Tombes profanées: le cimetière des Salines doté d’un incinérateur ?

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Le cimetière, Nam Shun, aux Salines, pourrait abriter un incinérateur et la pagode Kwan Ping, au Caudan, des urnes. © NASURUDIN KERAMUTH

La profanation des tombes notamment au cimetière de Bois-Marchand a vivement fait réagir les Mauriciens d’origine chinoise. La situation est telle qu’une partie préfère se faire incinérer «pour éviter des soucis». L’installation d’un incinérateur dans le cimetière Nam Shun, aux Salines, est sérieusement envisagée.

Ah Men Lim Fat, le président de la société Heen Foh Lee Kwon, ne mâche pas ses mots. «Le pillage des tombes fait que l’incinération intéresse plus d’un. D’ailleurs, cette pratique a été adoptée en Chine et est courante à Hong Kong», souligne-t-il.

Selon lui, ceux qui suivent le courant bouddhiste optent pour l’incinération. Quant aux 90 % des Mauriciens d’origine chinoise qui sont catholiques, l’incinération ne leur est pas interdite, dit-il.

«Il existe une ouverture d’esprit à Maurice. Des demandes ont été faites à la société Heen Foh Lee Kwon par plusieurs de nos confrères pour la création d’un endroit où garder les urnes», avance-t-il. Et d’ajouter que la pagode Kwan Ping, située à proximité du rond-point de Caudan, a été considérée.

Projet toujours à l’étude

Philippe Fok Kan, président de la société Nam Shun, affirme quant à lui, que la mise en place d’un incinérateur au cimetière Nam Shun aux Salines est envisagée. «Le projet est toujours à l’étude mais il a de bonnes chances de se concrétiser», fait-il ressortir.

Philippe Fok Kan déclare que le manque d’espace dans les cimetières devient un problème réel. Il indique que l’espace au cimetière Nam Shun est rempli à 99 %. Un incinérateur se trouve déjà au cimetière des Salines et il est géré par l’État. «Un incinérateur neuf coûte très cher. Il se peut que l’on demande l’aide de l’État pour mener à bien ce projet», fait valoir le président de la société Nam Shun.

L’idée de créer un columbarium (bâtiment où l’on place des urnes après l’incinération) a également été évoquée. Celui-ci sera ouvert à toutes les communautés, pas uniquement aux Mauriciens d’origine chinoise. «Pour commencer, il pourrait accueillir autour de 5 000 niches funéraires. Des Mauriciens pourraient également envisager d’y faire transférer des ossements des défunts», précise Philippe Fok Kan.

Pour Charles Ng Tai Mui, directeur d’Atom Travel, en ce moment, plusieurs Mauriciens d’origine chinoise évitent le cimetière de Bois-Marchand. «Ils optent pour le cimetière des Salines», confie-t-il. Que pense-t-il de l’incinération ? «Je ne suis ni pour ni contre. Mais si c’est le seul moyen d’éviter le pillage des tombes ou d’autres scandales, alors on serait bien obligé…»

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