Chagos: Mais que fait Lady Jugnauth à La Haye ?

5 sep 2018 11:39

Sir Anerood et lady Sarojini Jugnauth attendent l’arrivée de la délégation mauricienne.

Pourquoi Lady Sarojini Jugnauth fait-elle partie de la délégation officielle ? Le nom de l’épouse du ministre mentor, sir Anerood Jugnauth (SAJ), figure sur la liste publiée par la Cour internationale de justice (CIJ), comme étant un des représentants de la république de Maurice.

Non seulement lady Sarojini Jugnauth assiste aux auditions mais aussi, sur l’une des photos publiées par l’express, on voit la mère du Premier ministre, accompagnée du conseiller Sateeaved Seebaluck, discutant avec Pierre Klein, professeur à l’université libre de Bruxelles, avant le début des travaux de la Cour. La présence de Lady Jugnauth à la CIJ suscite des interrogations, d’autant que ce n’est pas la première fois qu’elle fait partie d’une délégation officielle.

Sa présence à la tribune de l’Organisation des Nations unies (ONU) auprès de SAJ, en septembre 2016, avait été critiquée par l’opposition. L’ancien ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell avait alors dénoncé une «gaucherie diplomatique».

Pas impliquée dans le combat

Au niveau du gouvernement, aucune explication sur ce déplacement de l’épouse de SAJ. Du côté de l’opposition aussi, les députés sont avares de commentaires, ne voulant entacher cet événement qui a une portée historique, surtout que, selon un élu du Parti travailliste, «les Chagos cut across party politics».

«Même si on ne peut parler de breach of protocol, Lady Jugnauth n’aurait techniquement pas dû faire partie de la délégation officielle», concède ce membre de l’opposition. L’épouse du ministre mentor, qui peut bel et bien accompagner son époux, n’a cependant pas de locus standi vu qu’elle n’occupe aucune fonction au sein de l’État mauricien. Elle n’est, non plus, pas impliquée dans le combat de la communauté chagossienne.

Envoyer un signal fort

Entre-temps, des voix s’élèvent pour déplorer l’absence du Premier ministre aux Pays-Bas, mais aussi celle de ses prédécesseurs ayant contribué à ce dossier, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. Pour Yuvan Beejadhur, qui a travaillé à la Banque mondiale, Maurice aurait dû étoffer sa délégation. «To send a strong signal to both Chagossians and to the international community, the Prime Minister should have been there, as well as our top economists, anthropologists, businessmen/women, lobbyists, strategists. We need a really solid case.»

Au sein de la délégation officielle, dirigée par SAJ, on retrouve Nayen Koomar Ballah secrétaire du Cabinet et chef de la fonction publique ; Dheeren Dabee, Solicitor General ; Jagdish Koonjul, ambassadeur et représentant permanent de Maurice auprès de l’ONU, à New York ; Shiu Ching Young Kim Fat, ministre-conseillère, Cabinet du Premier ministre ; Sateeaved Seebaluck, conseiller spécial auprès du ministre mentor ; Olivier Bancoult, président et dirigeant du Groupe réfugiés Chagos ; Lady Sarojini Jugnauth, épouse du ministre mentor ; Philippe Sands, QC, professeur de droit international à l’University College de Londres, et Alison Macdonald, QC, de Matrix Chambers, entre autres.

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