2011 dans le monde : la guerre américaine en Irak et en Afghanistan

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Les conflits armés ont perduré en 2011, à l’instar de la guerre américaine (sous la couverture, il est vrai, de la coalition internationale) en Irak et en Afghanistan. Retour sur ces deux guerres.

Irak : les Américains s’en vont
En Irak, c’est surtout le départ des derniers soldats américains, le 18 décembre, qui retient l’attention. Il ne reste désormais que quelques centaines de militaires pour encadrer l’armée irakienne, et 16 000 marines pour protéger l’ambassade américaine à Baghdâd.&nbsp

Le départ des forces américaines laisse un vide qui donne le vertige à Washington, vu la fragilité des institutions irakiennes, l''''ampleur des défis économiques, les risques de résurgence des violences sectaires, la persistance du terrorisme islamiste et l''ombre menaçante de l''Iran. L''échec de l''Administration Obama à négocier le maintien d''un corps de conseillers militaires substantiel et d''une force antiterroriste au-delà du 31 décembre 2011 a fait l''objet de vives critiques chez certains républicains. L''Administration Obama répond&nbsp qu''elle n''a pas eu d''autre choix, les Irakiens se refusant à préserver, pour les troupes qui seraient restées, un statut d''immunité juridique qui les aurait protégées.

Le partage de pouvoirs entre les trois communautés- chiite, sunnite et kurde- censé apporter la démocratie et la stabilité politique, est fragile. Il l’est encore plus depuis quelques jours. Alors que les derniers soldats américains quittent le pays, la crise politique bat son plein à Bagdad. Un mandat d''arrêt est&nbsp lancé (19 décembre) à l''encontre du vice-président Tarek al Hachemi, soupçonné d''avoir trempé dans la préparation d''attentats contre le Parlement. Et le Premier ministre Nouri al Maliki réclame la tête du vice-Premier ministre Saleh Moutlak, qui l''avait traité à la télévision de "dictateur pire que Saddam Hussein".

Dans le même temps, le bloc laïque Iraqiya,- dont sont membres Tarek al Hachemi et Saleh Moutlak, tous deux sunnites-, annonce&nbsp qu''il va boycotter le gouvernement, deux jours après avoir suspendu sa participation aux travaux du Parlement. Iraqiya critique violemment la façon dont Nouri al Maliki monopolise le pouvoir.

&nbspL''unité du pays est par ailleurs&nbsp fragilisée par le renforcement de l''autonomie des Kurdes et les revendications des potentats locaux. La crise renforce également les divisions sectaires déjà exacerbées depuis la guerre. Cette question gangrène désormais la société irakienne.

Il faut noter que tout au long de l’année 2011, le pays est secoué par des attentats meurtriers, contre les forces irakiennes et étrangères, mais aussi contre la population civile, notamment les Chiites (majoritaires). Le tout dernier est intervenu le 26 décembre. Cinq personnes sont tuées lundi dans un attentat suicide à la voiture piégée contre le ministère de l''Intérieur dans le centre de Bagdad, quatre jours après une série d''attentats meurtriers dans la capitale irakienne qui fait&nbsp 70 morts. Des attentats imputés à Al-Quaida par le gouvernement irakien, ou revendiqués par cette organisation terroriste.
L’armée irakienne de 600 000 hommes, formée et entraînée par les Américains, et qui assure déjà depuis des mois l''essentiel de la sécurité en Irak, sera-t-elle capable de continuer à assumer ce rôle l’an prochain, seule?

Afghanistan : aucun progrès vers la paix
En Afghanistan, aucun progrès n’a été noté en 2011 en faveur de la paix et de la réconciliation. Les informations faisant état de&nbsp négociations secrètes véhiculées par les Américains sont vite démenties par les Talibans. Ces derniers&nbsp refusent toujours de négocier avec le gouvernement, qu’ils considèrent comme illégitime, tant qu’il y aura des soldats étrangers sur le sol afghan.

La conférence internationale de Bonn au début de décembre n’a rien donné, non plus,&nbsp en faveur de la paix. Une conférence à laquelle n’ont participé ni le Pakistan, ni les Talibans.

"La victoire est improbable", expliquait Pascal Boniface dans sa préface au livre de Dominique Lagarde consacré à la guerre paru en 2010 "car les soldats occidentaux sont désormais perçus par trop d''Afghans comme des troupes d''occupation". C''est cette impossibilité de la victoire qui amène&nbsp les occidentaux à décider de retirer leur troupes, d''ici 2014.

Malgré d’importantes pertes subies en 2011, notamment lors des attaques de drones, les Talibans sont plus menaçants que jamais, leurs opérations toujours plus audacieuses que jamais, comme le&nbsp montre une attaque menée en plein Kaboul récemment, et l''assassinat en septembre de l''ancien président Burhanuddin Rabbani, chargé de négocier la paix avec eux. Ces actions soulignent la fragilité du gouvernement afghan, porté à bout de bras par quelque 140 000 soldats de l''Otan.&nbsp
Les&nbsp Talibans ont l''avantage du temps. Dans Newsweek la semaine dernière, l''un d''eux dit au journaliste américain Ron Moreau : "Vous avez les montres, nous avons le temps." Le futur retrait occidental ouvre la possibilité d''un retour des Talibans au pouvoir, une perspective qui effraie ceux des Afghans qui ont profité de l''ouverture du pays consécutive à l''invasion occidentale, que l''on retrouve notamment dans les villes. Mais une autre partie de la population, lassée d''un conflit sanglant, réclame avant tout la paix, dont peu imaginent qu''elle est possible sans un accord avec des Talibans en position de force.

Sources : L’EXPRESS.FR, Le Monde.fr, AFP et Reuters.

LEXPRESS.FR, Le Monde.fr, AFP et Reuters.

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