La conférence de l''Onu sur le climat est dans l'impasse ce samedi 19 décembre,  après le rejet par plusieurs pays en développement d'un projet d'accord négocié entre les Etats-Unis et les grandes puissances émergentes pour lutter contre le réchauffement de la planète.
La grande réunion organisée dans la capitale danoise dans l'espoir d'aboutir à un pacte contraignant après deux années de discussions marathon risque de s'achever par un fiasco malgré la venue, vendredi, de 120 chefs d'Etat et de gouvernement.
Des pays comme le Venezuela, le Soudan ou Tuvalu, un petit Etat insulaire de l'océan Pacifique menacé de disparaître de la surface du globe par la montée du niveau des eaux, ont affiché leur hostilité à un texte mis au point par les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil.
L'accord doit obtenir l'aval de l'ensemble des 193 pays participant à la conférence pour devenir un pacte de l'Onu.
Les opposants à ce projet, dont les principaux points sont de réaffirmer l'objectif de limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle et d'offrir la perspective de 100 milliards de dollars d'aide annuelle aux pays pauvres à partir de l'année 2020, le jugent trop vague et insuffisant. 
Aucun objectif chiffré contraignant à 2020 ou 2050, pas de calendrier pour la signature d'un traité, les ONG ont dénoncé l'indigence du document.
Lors d'une séance nocturne de discussions marquée par de vifs échanges, un délégué soudanais a assimilé ce plan à un Holocauste pour l'Afrique, condamnée selon lui à subir des inondations, sécheresses et autres catastrophes irréversibles.
Le ministre britannique de l'Environnement, Ed Miliband, a souligné que l'institution onusienne traversait un "moment de crise profonde".
Comme lui, les pays de l'Union européenne, le Japon et un représentant de l'association des Etats insulaires Aosis ont exhorté les délégués à approuver le projet, même s'ils ont été écartés des ultimes tractations.
Le texte ne reprend ni l'objectif global de réduction des émissions de CO2 de 50% d'ici 2050, rejeté par la Chine et l'Inde, ni l'idée d'une Organisation mondiale de l'Environnement - deux points défendus jusqu'au bout par les Européens.
Les 192 pays participants ont accepté de prendre par écrit des engagements sur leurs objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2015-2020.  La totalité de ces engagements chiffrés sera présentée au mois de janvier. 
  |