dépasser 16. 
 
En s’appuyant sur des chiffres qui démontrent que certaines circonscriptions se retrouvent avec le même nombre de députés que d’autres qui contiennent plus d’habitants, Radakrishna Sadien affirme qu’un redécoupage des circonscriptions est souhaitable. Le conseil est toutefois d’accord avec l’idée d’augmenter à 30 % le taux de représentativité féminine, ce qui est «en ligne avec les recommendations de la SADC», a indiqué le président. 
 
Par ailleurs, le conseil pense que la question de la réforme constitutionnelle doit être mandatée par la population, ce qui n’est pas le cas de la réforme électorale selon lui. Ce qui signifie que toute modification à la Constitution apportée par un gouvernement doit d’abord être avalisée par la population.
 
La réforme électorale peut quant à elle être sujette à un référendum, mais ne nécessite pas d’élections. «Une commission indépendante mise sur pied pour s’occuper uniquement de cette question aurait fait l’affaire», argue Radakrishna Sadien.
 
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