Port: de nouvelles mesures de sécurité font grogner les camionneurs

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Des camions alignés à la porte d’entrée du port, vendredi matin 18 avril. © Nasurudin Keramuth

Des camions alignés à la porte d’entrée du port, vendredi matin 18 avril. © Nasurudin Keramuth 

Auparavant, ils effectuaient aisément trois voyages par jour. Mais, depuis peu, ces camionneurs ne peuvent effectuer que 2 voyages notamment en raison d’un long délai à l’entrée du port. En cause : depuis les récents cas de vols au port, les mesures de sécurité y ont été renforcées.

«Avant ces vols, munis de notre carte d’accès, on accédait le port. Maintenant, plusieurs procédures ont été instaurées dont la production de la carte d’idendité, afin que l’officier puisse effectuer des vérifications», explique Reezal Ah-Sang, secrétaire de l’Association des camionneurs du port. Un exercice qui prend du temps d’autant plus qu’il n’y a qu’une seule porte d’entrée et de sortie respectivement. «Ce sont les mêmes procédures qui s’appliquent dans les deux sens. Même si un camionneur sort du port sans conteneur, il doit aussi patienter derrière les autres camions chargés. C’est embêtant», déclare le secrétaire de l’association. Selon lui, chaque jour, quelque 250 à 300 camions entrent au port.

Ainsi, dit-il, les camionneurs se voient contraints de patienter pendant une demi-heure, voire jusqu’à une heure, à chaque fois qu’ils rentrent ou sortent du port. «Alors qu’auparavant on quittait le port vers les 8 h 15, on en sort maintenant à 10 heures. Et cela a un impact sur le temps qu’on met à arriver chez le client pour la livraison du conteneur», confie un camionneur.

Souvent, poursuit-il, les camionneurs débarquent chez le client à l’heure du déjeuner. Et «le temps de retourner au port, d’embarquer le conteneur et de rouler vers l’autre client, il est l’heure pour celui-ci de fermer sa porte». Plusieurs clients leur demande, du coup, de revenir le lendemain. «Le client va penser qu’on prend le travail à la légère. Il se peut même qu’il annule le contrat pour l’accorder à un autre.»

Sans compter qu’avec ces retards les camionneurs se trouvent dans l’obligation de payer des heures supplémentaires à leurs employés. «Il faut aussi payer un transport pour aller leur déposer chez eux. Le lendemain, ils rentrent tard car ils ont bossé jusqu’à tard la veille», indique notre camionneur.

Pour pouvoir prendre en charge les dépenses liées à tout ce «chamboulement», affirme Reezal Ah-Sang, le camionneur doit, lui, augmenter ses tarifs auprès du client. «Ce dernier va, évidemment, faire payer plus cher aux consommateurs. Ce n’est pas juste mais c’est ainsi. Il faut que les autorités réagissent dans les plus brefs délais.»

Sollicité pour une réaction, le Port Master, le Capitaine Benoit Barbeau dit reconnaître qu’en effet, les camionneurs soient en train de payer les pots cassés alors qu’ils n’ont rien à voir avec les vols qui se sont produits dans le port. Au niveau de la Mauritius Port Authority, «on verra comment être au service des camionneurs afin que ces derniers puissent, eux, mieux servir leurs clients».

Une rencontre est ainsi bientôt prévue avec les différents partis-prenants ; à savoir la police, la douane, la Cargo Handling Corporation et l’association des camionneurs du port.

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