Remous au bureau politique mauve: opposés à une alliance avec le PTr ils affrontent leur leader

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Une centaine de partisans mauves, en colère, étaient massés à Ambrose, au quartier général du parti, à Rose-Hill, hier, mercredi 16 avril. © YANCE TAN YAN

Une centaine de partisans mauves, en colère, étaient massés à Ambrose, au quartier général du parti, à Rose-Hill, hier, mercredi 16 avril. © YANCE TAN YAN

Scène peu commune. Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) a dû quitter le siège des Mauves à Rose-Hill, hier soir à 19 heures, sous forte escorte policière. La raison : plus d’une centaine de manifestants en colère s’y étaient amassés. Ils repoussent farouchement l’idée d’une éventuelle alliance entre le MMM et le Parti travailliste (PTr).
 
Faisant face à la foule à sa sortie du bureau politique, Paul Bérenger a d’emblée lancé: «saki pe dir Bérenger vender, vinn divan !». Le leader des Mauves s’est mis devant la portière de sa BMW pour mieux s’adresser à elle. 
 
«Quiconque dit que Bérenger est un vendu n’est pas un vrai militant», a-t-il lâché, furieux, avant de claquer la porte de sa berline. Les policiers ont dû lui frayer un chemin parmi les manifestants. C’est d’ailleurs avec beaucoup de mal que les gardes du corps de Bérenger ont pu maîtriser l’attroupement le long de la réunion du bureau politique. 
 
 
Tout a commencé deux heures plus tôt quand des partisans du MMM se sont présentés devant le siège des Mauves. Dès lors, c’était la grogne. «Nous ne voulons pas entendre parler du PTr. Si jamais Paul Bérenger annonce une cassure avec le MSM et une alliance avec le PTr, nous sommes prêts à former un autre parti. Nous ne suivrons pas notre leader aveuglément », affirme Bala Maslamany, militant depuis plus 40 ans.
 
Et la tension monte un peu plus alors que presque au même moment, Navin Ramgoolam laisse comprendre qu’il n’est pas contre une alliance avec le MMM. 
 

 
Pour Nazeer Abdoolah, militant au No 8 (Moka-Quartier-Militaire), Paul Bérenger agirait en «hypocrite» avec sir Anerood Jugnauth. «Il vient tout juste de manger du gâteau avec SAJ. C’est chagrinant de voir ce qui arrive au leader du MSM. C’est Paul Bérenger qui a demandé à ce qu’il quitte la présidence pour refaire de la politique. Il n’a pas le droit moral de faire une alliance avec le PTr», soutient-il. 
 
Les personnes présentes se sont livrées à toutes sortes de spéculations pendant de la réunion du bureau politique. Mais elles se sont contentées d’un faible rassemblement sur la rue jusqu’à 18 heures. 
 
À la tombée de la nuit, la foule s’est agrandie. Les manifestants ont pénétré l’intérieur de la cour du bureau politique aux environs de 18 h 10, certains scandant «Ramgoolam nou pa lé». Ce qui n’a pas manqué d’irriter Paul Bérenger, a-t-il avoué lors du point de presse.
 
Le ton est monté d’un cran lorsque quatre policiers ont tenté de maîtriser la foule. Les manifestants se sont déchaînés à 18 h 34 lorsque les membres du bureau politique sont sortis pour faire place aux journalistes. Les députés et les autres membres ont dû, eux aussi, quitté les lieux sous escorte policière. 
 
Même pendant la conférence de presse, les manifestants ne se sont pas tus. «He fou la pe dimounn do imbecile !» a hurlé Paul Bérenger. Rajesh Bhagwan a dû intervenir pour que le calme revienne en attendant la sortie du leader de l’opposition. 
 
Cette conférence de presse a par la suite pu se dérouler dans un semblant de calme. 
 
 

Les citations ambigües de Paul Bérenger

 
 
Pas de meeting conjoint avec le MSM pour le 1er Mai: «Vu la tournure que prennent les choses et après les récentes déclarations que Pravind Jugnauth a faites, nous ne voulons pas aller de l’avant avec un meeting conjoint, poursuit Paul Bérenger. Mais il y aura une rencontre du comité central ce samedi à 13 h 30 pour présenter toutes ces informations afin qu’une décision soit prise.»
 
Relations avec Pravind Jugnauth : «J’avoue qu’il y avait des tiraillements entre nous depuis quelque temps mais nous passions dessus à cause du meeting prévu. Mais là, le mood inn gate. Et le commentaire de Pravind Jugnauth nous irrite. Il parle de sincérité. Mais nous n’avons pas de leçon de sincérité à prendre de lui.» «Il semblerait que cette réforme électorale ne soit pas si importante pour le MSM ». 
 
Sur le Remake: Paul Bérenger a affirmé toutefois que le Remake tient toujours la route et qu’il n’est pas question de rupture. Toutefois, il a tenu à préciser que la cassure, si elle doit avoir lieu, ne viendra pas du MMM. «Si le MSM prend la responsabilité de casser le Remake, cela ne nous regarde pas», a-t-il soutenu.
 
La réaction de SAJ: Le leader des Mauves et sir Anerood Jugnauth, se sont entretenus au téléphone. Refusant de dévoiler le mood de celui-ci, Paul Bérenger cependant a toutefois précisé que les agissements de Pravind Jugnauth n’ont pas été interprétés de la même manière par les deux leaders des partis. 
 
Sur la seconde république : «Il faut savoir que cette question n’a jamais été taboue au sein du MMM. Au contraire, nous sommes pour», déclare Paul Bérenger. Il dit savoir que le chef du gouvernement n’adhérera pas à 100 % aux propositions du MMM et d’ajouter qu’il souhaite qu’un projet de loi soit présenté à la reprise des travaux parlementaires. 
 
Sur le rapprochement PTr-MMM : «Nous sommes prêts à avancer seul. Il n’est pas question d’alliance, ni avec le MSM, ni avec le Parti travailliste si ce n’est pas pour changer le pays».
 
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