Rapport Lam Shang Leen: l’efficacité de la Task Force mise en doute

12 sep 2018 08:08

Navin Beekarry, directeur general de l’Independent Commission against Corruption, chapeaute la Task Force.

Fini le travail préliminaire, place aux choses sérieuses pour la Task Force sur la drogue. Environ un mois après l’annonce de sa création par le Premier ministre, elle s’est réunie pour la première fois, mardi 11 septembre.

L’instance a pour tâche de tirer au clair l’implication de tous ceux dont les noms ont été mentionnés dans le rapport de la commission d’enquête sur le trafic de drogue. Elle devra aussi mener des enquêtes approfondies conformément aux recommandations du rapport et ses annexes. «L’instance devrait venir compléter les enquêtes qui n’ont pas abouti par la commission par faute d’information», affirme une source proche du dossier.

La Task Force est présidée par le directeur général de l’Independent Commission against Corruption (ICAC) Navin Beekarry. La réunion d’hier a également regroupé le commissaire de police Mario Nobin, le directeur de la Mauritius Revenue Authority Sudhamo Lal, le directeur de la Financial Intelligence Unit Guillaume Ollivry et le Britannique Paul Keyton, directeur de l’Integrity Reporting Services Agency. La stratégie à adopter a été définie.

La consigne a été donnée hier de ne pas dévoiler les top priorities et la tactique des enquêteurs pour ne pas entraver le travail de la Task Force. «Je ne peux rien dire sur notre stratégie à ce stade», a déclaré Guillaume Ollivry à l’issue de la première séance de travail.

Collaboration efficace

Mais déjà dans les milieux, des craintes ont été exprimées quant à l’efficacité de la Task Force. La police, la commission anticorruption, la Financial Intelligence Unit et l’Integrity Reporting Services Agency vont-elles pouvoir mettre leurs différends de côté pour une collaboration efficace afin de faire aboutir les enquêtes dans les plus brefs délais ? Cette convergence a toujours été source de tensions entre les différents law enforcing bodies, reconnaît un ancien cadre de l’ICAC. Le manque de coordination a d’ailleurs été décrié par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen et ses assesseurs en ce qui concerne le combat contre le trafic de drogue.

Consciente de l’enjeu, la Task Force s’est engagée à assurer une «collaboration effective entre les membres de la Task Force» et un «échange effectif d’information». C’est ce qu’on peut lire dans un communiqué publié hier par la commission anticorruption. Celle-ci fait tout de même ressortir que «la Task Force reconnaît le besoin de chaque agence de préserver l’indépendance de son processus d’investigation selon son mandat respectif».

Cette phrase fait tiquer chez certains qui sont d’avis que ce sera un des obstacles majeurs de la Task Force. La cellule qui aura le soutien d’autres officiers devra se réunir à intervalles réguliers afin d’aplanir les difficultés.

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