Un fait récent nous ramène vers un évènement qui s’est produit à peine trois mois de cela. Noël Corvet, un entrepreneur indépendant, dévoile des informations peu avouables sur un chantier, situé à Ébène.
Nous nous souvenons encore de l’effondrement de cet échafaudage, le 14 septembre 2009, où huit personnes ont failli y laisser leurs vies (http://www.lexpress.mu/services/archivenews-5959-l-effondrement-d-un-echafaudage-a-ebene-huit-blesses-soignes-a-l-hopital-victoria.html). Suite à cela, on a eu droit à des vives réactions venant de toutes parts que ce soit du ministère du Travail, du Bureau du Travail et du secteur privé qui ont prétendu mettre l’accent sur la sécurité. Cependant, comme pour nous rappeler que nous sommes à Maurice, ces réactions vives et surmédiatisées sont rarement suivies d’actions.
Noël Corvet, après un mois de travail, s’est vu interdit d’accès au chantier où il entreprenait la dépose complète de l’échafaudage du Tower No 1 Green City à Ébène. «Je n’étais pas au courant de l’état des échafaudages quand on m’a proposé ce travail. Cela a demandé plus de temps que prévu. Mais, mes hommes et moi avons trouvé une solution. Nous sommes arrivés à terminer trois-quarts du travail malgré le danger que cela représentait pour nous», explique-t-il.
«Quand un responsable du chantier m’a demandé de remonter les échafaudages pour une autre partie de la construction, je lui ai dis que c’était dangereux et qu’il devra en prendre la responsabilité. C’est la qu’il m’a lancé ‘monte li, pa moi ki pou lor la’ (ndlr: montez-le, ce n’est pas moi qui sera dessus de toute façon)», raconte notre interlocuteur.
Selon Noël Coret, le mardi 3 novembre, un des ses employés a été blessé par un morceau de fer provenant de l’échafaudage qu’il démontait. Il a dû se rendre à l’hôpital pour recevoir des soins et a repris son poste le même jour. Le lendemain, toute l’équipe s’est vue interdite d’accès au chantier.
«Ils repeignent ces vieux échafaudages pour les réutiliser sur le chantier. La personne qui a repris la construction après qu’on ait été congédié n’a pas les qualifications nécessaires pour ce travail. Les conditions de travail sont précaires et il n’y a aucune sécurité pour les employés», s’insurge Noël Coret.
Noël Coret a pris des photos du chantier et de l’état des échafaudages pour les rendre publiques et les présenter aux autorités concernées. La seule réponse qu’il aurait eue du Bureau du Travail est qu’il leur manque des effectifs pour aller vérifier les faits sur place. Quant à lui, il n’a pas reçu les honoraires qui lui sont dus selon son contrat. Il se voit désormais obligé de louer les services d’un avoué pour recevoir sa paye. |