Le dollar américain a touché, jeudi dernier, son cours le plus bas contre la roupie cette année.
 
Le billet vert s’achetait à Rs 28,98 et se vendait à Rs 30,54. A son plus haut point en mars, le dollar se vendait à Rs 35. La réaction ne s’est pas fait attendre avec le spectre d’une roupie forte en filigrane. «La solidité de la roupie est en train de faire du tort à la reprise. Avec un taux d’inflation qui reste bas, il y a une marge de manœuvre pour faire baisser les taux d’intérêts et faire se déprécier la roupie», soutient Georges Chung Tick Kan, économiste et homme d’affaires, ancien président de l’Association des exportateurs (Mexa).
 
Dans les milieux des cambistes, on explique que la faiblesse du dollar est due aux mêmes causes: une faiblesse intrinsèque du dollar sur les marchés internationaux et un marché local excédentaire en dollar.
 
«C’est un problème classique de l’offre et de la demande. Les importations sont en baisse. Ce qui implique une demande moindre pour le dollar. La consommation est en berne et les prix des produits pétroliers est toujours faible par rapport aux niveaux de 2008. Il y a eu une baisse parallèle des recettes d’exportations mais la baisse des importations a été largement supérieure. Il y a donc un surplus de devises», explique, pour sa part, le trésorier d’une grande banque.
 
En outre, l’annonce de Dubaï, jeudi dernier, à l’effet qu’elle voulait un rééchelonnement de sa dette a fait paniquer les marchés. Du coup, les investisseurs se sont réfugiés dans le billet vert qui a repris des couleurs. L’euro est passé de $ 1,51 à $ 1,48. A l’inverse, l’or qui était à $ 1 192 a chuté à $ 1 145.
 
Mais cela a été de courte durée. Vendredi, les marchés se sont repris. De toute façon, nous n’avons pas enregistré un rebond du dollar, comme sur les marchés internationaux.
 
«S’il y a un «bounce bac » du dollar, je ne suis pas sûr que cela se répercutera à Maurice. Ou alors très peu. Le facteur dominant est qu’il n’y a pas suffisamment de demandes localement», estime le même trésorier.
 
Face à cette analyse, Georges Chung Tick Kan soutient que la seule solution «est de laisser filer la roupie», qui est beaucoup trop forte, non seulement par rapport au dollar, mais aussi contre la livre sterling et l’euro. «Nos taux d’intérêts sont très élevés par rapport aux pays qui sont nos principaux marchés», conclut-il.  |