Zia Gopee, médiateur au Louvre Abu Dhabi

9 sep 2018 00:16

Le tableau le plus cher au monde, «Salvator Mundi» de Leonard de Vinci, devait être exposé au Louvre Abu Dhabi à partir du 18 septembre. Mais cette semaine, cet événement culturel a été reporté, probablement à l’année prochaine. En attendant, des Mauriciens gagnent leur vie au Louvre Abu Dhabi, un musée qui montre qu’aux Émirats arabes unis, on croit dans l’art et son pouvoir d’attraction touristique.

Est-ce un signe ? Enthousiaste, Zia Gopee (photo) témoigne: la première personne qu’il a guidée au Louvre Abu Dhabi était Jack Lang, ancien ministre français de la Culture. C’est la surprise, car notre compatriote n’avait pas été prévenu. Son défi : montrer sa maîtrise du sujet face à «quelqu’un avec une telle expérience».

«Nous avons aussi parlé de Maurice et je lui ai dit que je l’avais reconnu.» Depuis neuf mois que Zia Gopee est médiateur culturel au Louvre Abu Dhabi, il confie avoir aussi croisé un député de l’opposition

Son job : «Expliquer les œuvres d’art» aux visiteurs. Mais sans tomber dans le «langage parfois académique des conservateurs de musées». Il s’agit d’être un spécialiste, mais de trouver les mots pour toucher un public profane. Zia Gopee a choisi de se spécialiser dans la médiation pour les jeunes souffrant d’une déficience mentale.

Actuellement en mastère 2 Histoire de l’art et métiers des musées, il finira le cursus le mois prochain. Sa thèse, qu’il défend à La Sorbonne Abu Dhabi, porte sur les musées à Maurice. Plus précisément sur les stratégies à développer en termes de médiation éducative.

«Deux experts du Louvre à Paris sont venus à Maurice en 2015, à la demande du ministère des Arts et de la culture. Ils ont fait un état des lieux des musées à Maurice. Je me suis appuyé sur leur travail et j’y ai ajouté mon expérience, surtout concernant l’éducation, ma spécialisation.» Après le mastère, Zia Gopee pense déjà au doctorat, cette fois à la Sorbonne Paris IV.

Pourquoi ne pas faire profiter son pays natal de ces savoirs ? Zia Gopee affirme avoir essayé, en vain. Il témoigne : «J’ai pris contact avec les musées à Maurice, mais il y a très peu de débouchés.» Le jeune homme déclare avoir rencontré Pradeep Roopun, ministre des Arts et de la culture. «Je lui ai parlé de mon projet, mais j’ai compris qu’il n’y a pas d’ouvertures, encore moins en archéologie.»

Le tableau le plus cher au monde, «Salvator Mundi» de Leonard de Vinci, devait être exposé au Louvre Abu Dhabi à partir du 18 septembre. Mais cette semaine, cet événement culturel a été reporté, probablement à l’année prochaine. En attendant, des Mauriciens gagnent leur vie au Louvre Abu Dhabi, un musée qui montre qu’aux Émirats arabes unis, on croit dans l’art et son pouvoir d’attraction touristique. 

Zia Gopee confie avoir aussi frappé aux portes du Blue Penny Museum. «On m’a répondu que le musée n’embauche pas de stagiaires. J’ai été assez déçu.» Face à ce manque d’encouragements, il y a de quoi réfléchir avant de quitter un salaire mensuel moyen d’un diplômé, qui, à Abu Dhabi, tourne autour de 18 000 dhiram (environ Rs 178 000 plus les primes).

Sa route, Zia Gopee l’a tracée depuis le Lycée des Mascareignes où il a décroché le bac en 2012. «J’ai tout le temps été porté vers la littérature et les arts.» Pourtant, après sa licence, il intègre une école de commerce en Malaisie. Il n’y fera qu’un an. C’est une bourse couvrant 50 % des frais qui lui ouvre alors les portes des Émirats arabes unis. Parmi les critères d’attribution : «De l’expérience et un projet pour le futur.»

Zia Gopee est né à Moka dans une famille à la fibre artistique. Il est l’aîné de quatre frères. «Mon cousin est Aqiil Gopee», dit-il fièrement de celui qui a remporté plusieurs prix littéraires. Sa mère Bilkiss a, elle, étudié les Beaux-Arts. Son père Ahmad Ibrahim Gopee est, quant à lui, notaire. Son grand-père, Ahmed Nellan était antiquaire et aussi un artiste, se souvient son petit-fils.

Roudy Petersen

chef au bistrot du musée Sur la carte : un burger à la viande de chameau. C’est l’un des plats que propose Roudy Petersen (photo), chef aux origines mauriciennes. Il dirige les cuisines du bistrot du Louvre Abu Dhabi depuis l’an dernier. Il est installé à Abu Dhabi depuis 2014, où il a lancé un restaurant haut de gamme, Catch. Né à Maurice en 1981, Roudy Petersen a suivi sa scolarité ici. En 2004, le voilà employé au Royal Palm. De là, il fera un saut par Paris, avant de se retrouver au Moyen-Orient au Saint-Régis de Doha.

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