samedi 26 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Une histoire de services secrets russes et de végétariens cosmiques
Nicholas Rainer
12/09/09 | Commentaires [3]
Modifier la taille du texte:A | A
comment
Commentaires
rate
Noter l'article
share
Partager et classer cet article

THE COPENHAGEN CHRONICLES by Nicholas Rainer (from Copenhagen)

Impossible de parler de la COP15 sans évoquer la «fuite» d’e-mails de la East Anglia University, une des institutions les plus respectées en matière de recherche sur le changement climatique.

En bref, les correspondances démontreraient que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) aurait manipulé afin de les renforcer les preuves montrant que les activités humaines sont responsables pour le changement climatique.

Des rumeurs courent que les services secrets russes seraient à l’origine de la fuite visant a décrédibiliser le GIEC et, par extension, la COP15.

Cet incident continue à faire énormément de bruit à Copenhague et pas une seule conférence de presse ne se déroule sans que plusieurs questions axées autour de la fuite ne soient posées.

Pour sa part, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), Yvo de Boer, n’a cesse de répéter que ce scandale n’a aucunement endommagé la crédibilité du GIEC. Il a tort. Non que le GIEC soit indigne de confiance (95 % de la communauté scientifique internationale reconnaît que le changement climatique est d’origine anthropogénique), mais il est indéniable que le moment est très mal choisi pour ce genre de simagrées.

Le «Climategate» continue donc à faire les choux gras des «climate sceptics». Lundi, la délégation de l’Arabie Saoudite a déclaré que le consensus scientifique sur le changement climatique a été gravement «secoué» par l’incident. Pour rappel, le GIEC regroupe 2 500 scientifiques du monde entier qui étudient les informations relatives au changement climatique. Le temps nous dira si cette histoire tient la route.


Un des événements les plus appréciés ici au Bella Centre à Copenhague est le «Fossil of the Day Award». Organisée par l’ONG Climate Action Network, la cérémonie de remise de cette accolade douteuse est suivie quotidiennement par des dizaines de délégués et de journalistes.

Le principe est simple : chaque jour, le «Fossil of the Day Award» est décerné au pays qui s’est le plus démarqué par sa volonté d’obstruer les négociations. Historiquement, le pays le plus «décoré» est le Canada qui, malgré le fait d’être signataire du Protocole de Kyoto, a vu ses émissions de gaz à effet de serre augmenter de 26 % depuis 1990. Sa décision d’aller de l’avant avec l’exploitation des sables bitumeux dans la province d’Alberta fait de lui la bête noire des ONG. Une fois n’est pas coutume, le premier «Fossil of the Day Award» de cette COP 15 fut décerné à tous les pays industrialisés pour «le déficit profond de leurs ambitions en matière de réduction de carbone». Pour la petite histoire, l’Arabie Saoudite a obtenu une mention «déshonorable » pour avoir essayé d’utiliser «Climategate» à des fins politiques.



Finalement, l’entrée du Bella Centre est devenue un terrain de bataille pour des causes aussi disparates que bizarroïdes. Aux représentants d’ONG qui poirotent des heures dans le froid en attendant d’avoir accès au centre, s’ajoutent des manifestations de plus en plus étranges. Hier c’était autour des disciples du Maître suprême (une organisation de végétariens cosmiques basée à Los Angeles), du Schiller Institute (qui pense que le changement climatique est un complot génocidaire), et des partisans d’Aung San Suu Kyi, la dissidente birmane, de scander leurs slogans. «Free free Aung San Suu Kyi !» Et moi qui croyais qu’on était là pour discuter du changement climatique.


  
print
Imprimer
Envoyer
Envoyer
save
Sauvegarder
Les dernières reactions
Par:-J-C Desvaux Dec 13, 2009
Merci de votre réponse M. Rainer. Bon courage pour la suite en espérant que les PIED parviennent à faire entendre leurs voix et à contraindre les Pays Dév et émergents à prendre des mesures valables et nécessaires. Ce serait ça aller vers un développement durable global, non?
cop15
Par:-nicholas rainer Dec 11, 2009
@J-C Desvaux merci pour vos commentaires. pour repondre a votre question, non, je ne fais pas uniquement des papiers d'opinion. pour copenhangue, il nous a semble plus interessant de melanger les genres afin de donner a nos lecteurs une idee de ce qui se passe ici. il y a des dizaines d'agences - reuters, AFP, etc. - qui ont des dispositifs tres importants et qui s'occupent uniquement de l'info pure et dure.
Par:-J-C Desvaux  Dec 11, 2009
Intéressant de nous faire sentir un peu l'atmosphère de Copenhague. J'ai eu l'occasion de participé à des rencontres internationales qui n'aboutissent pas à grand chose sinon à des déclaratioins d'intentions. Ce n'est pas tant ce qui se passe dans les salles de négo qu'au dehors qui est important. Le pouls d'un grand sommet se prend dans les couloirs et au dehors du centre de conférence, vous le savez bien, et vous le montrez. Par contre pour ce qui est de Aung San Suu Kyi et ses partisans, ou même des végétariens cosmiques américains, on ne peut leur reprocher d'être là (surtout aux premiers) dans la mesure où c'est un moyen de profiter d'une éventuelle fenêtre médiatique... Une question pour finir M. Rainer: vous ne faites que des papiers d'opinion?
Voir plus
Vos Commentaires open close
Dans la Rubrique section: Spécial Copenhague
L'Europe a perdu la bataille de Copenhague sur le climat
L'Europe, marginalisée par les Etats-Unis et les grands pays émergents, Chine en tête, a perdu la bataille du sommet de Copenhague sur le climat, qui se déroulait pourtant sur son sol.
Le projet d'accord mentionné, mais pas entériné
Les négociateurs de Copenhague ont formellement pris note samedi de l'accord négocié entre les Etats-Unis et la Chine pour combattre le réchauffement climatique, sans toutefois l'entériner.
La conférence de Copenhague menace de s'achever sur un échec
La conférence de l'Onu sur le climat est dans l'impasse ce samedi 19 décembre, après le rejet par plusieurs pays en développement d'un projet d'accord négocié entre les Etats-Unis et les grandes puissances émergentes pour lutter contre le réchauffement de la planète.
Conclusion d’un projet d'accord très contesté
Pays développés et émergents ont conclu in extremis, hier soir, vendredi 18 décembre, un accord a minima sur la lutte contre le réchauffement climatique, déjà contesté par plusieurs pays en développement et insulaires.
Obama veut des actes sans revoir ses engagements
Barack Obama exhorte les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Copenhague à coopérer à la conclusion d'un accord dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus