Bérenger raconte sa «rupture définitive» avec Ramgoolam

Avec le soutien de
Fini le temps des «koz kozé», Bérenger annonce qu’il ne rencontrera plus le PM.

Fini le temps des «koz kozé», Bérenger annonce qu’il ne rencontrera plus le PM. 

Ce sont deux conditions «inacceptables» imposées par Navin Ramgoolam qui ont sabordé les discussions sur la réforme électorale et la IIe République, a indiqué Paul Bérenger ce vendredi 25 avril après le bureau politique du MMM. Après avoir fait état de son énervement suite à la rencontre d’hier à la Clarisse House, le leader des mauves a longuement expliqué les raisons du couac.
 
En premier lieu, la position du Premier ministre sur le seuil d’éligibilité des députés à la liste proportionnelle a irrité le leader de l’opposition. Celui-ci a rappelé que le Parti travailliste avait fixé ce taux à 10 % dans le White Paper, avant d’affirmer que suite «au tollé de la population qui estimait ce seuil trop fort», le MMM a proposé 8 %.
 
«Hier, Ramgoolam a proposé 8,5 % plus un élu, a confié Paul Bérenger. Ca m’a beaucoup énervé, parce que le but était d’éviter qu’il n’y ait de 60/0. Mais c’est impossible de le faire en exigeant un élu !» Cette proposition a «dégoûté» le leader de l’opposition, qui, dit-il, a «compris» à ce moment que le PM n’était «pas sérieux».
 
Voici un extrait de la conférence de presse de Bérenger.
 
«Et maintenant, s’exclame Bérenger, il annonce qu’il n’y aura pas de loi sur la réforme électorale avant les prochaines élections ! Mais pourquoi a-t-il décidé d’ajourner le Parlement pour un mois afin d’entamer des discussions sur la réforme dans ce cas ?» Le chef des mauves, qui a retrouvé à cette occasion toute sa véhémence à l’égard du chef du gouvernement, a soutenu que «de toutes façons, il va perdre les élections».
 
Selon Paul Bérenger, la question est maintenant de savoir comment réagira le Comité des droits de l’homme des Nations unies à propos du comportement «enfantin» du Premier ministre mauricien. 
 
Le second point de désaccord, le plus important, celui qui a définitivement enrayé les discussions entre les deux hommes, concerne le mode d’élection du Président de la IIe République. Le leader du MMM n’a pas accepté que Navin Ramgoolam demande que le chef de l’Etat soit élu au suffrage universel. «Ce n’est pas possible dans un pays multiethnique comme le nôtre», a-t-il fait valoir, en précisant que cela pourrait créer des tensions communales dans le pays, voire des bagarres raciales. 
 
D’après le chef de l’opposition, Navin Ramgoolam était tout à fait d’accord sur ce point lors de leur rencontre précédente à la Clarisse House. «Il avait accepté notre argument, et voilà qu’il fait machine arrière ! Li pas serye ditou boug la», a lancé Paul Bérenger. 
 
Ces grains de sables proéminents ayant compromis les négociations, le Bureau politique du MMM a décidé la «rupture définitive» avec Navin Ramgoolam et le PTr. Cette décision devra être avalisée par le comité central du MMM, qui se réunira demain après-midi. «Tou letan noun dir : nou pa pou fer alyans si li pa lor baz nou program, a maintenu le patron des Mauves. Aujourd’hui, nous nous préparons à aller aux élections tous seuls et à les gagner !» 
 

Le Remake à renégocier ? 

 
Paul Bérenger a aussi confirmé la fin du Remake, du moins tel qu’il existe actuellement. Soit un partage 30/30 des tickets parlementaires et deux Premiers ministres qui auront un mandat de deux et trois ans. S’il ne s’est pas dit contre une renégociation de ces termes, il a soutenu que le MMM ne compte pas courir «à gauche et à droite» pour créer des alliances.  
Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires