Bérenger-Ramgoolam: ce qui a fait capoter l'accord

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Navin Ramgoolam et Paul Bérenger à la Clarisse House hier, à l’issue d’une réunion qui aura duré plus de deux heures.

Navin Ramgoolam et Paul Bérenger à la Clarisse House hier, à l’issue d’une réunion qui aura duré plus de deux heures.

Un macadam surgi de nulle part a enrayé, hier, jeudi 24 avril, la mécanique de l’alliance en chantier entre le PTr et le MMM. Du coup, le projet de réforme constitutionnelle est abandonné et une reconfiguration du paysage politique se dessine.

Alors que la rencontre entre le Premier ministre et le leader de l’opposition à Clarisse House hier était bien entamée, un grain de sable a donné une tournure inattendue à l’événement. Les deux leaders abordaient la question d’une deuxième république quand Navin Ramgoolam a subitement réclamé que le président soit élu au suffrage universel.

Paul Bérenger s’est prononcé résolument contre cette éventuelle disposition. Navin Ramgoolam argue qu’un président avec des pouvoirs accrus doit rendre des comptes à l’électorat tandis que Paul Bérenger estime qu’un affrontement frontal entre deux candidats pour le poste de président constitue une «bombe à retardement» pouvant exacerber les sentiments communaux dans le pays.

Les deux leaders n’ont pas poursuivi la discussion, tant les positions étaient divergentes. D’autant plus que le leader du MMM estime que la question avait été «cleared» déjà par Alan Ganoo lors des discussions préliminaires avec Navin Ramgoolam. Il était convenu, entre eux, que le mode d’élection du président allait rester inchangé mais que le président serait doté de pouvoirs additionnels. Le PM, lui, conserverait les pouvoirs que lui confère le système actuel.

Les deux leaders avaient pourtant démarré la réunion sous de bons auspices. Ils avaient constaté qu’ils partageaient une position commune sur la réforme de la loi électorale. Même si Navin Ramgoolam a insisté sur un seuil de 10 % pour l’éligibilité des partis à un siège sous la représentation proportionnelle et que Paul Bérenger a souhaité une révision de ce chiffre à la baisse, un accord était envisageable à ce stade.

La seconde république, la loi électorale et l’alliance PTr/MMM étant indissociables aux yeux des deux protagonistes, c’est la perspective d’un accord électoral rouges/mauves qui vole en éclat avec le désaccord sur la désignation du président. Les compteurs sont remis à zéro. 

Le leader du MMM a levé un coin du voile sur ses projets futurs en s’adressant aux membres de la régionale de Moka/Quartier Militaire en début de soirée hier. La probabilité que son parti aille seul aux législatives est plus forte que jamais a-t-

il expliqué.

S’agissant du Remake 2000, il a précisé que la formule 3-2 pour le poste de PM et 30-30 pour les investitures est bien une «chose du passé». Ce qui laisse comprendre que si la plate-forme MMM-MSM doit être reconstituée, elle le sera à des conditions plus avantageuses pour le MMM.

La seule certitude demeure la fin des «KozKozé» entre le PTr et MMM. La rancoeur des Mauves vis-à-vis du MSM compliquera l’évolution de leur rapport. Pour les futurs contours du paysage, les paris sont ouverts.

 
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