Le MMM sans Paul… mais avec Emmanuel ?

Avec le soutien de

Emmanuel Bérenger, cité à plusieurs reprises par son père durant l'assemblée des délégués du 1er mai, sera-t-il le prochain leader du MMM malgré ses réticences ?

Nombreux sont ceux qui semblent avoir capté le message subtil de Paul Bérenger. À plusieurs reprises durant son discours à l'assemblée des délégués du 1er mai, ce dernier a cité le nom de son fils comme étant celui à qui il a fait part de ses réflexions sur l’avenir du MMM… C’était en janvier, en pleine crise, au temps où son cœur balançait encore entre le Mouvement socialiste militant et le Parti travailliste.

Pour des lieutenants du Lider Maximo, il n’y a pas l’ombre d’un doute : même si Emmanuel Bérenger est contre l’idée de prendre les rênes du parti au détriment des caciques, il devra se faire une raison au moment opportun. « Ce sera sans doute chose faite d’ici à 2015 », prévoit un fidèle de Paul Bérenger.

Le pavé d'Ivan

Si la question de trouver un remplaçant au leader des Mauves surgit, c’est surtout à cause du pavé lancé dans la mare par Ivan Collendavelloo. Pour l’ex-leader-adjoint qui vient de démissionner des instances mauves à cause des pourparlers de son chef de file avec Navin Ramgoolam, Paul Bérenger doit « se mettre en retrait ».

Des inconditionnels de Paul Bérenger au MMM ont beau protester, arguant que celui-ci est indissociable du parti, d’autres, plus pragmatiques, estiment que les propos d’Ivan Collendavelloo méritent réflexion. Et que le meilleur remplaçant ne peut qu’être que le fils de Paul Bérenger. Ce sera aussi l’occasion de « rajeunir » le parti, justifie un aficionado.

«Si le MMM va seul aux prochaines élections et qu’Emmanuel se porte candidat, on sera là pour l’encadrer », explique un cacique. «Paul n’a pas l’intention de lui laisser un héritage. Emmanuel, c’est vrai, n’a aucune expérience. Son père va faire de sorte à ce qu’il apprenne les rouages à la dure», ajoute notre interlocuteur.

D’autres lieutenants, plus à cheval sur les statuts du MMM, vocifèrent contre le fait que Paul Bérenger «prépare le terrain» pour son fils. Malheureusement, ces «contestataires» ne font du bruit qu’en comité restreint. Face au leader, ils restent muets. «Pena personn a par Alan Ganoo ek Ivan Collendavelloo ki kapav ranplas li», s’exclame l’un d’eux.

Les noms d’anciens militants ayant dû croiser le fer avec Paul Bérenger ont bien été cités comme remplaçants probables lors du congé de celui-ci l’an dernier. Mais s’ils font certes le poids, leur âge, en revanche, ne joue pas en leur faveur.

Procès en dynastie

Les uns n’auraient pas la carrure, alors que les autres ne seraient pas politiquement «bien nés», décortique un cadre… «Ivan Collandevelloo a peut-être fait un coup d’éclat en démissionnant. Sur le terrain, il ne pèse rien. Il n’a aucun charisme. Il ne pourra remplacer le leader. Paul Bérenger a bien fait le ménage autour de lui », poursuit-il.

«Moi, je ne vois pas le MMM sans Paul Bérenger. Il y a des gens compétents au sein du parti, mais tant qu’il est là, on n’a pas à se poser cette question», déclare un membre du bureau politique. Et d’ajouter que «Paul Bérenger n’a jamais insisté pour qu’il soit remplacé par son fils. La décision revient en fait à Emmanuel», souffle-t-il.

Dans l’entourage du jeune homme, l’on explique que les propos du père ont mis celui-ci «mal à l’aise». «Emmanuel craint le procès en dynastie, il estime que le poste de leader ne lui est pas dû, mais qu’il se mérite. Aujourd’hui, il ne se voit pas en avant-plan, il cherche encore comment aider au mieux le parti. Il se voit plutôt dans un rôle à la Sonia Gandhi : en militant back-office», explique une source.

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