THE COPENHAGEN CHRONICLES by Nicholas Rainer (from Copenhagen)
Impossible de parler de la COP15 sans évoquer la «fuite» d’e-mails de la East Anglia University, une des institutions les plus respectées en matière de recherche sur le changement climatique.
En bref, les correspondances démontreraient que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) aurait manipulé afin de les renforcer les preuves montrant que les activités humaines sont responsables pour le changement climatique.
Des rumeurs courent que les services secrets russes seraient à l’origine de la fuite visant a décrédibiliser le GIEC et, par extension, la COP15.
Cet incident continue à faire énormément de bruit à Copenhague et pas une seule conférence de presse ne se déroule sans que plusieurs questions axées autour de la fuite ne soient posées.
Pour sa part, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), Yvo de Boer, n’a cesse de répéter que ce scandale n’a aucunement endommagé la crédibilité du GIEC. Il a tort. Non que le GIEC soit indigne de confiance (95 % de la communauté scientifique internationale reconnaît que le changement climatique est d’origine anthropogénique), mais il est indéniable que le moment est très mal choisi pour ce genre de simagrées.
Le «Climategate» continue donc à faire les choux gras des «climate sceptics». Lundi, la délégation de l’Arabie Saoudite a déclaré que le consensus scientifique sur le changement climatique a été gravement «secoué» par l’incident. Pour rappel, le GIEC regroupe 2 500 scientifiques du monde entier qui étudient les informations relatives au changement climatique. Le temps nous dira si cette histoire tient la route.
Un des événements les plus appréciés ici au Bella Centre à Copenhague est le «Fossil of the Day Award». Organisée par l’ONG Climate Action Network, la cérémonie de remise de cette accolade douteuse est suivie quotidiennement par des dizaines de délégués et de journalistes.
Le principe est simple : chaque jour, le «Fossil of the Day Award» est décerné au pays qui s’est le plus démarqué par sa volonté d’obstruer les négociations. Historiquement, le pays le plus «décoré» est le Canada qui, malgré le fait d’être signataire du Protocole de Kyoto, a vu ses émissions de gaz à effet de serre augmenter de 26 % depuis 1990. Sa décision d’aller de l’avant avec l’exploitation des sables bitumeux dans la province d’Alberta fait de lui la bête noire des ONG. Une fois n’est pas coutume, le premier «Fossil of the Day Award» de cette COP 15 fut décerné à tous les pays industrialisés pour «le déficit profond de leurs ambitions en matière de réduction de carbone». Pour la petite histoire, l’Arabie Saoudite a obtenu une mention «déshonorable » pour avoir essayé d’utiliser «Climategate» à des fins politiques.
Finalement, l’entrée du Bella Centre est devenue un terrain de bataille pour des causes aussi disparates que bizarroïdes. Aux représentants d’ONG qui poirotent des heures dans le froid en attendant d’avoir accès au centre, s’ajoutent des manifestations de plus en plus étranges. Hier c’était autour des disciples du Maître suprême (une organisation de végétariens cosmiques basée à Los Angeles), du Schiller Institute (qui pense que le changement climatique est un complot génocidaire), et des partisans d’Aung San Suu Kyi, la dissidente birmane, de scander leurs slogans. «Free free Aung San Suu Kyi !» Et moi qui croyais qu’on était là pour discuter du changement climatique.
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