Parce que le Conseil des religions s’est associé à un projet de dépliant avec d’autres ONG qui a incommodé certains musulmans, le président de ce Conseil a présenté ses excuses à la communauté musulmane.
Au départ, l’histoire est relativement anodine mais elle deviendra lourde d’implications. Le Conseil des religions, dont le père Philippe Goupille est le président, collabore vers la fin de l’année dernière avec des ONG comme Caritas Ile Maurice et l’Association pour la Protection des Emprunteurs Abusés (APEA). Ils publient un dépliant en novembre 2008 pour conscientiser la population en général sur les dangers des dépenses inconsidérées en fin d’année, sur le surendettement et sur la nécessité de bien gérer le budget familial.
Le Guide pour une bonne gestion du budget familiale évoque, entre autres, la nécessité de ne pas faire des excès pour les achats à crédit à cause des intérêts élevés et celui de jouer avec modération. Ce serait les éléments qui auraient agacé des musulmans. L’affaire tourne mal, amenant ainsi le Père Goupille la responsabilité d’un geste qui dérange.
«Le président de Caritas m’avait approché pour que le Conseil des Religions assure la distribution de ce dépliant auprès des différentes organisations religieuses du pays. L’objectif de ce dépliant étant le bien des familles mauriciennes qui sont toutes exposées au fléau du surendettement, j’ai donné mon accord après consultation avec le personnel de notre secrétariat. Puisque le temps pressait avant les fêtes de fin d’année, je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire vérifier le dépliant dans son intégralité par tous les membres de notre Comité exécutif», raconte aujourd’hui le Père Goupille.
«Je suis vraiment désolé que certains points de ce dépliant concernant le jeu de hasard ou l’intérêt sur la carte bancaire aient pu incommoder ou offenser nos frères de foi islamique. Les deux représentants des organisations islamiques au sein du Conseil ne sont donc nullement responsables. Ils n’ont tout simplement pas eu l’occasion de lire le texte avant la publication et le lancement», explique Philippe Goupille.
Le Père Goupille ne veut pas embarrasser davantage ses collègues musulmans du Conseil des Religions. D’où sa décision de présenter des excuses. «Bien que j’espère que ce guide a dû profiter à beaucoup de familles mauriciennes sur plusieurs points, je présente cependant mes excuses à toute la communauté musulmane et je souhaite de tout cœur que cette faute involontaire dont je suis le seul responsable ne vienne pas remettre en question les excellentes relations que nous avons entretenues au sein du Conseil des Religions jusqu’à l’heure», fait-il ressortir.
Le Conseil des Religions
Le Conseil des Religions a été fondé en 2001 suite à une initiative des Nations Unies qui souhaitaient que, dans tous les pays, les leaders religieux mobilisent l’énergie et le dynamisme de leurs religions respectives en faveur de la paix dans le monde.
Le Conseil des Religions est une ONG dûment enregistrée à l’Ile Maurice et il est géré par un Comité exécutif de 10 membres représentant les principales organisations religieuses existant dans le pays.
«Nous travaillons ensemble depuis huit ans pour favoriser une meilleure entente entre les religions et pour combattre ensemble certains fléaux sociaux comme le Hiv/Sida et plus récemment la violence dans notre pays. Nous avons aussi un projet pour lutter contre la pauvreté toujours dans le but de servir l’homme et de préserver sa dignité indifféremment de son origine, de sa culture, de sa religion. En ce moment même, nous travaillons sur un projet pour la consolidation de l’unité nationale et entamons une démarche pour une académie interreligieuse sur notre sol. Tout au long de ce parcours, nous avons vécu une entente exemplaire au sein du Conseil où nous œuvrons très ouvertement et franchement dans un respect mutuel. Cette démarche exceptionnelle, aussi délicate qu’elle soit, se fait volontairement au service premier du pays et de la population mauricienne toute entière. Et nous remercions Dieu pour cette faveur immense qu’il accorde à notre île lorsque nous voyons tant de déchirements ailleurs», explique le Père Goupille.
 
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